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«Ces cloches nous empêchent de dormir»

Les paisibles bovins plaisent à tout le monde, ou presque! Adorables et affables, les vaches ont cependant aussi leurs inconvénients, entre autres le bruit de leurs cloches ou leur amour pour les plantes. Un nouvel habitant de Suchy s’en est ému.

Les cloches ne plaisent pas à tout le monde!

Les cloches ne plaisent pas à tout le monde!

La guerre des vaches n’aura pas lieu! Suchy est un petit village paisible, tout juste troublé parfois par les clameurs émanant du terrain de football, où l’équipe locale vient de brillamment obtenir sa promotion en 4e ligue. Superbe vue sur la plaine, mais aussi sur le Jura: Suchy a tout pour plaire et attire de plus en plus de citoyens aisés, désireux de trouver une jolie habitation à prix modéré, et à proximité de l’autoroute. Suchy, le paradis.

Pas de bruit après 22 heures!

La Commune, désireuse de garantir le bien-être de tous ses citoyens, anciens citadins comme bourgeois historiques du bourg, a ainsi récemment envoyé une circulaire dans le village pour rappeler quelques règles élementaires, comme l’interdiction de faire du bruit après 22 heures. Un de ces nouveaux citoyens, habitant le village depuis deux ans et au bénéfice d’un joli accent chantant, a pris la Commune au pied de la lettre, envoyant aussi sec un e-mail remerciant les autorités pour leur courrier et demandant, («sur le ton de la plaisanterie») que la directive soit appliquée à tous, habitants comme…bovins! Ce brave citoyen ne peut en effet plus dormir avec les fenêtres ouvertes, les bovins et leurs cloches gênant son sommeil. «Je suis d’accord de vivre à la campagne, et je suis très bien ici à Suchy. Simplement, il faut aussi nous comprendre: ces cloches font du bruit et nous empêchent de dormir», s’exclame l’homme, toujours avec le sourire, mais fermement.

L’inconvénient de la vie à la campagne, non? «Oui et non. Nous attendons quand même une réaction de la Municipalité.» Les cloches des vaches sonnneront-elles encore à Suchy ? Il y a peut-être plus grave comme enjeu de société, mais une interdiction serait quand même symptomatique d’un changement profond dans la nature de nos campagnes. Affaire à suivre!

Les vaches aiment le lierre

Il n’y a pourtant pas que les nouveaux citoyens qui peuvent se montrer agacés par les paisibles bovins. Sébastien Collet, agriculteur et heureux propriétaire de vingt magnifiques Red Holstein à Suchy, en a fait l’expérience, après avoir provoqué quelques remarques désagréables, etmême quelques menaces, de la part d’un couple d’habitants du village. La raison du conflit? Le troupeau passe quotidiennement à travers le village pour se rendre au pâturage et la lente procession bovine s’arrête parfois ici et là pour se frotter contre un mur ou manger un peu de lierre.

Rien de bien grave, mais de quoi susciter pourtant un certain agacement chez ce couple, situé sur le parcours. Madame s’en explique: «Nous n’avons rien contre les vaches, bien au contraire! Je suis dans le village depuis 45 ans et je n’ai jamais rien eu à dire. Mais là, manifestement, il y a un problème: les vaches ne sont pas guidées! Mais bon, j’en ai pris mon parti. Tant pis pour mon lierre et ma glycine». Sébastien se défend bien évidemment de toute négligence: «Ce sont les aléas de la vie à la campagne. Oui, les vaches prennent de la place, mais franchement… Je fais juste mon travail et je le fais bien. Ces gens sont les seuls à se plaindre et à être désagréables. Et moi je n’ai menacé personne!»

Les bovins n’ont pas l’air de s’en plaindre et si ceux de Sébastien n’ont pas de cloches, ils n’ont pas l’air malheureux pour autant et se moquent pas mal des polémiques provoquées. Les vaches ruminent et le pâturage passe. Pour de longues années encore, quoi qu’en pensent les habitants, anciens et nouveaux.

Timothée Guillemin


11 commentaires pour “«Ces cloches nous empêchent de dormir»”

  1. beyeler pascale dit :

