«Ce n’est pas une route, c’est un gouffre»
Les opposants à l’initiative pour une route de contournement à Yverdon-les-Bains estiment le coût de celle-ci à 80 millions de francs, soit près de quatre fois le montant avancé par les initiants. Gauche et associations sont unies.

Vassilis Venizelos (Verts), co-président du comité d’opposants à l’initiative, a invité la presse à un tour en vélo le long de l’avenue Kiener, suivi par les riverains qui ne veulent pas de la route.
«Ce n’est pas une route de contournement, c’est une hausse d’impôts!» Les opposants à l’initiative lancée par le PLR ont choisi leur slogan, déclinable à l’infini sur le thème de «Ce n’est pas une route, c’est…», libre au public de choisir une suite! Le principal argument des opposants? Le coût de cette route, lequel diffère largement de celui avancé par les initiants (voir ci-dessous). Pour eux, il s’agit d’un montant de huitante millions au total, une somme inacceptable, équivalant à un bulletin de versement de plus de 7000 francs pour une famille yverdonnoise.
«Soit la droite se rend responsable d’un déficit financier, soit il y aura une hausse d’impôts, que nous évaluons à 2%», gronde Vassilis Venizelos (Verts), co-président du comité avec Aline Gygax (PS). Cesla Amarelle (PS) dénonce quant à elle un «infarctus financier». Si la droite est unie pour la création de cette route de contournement, la gauche l’est également. Outre le PS et les Verts, le parti Solidarité&Ecologie affiche en effet son soutien, tout comme l’ATE et ProVelo, ainsi que l’Association Isles/Valentin-sud, inquiète à l’idée de voir la route passer sous les fenêtres des habitants.
Vassilis Venizelos a ainsi tenu à «marquer le coup» de manière symbolique, en effectuant une partie du tronçon à vélo, histoire de souligner le «projet trompeur» du PLR.
“Inefficace et coûteux”
Les opposants estiment en effet que ce projet ne désengorgera pas le centre-ville, ou trop peu en regard de l’investissement à effectuer, comme l’explique Cesla Amarelle: «Je vais intervenir au niveau national, auprès de Doris Leuthard, pour la question d’Yverdon-Sud, car là se trouve le noeud routier qui perturbe la circulation. Des projets sont déjà en route à ce niveau-là . La route de contournement est un projet inefficace et coûteux.» En clair, les problèmes de circulation, si problèmes il y a, pourront être résolus dans le cadre du projet d’agglomération AggloY, lequel garde la préférence des partis de gauche, tous unis pour contre l’initiative PLR.
Le peuple yverdonnois aura le dernier mot le 25 novembre prochain.
Des habitants rejoignent les élus et les associations dans leur combat
Valérie Schwaar (Association Transports et environnement, députée, PS)
«La construction de cette route mettrait en danger le projet d’agglomération AggloY. Soit la route, soit AggloY, mais pas les deux! Ce projet a un coût démesuré pour une efficacité qui reste à démontrer, et il s’agit d’un projet incohérent. La dépense serait énorme et plusieurs projets plus utiles ne pourraient pas voir le jour si cette route était construite.»
Hélène Grand (Solidarité & Ecologie)
«Que veut-on choisir? Un développement harmonieux de notre ville ou veut-on mettre celle-ci en péril? Ce projet ne va améliorer en rien le désengorgement du trafic. Vu le tarif très abordable des places de parc et leur nombre, on peut dire que l’automobiliste est déjà super-favorisé à Yverdon. Privilégions une mobilité diversifiée, et favorisons les transports publics.»
Cesla Amarelle (conseillère nationale, PS)
«Il s’agit essentiellement d’une question financière! Les initiants annoncent un coût de 22 millions de francs, alors qu’en réalité, la route coûtera au bas mot 50 millions, plus le coût des sept à huit pénétrantes, soit 30 millions supplémentaires. Ce ne sont pas des chiffres sortant de nulle part, ils sont tirés du préavis municipal concernant la route des Isles. Celui-ci indique que 6 millions de francs sont nécessaires pour consruire 600 mètres de route. 5 kilomètres égalent donc bien 50 millions. Si l’on prend des villes similaires à Yverdon, comme Bulle ou Berthoud, les dépassements ont été manifestes, le coût total des travaux a été sous-évalué. Il en va de même ici.»
André Bonzon (Association Isles/Valentin-Sud)
«Le seul vrai bouchon à faire sauter, c’est celui d’Yverdon-Sud! Faisons déjà quelque chose là -bas! Une nouvelle route, mais pourquoi? Plus il y a de routes, plus il y a de trafic. Dans la zone où les initiants projettent de construire cette route, il y a beaucoup d’écoles. Cette route va porter préjudice à tous les riverains, puisqu’il y aura un report de la circulation inévitable sur nos quartiers.»
Timothée Guillemin


Le coût de 50 millions annoncé par le comité “ce n’est pas une route” est un argument fallacieux. En effet, l’un des tracés de route proposé par les initiants est le même que celui du projet d’agglomération AggloY. Comme les trois parties membres de “Ce n’est pas une route” soutiennent aussi AggloY, il suit qu’ils soutiennent aussi une grande partie de ces dépenses (plus de 80%, car ce qui change c’est la largeur de la route : si deux bus doivent se croiser “Ce n’est pas une route” préfèrent que les bus empiètent sur les bandes cyclables, sans compter les nombreuses chicanes qu’ils veulent placé pour diminuer la fluidité du trafic) . Le soutien de ces trois partis au projet AggloY implique aussi qu’ils soutiennent le tracé de la route, les expropriations etc. Voici une petite allégorie pour résumer cette situation : Supposons qu’une commune veut construire une école à 8 millions et qu’une initiative populaire demande que cette école contienne une crèche. Si le coût supplémentaire pour la crèche est de 2 millions. Les initiants vont dire que leur initiative coûte 2 millions. Les opposants disent que le bâtiment va coûter 10 millions.