    ça fait plaisir de lire un article où « dérangé par les cloches » ne signifie pas « dérangé tout court ».
    J’habite à Orny, village que j’aime beaucoup, et m’y plais. La vie y est agréable, tout va bien, sauf que l’été, depuis deux ans, je peux mettre une croix sur mon sommeil, et c’est dérangeant car je ne peux me reposer.
    Juste au bout de mon jardin il y a un troupeau, chargé en grelots et cloches, et leur abreuvoir est à quelques mètres de ma fenêtre. Si ça fait plaisir de voir les vaches, il ne faut pas croire que le son des cloches est toujours joli et agréable. Il est souvent très répétitif, sur le long terme, et agace, puis, la nuit, réveille, Et l’origine de ces bruits est le seul plaisir d’une personne qui n’en profite pas lui-même vu qu’il habite loin, ce qui diminue aussi, voire réduit à néant l’utilité des cloches.
    J’ai envie de dire qu’il s’agit là du maintien d’une sorte de « suprématie du paysan » au nom des traditions. (et encore, lesquelles?… vu que les cloches ne sont pas prévues pour la plaine). Nous devons apprendre à vivre ensemble car la campagne sans les campagnards serait vide. Alors un effort serait tellement le bienvenu, signe d’une cohabitation en toute intelligence et dans le respect de tous. Les campagnards travaillent aussi et ont droit au repos qui est légitime pour tous. Et les temps changent, la campagne n’appartient plus aux paysans même si cette phrase fait cliché. je vis ici, on m’a vendu du terrain, je participe à la vie du village, y paye mes impôts, bref, citoyenne au même titre que les paysans qui devraient comprendre que les temps changent.
    C’est sans provocation que j’écris ça. Je vais également demander son avis à la municipalité. On verra si le plaisir d’un homme prévaut sur le droit à la tranquillité et au sommeil d’autres, pas paysans…
    Finalement, le bien-être, on y a tous droit, non?

  2. Jud Jean-Pierre dit :

    Pauvre petit Monsieur qui ne peut pas dormir au son des cloches, c’est dans votre tête que cela cloche.

  3. Jules Bolomey dit :

    Quand on a grandi dans un centre ville, à proximité de la gare, de l’autoroute ou de l’aéroport, on s’est habitué à certains bruits. Puis on cherche le calme de la campagne. Quel calme? la campagne travaille aussi, les tracteurs avant six heures du matin (l’été la journée commence de bonne heure, même avant), les cloches de vaches, c’est très joli mais ces gens-là ne veulent pas s’y habituer. Et pourtant, ils ont l’âge à devenir sourds. Alors n’ayant plus rien à faire, ils s’occupent comme ils peuvent

  4. Jules Bolomey dit :

    Avis aux amateurs,
    Le Tribumal Fédéral a débouté un habitant notable de Grandevent qui a recouru à ce sujet, il y a quelques années.

  5. beyeler pascale dit :

    Bonjour,

    Je rebondis sur ces messages :

    Bon, le pauvre petit Monsieur, qui a un « e » à la fin de son prénom, est une femme, début quarantaine, (donc pas encore sourde) maman et enseignante en 9 VSO.

    Boulot qui lessive et qui mérite une phase de récupération.

    Sans problème je me suis habituée aux mouches, aux odeurs, aux ralentissements sur les routes quand on se trouve bloqués derrière un tracteur, au travail matinal dans les champs etc … Et ce d’autant plus facilement que je vis depuis toujours à la campagne.

    Par contre, quand vous avez le point d’eau d’un troupeau à 20 mètres de votre chambre, sachant que les vaches dorment super peu et qu’à chaque mouvement, de chaque vache, un son retentit, et bien vous êtes réveillées, et c’est vraiment tout aussi pénible mais moins sympa que quand c’est votre rejeton en début de vie qui manifeste la nuit.
    ça fatigue et empêche de récupérer que d’être réveillés toutes les nuits.

    Après, il faut aussi voir avec l’intelligence du coeur et se dire que si « nous », ça ne nous dérange pas , on est pas un barème universel. Et de ceux qui disent que ça ne dérange pas, j’aimerais bien savoir combien doivent tenter de dormir dans ces conditions.

    C’est facile et léger de juger quand on ne vit pas ce que les autres vivent.

    En ce qui me concerne, le règlement communal m’interdit de faire du bruit sans nécessité, et encore plus entre 22 heures et 7 heures.

    Je trouve ça normal et respectueux.

    Alors pourquoi n’aurais-je pas le droit moi aussi aux mêmes conditions élémentaires de vie, à savoir ne pas avoir à longueur de journée un bruit qui m’agace et la nuit des réveils?

    M. « Jean-Pierre Jude », trouvez mieux que cette petite phrase sans intérêt et argumentez si vous souhaitez faire avancer le débat. Là votre réaction était toute petite.

    Les paysans, que je respecte, ne représentent plus que 4% de la population. Pourquoi ne devraient-ils pas faire silence comme les autres ?
    la tradition? Non. Le respect de la qualité de vie de personnes d’abord.

    Les vaches n’ont même plus de cornes, je pense que c’est preuve de changement (et moche)

    Et la tradition, les PAYSANS EUX-MÊME L’ABANDONNENT QUAND IL S’AGIT DE TRAITE AUTOMATIQUE OU DE RATIONS DE NOURRITURE CALCULéES EGALEMENT AUTOMATIQUEMENT A L AIDE DE CE COLLIER QUI SEMBLE REMPLACER LES CLOCHES.
    Il faut arrêter avec cet argument désuet.

    le propriétaire du troupeau a eu la gentillesse de mettre des cloches un peu plus petites à son troupeau. Je l’en ai remercié, bien sûr. Mais imaginez qu’un groupe de 20 adolescents vienne secouer des grelots et petites cloches sous votre fenêtre, je suis prête à parier que vous réagiriez vivement. Ados ou vaches, pourtant…le son serait le même…

    Donc quand un bruit est insupportable, et handicapant dans le sommeil, on n’a pas à le supporter s’il n’est pas nécessaire.

    Et je lance un dernier pavé : la campagne n’appartient pas aux paysans. La campagne sans les campagnards, ce ne serait tout simplement pas possible.

    Mais je constate que les esprits évoluent, et que les gens dans ma situations osent enfin un peu plus s’exprimer. On est dans une démocratie, et on devient conscients que si les lois existent, elles sont pour tout le monde.

    je vis à la campagne, pas à la ferme, et j’apprécierais, comme de plus en plus d’autres, que ce statut de campagnarde soit respecté.

    Quant au tribunal Fédéral, il devrait aussi évoluer avec son temps. mais personnellement je n’ai pas envie d’aller en justice. je veux juste protéger mon sommeil. alors, qu’il laisse ses cloches, mais déplace le point d’eau loin de nos maisons, (oui, il y la possibilité) et je serais contente au point de fermer ma bouche.

    Pacale

  6. JUD Jean-Pierre dit :

    A Pascale
    ça cloche vraiment chez vous!!!!!!!

  7. cailley catherine dit :

    bonjour,je suis une femme de la campagne,j’ai eu des vaches ,des chévres etc mais jamais elles n’ont porté de cloches par respect pour les « oreilles de tout le monde »et surtout de celles des animaux ;imaginez un peu si vous portiez autour du cou une grosse cloche vous deviendriez fous et sourds je pense;c’était valable autrefois dans les alpages,les cloches servaient à retrouver les animaux perdus ou à les situer,maintenant toutes les betes sont parquées,identifiées ,pucées etc alors il faut arreter toutes ces pratiques d’un autre siécle!m.JUD jp,mettez vous une cloche au cou et on en reparle à l’automne.
    merci et dormons sereins

  8. andré dupont dit :

    Vous êtes gênés par les cloches ? C’est vraiment chez vous que ça cloche !

    Désolé de vous parler un peu brutalement, mais les cloches font parties du monde campagnard. si vous n’êtes pas contente de vivre à la campagne vous n’avez qu’à aller vivre en ville mais là-bas le bruit n’est pas mieux… Le son des cloches n’est pas si désagréable ni assourdissant. J’habite à la campagne dans l’Isère et là-bas tout les troupeaux ont des cloches. Cela fait partie du charme de la campagne. Mais peut être avez vous des problèmes avec des cloches en ce moment… Si c’est le cas arrêtez d’embêter les voisins et ce n’est pas à eux de déménager mais à vous.

    PS : Le léger son des cloches ne rend pas sourd ou fou les animaux. Je le sais de source sûre.

  9. Ruedi Sylvie dit :

    Je serais intéressée à connaître vos sources. Je n’ai rien trouvé du TF concernant l’habitant de Grandevent qui aurait été débouté, ni concernant l’effet du bruit sur les animaux. Pouvez-vous fournir plus d’informations? D’avance merci

  10. BRANCARD LEON dit :

    A LAROQUE D’OLMES en Ariège on a extériorisé les zones commerciales et industrielles de notre ville c’est aussi a cause du bruit. Mais quand vous avec certains jours + de 2400 coups de marteau sur une cloche en ferraille, je peux vous dire que l’atéation mentale y est vraiment, il suffit de voir ses pauvres gens soumis a un tel traitement. Après demande répétés au leader du groupe religieux, nous avons eu comme réponse la réfection du clocher qui tonne plus fort encore et ce au frais du contribuable. Léon

  11. Gogniat Micheline dit :

    Bonsoir,

    Je remercie Madame Beyeler et Madame Caillet pour leur franchise sur la question des cloches des vaches à la campagne.
    Les vaches… aucun problème, les cloches à abolir absolument.

    Je vis à Oulens depuis bientôt 2 ans dans une petite PPE de 9 appartements, le mien est dans les combles. Avant d’arriver dans ce village j’ai vécue 31 ans dans un autre village campagnard. Je pense bien connaître tous les us et coutumes de la campagne. Toutefois… c’est la première fois que je me retrouve aussi dans cette situation désagréable de subir le son continu et puissant des cloches qui se trouvent à 5 mètres du bâtiment. Ceci tous les 2 mois durant 10 jours. Je paie mes impôts dans mon village, j’ai du respect pour les gens, je fais un travail social basé sur la tolérance et mes convictions sont en harmonie avec le respect mutuel. J’adore la campagne et je compte bien y rester. Le bruit est tellement fort que nous avons l’impression d’avoir les vaches dans l’appartement. La nuit c’est insupportable. Je vais écrire au propriétaire des vaches et j’espère qu’il saura juger par lui-même qu’un effort est à faire de ce côté. Qu’il ne craigne pas que ces vaches lui soient volées car là où elles sont, elles ne risquent RIEN.

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