La problématique est que “Ce n’est pas une route” parle d’un gaspillage, c’est comme si dans l’allégorie de la crèche, les personnes opposés à l’initiative disaient que les 10 millions sont gaspillés, alors qu’ils soutiennent (et le disent) la dépense de 8 millions (80% du montant total). Il y a des problèmes de logique dans cette argumentation, car pour les opposants seulement 20% du montant critiqué est utilisé pour quelque chose qu’il leur semble inutile. Ils admettent ainsi gaspiller 80% de la dépense. Il en est de même quand les opposants disent que cette route est inutile, alors même qu’ils en soutiennent le tracé et la construction en soutenant le projet d’agglomération AggloY.
Je trouve regrettable que trois partis, représentant la majorité du conseil communal, critiquent de manière indirecte un projet d’agglomération qu’il devrait mieux soutenir.
80millions environ pour une route de plus qui visilement ne changera rien ou très peut au trafic actuel???! non mais on se fout de la geule du monde ou quoi???? n’y a-t-il rien deplus urgent et important à régler en ville d’Yverdon????
Cette initiative est-elle de nature à résoudre le problème soulevé ?
Les initiants oublient un phénomène , : Ont-ils seulement entendu parler de l’”effet rebond” mis en évidence par bien des chercheurs , phénomène constaté dans bien des domaines différents , et partout dans le monde ? L’effet “REBOND” décrit l’augmentation de la consommation d’énergie (ou de ressources , comme la voiture) générée par la réduction des obstacles à l’utilisation d’une technique donnée (routes et autoroutes pour la voiture). Pas besoin d’aller bien loin pour comprendre ce phénomène : La fameuse “petite ceinture” : en 1984 lors de l’ouverture de l’autoroute de contournement de notre ville en direction de Neuchâtel , les urbanistes , les architectes , et bien sûr les autorités de l’époque , nous promettaient le calme le long de cette fameuse rue du Midi . Combien de temps a duré ce “calme” ? Un an ou deux ! Le trafic a d’abord baissé d’environ 20% pour reprendre son ascension fulgurante les années suivantes. Aujourd’hui nous en sommes à 15 ou 20 mille véhicules par jour qui défilent sur cette rue ! La “petite ceinture” est l’exemple local de la description de ce phénomène constaté partout ailleurs : plus on facilite l’accès des voitures à un point nommé , le centre-ville p.ex., plus l’appel à un trafic supplémentaire est ainsi généré et plus les “bouchons” encombrant nos rues se multiplient. Dès lors la solution proposée n’est qu’une poudre aux yeux qui aura pour conséquences de multiplier les encombrements dans des quartiers aujourd’hui encore relativement épargnés amenant un trafic supplémentaire. Dans dix ans les mêmes initiants, ou leurs successeurs, réclameront un deuxième périphérique pour satisfaire la nouvelle demande de routes rapides induite par cette nouvelle augmentation de trafic ! ! Conséquence de cette logique du “toujours plus” : les habitants des quartiers concernés qui aujourd’hui signent des pétitions pour qu’on leur aménage des “zones 30 kmh” s’en iront grossir le flot des pendulaires espérant trouver ailleurs un endroit plus calme pour dormir tranquilles ! !
“Se débarrasser d’une illusion est plus bénéfique que de croire posséder une certitude lorsque celle-ci est provisoire ” écrivait Albert Jacquard , généticien et philosophe , dans son livre “Voici le temps du monde fini”
Si les initiants ne sont pas encore convaincus de l’aberration de leur proposition : une suggestion : aller “admirer” la joyeuse cacophonie circulatoire du centre de la ville de Fribourg dont la politique du “tout pour la voiture” (garages souterrains multiples en plein centre p.ex.) provoque un encombrement permanent.Et aller visiter , 30 km plus loin , la ville de Köniz , où ils verront ce qui se fait de mieux en Suisse en matière d’aménagement du trafic.
Hubert Sciboz
ON NE PEUT PAS CONTINUER AINSI !!!
« Stop aux bouchons » la route de la controverse ?
Pourquoi cette nouvelle route ne pourra pas tenir ces promesses de fluidité en ville et n’est pas compatible avec agglo-Y ?
C’est humain et très facile à comprendre les automobilistes vont toujours chercher au travers de la ville le trajet le plus rapide et le plus court, donc avec l’augmentation du trafic que cette nouvelle route va générer et ainsi ce reporter en cascade au travers de la ville dans les autres quartiers (pénétrantes).
C’est connu plus de route = plus de trafic!
Comprenez bien ; si on met d’un côté des mesures pour freiner et diminuer le trafic automobiles en ville et de l’autre on veut absolument faire du tout voitures en créant une nouvelle route large et rapide pour soit disant désengorger la ville ?
Alors vous l’aurez vite compris, cette route devient totalement contradictoire et surtout incompatible au projet Agglo-Y et met nos transports publics en péril ?
Non à la domination de la voiture, oui à une cohabitation harmonieuse
«Ce n’est pas une route c’est une pure illusion pour des marchands de rêves »
p.a.: André Bonzon