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Il fait classer sa maison pour la protéger

9 octobre 2018 | Edition N°2348

Arnex-sur-Orbe – Jean-Christophe Liebeskind a acquis en 2012 une maison bourgeoise datant des années 1740. Elle va figurer parmi les monuments historiques classés.

Né d’un père passionné par les anciennes demeures, Jean-Christophe Liebeskind tient son amour pour ce type d’édifice de sa famille. Une maison bourgeoise et son ancien pressoir datant du début des années 1740: voilà le bijou qu’il s’est offert en 2012 à Arnex-sur-Orbe. Après avoir vécu à Genève, puis dix ans en Chine, cet avocat de 55 ans avait le souhait d’acquérir une telle propriété dans le canton de Vaud ou de Fribourg. En découvrant le bâtiment, il n’a pas hésité longtemps.

De longues et complexes rénovations ont alors débuté pour un coût d’environ deux millions de francs, un prix largement supérieur au montant de l’achat. Si les travaux se sont avérés importants, ils n’ont pas été excessifs pour autant, selon Jean-Christophe Liebeskind, et étaient surtout nécessaires: «La maison était vivable, mais pas confortable.»

Jean-Christophe Liebeskind veut assurer la pérennité de sa demeure. Il en a confié la restauration à l’architecte du patrimoine Alain Felix. ©

Jean-Christophe Liebeskind veut assurer la pérennité de sa demeure. Il en a confié la restauration à l’architecte du patrimoine Alain Felix. © Photos: Carole Alkabes

La demeure était déjà inscrite à l’inventaire des monuments non classés en note 2 depuis 1990 en raison de son historicité, mais le nouveau maître des lieux a émis le souhait d’avoir un niveau de protection supérieur. En effet, il voulait préserver le travail de restauration sur le long terme, bien qu’il compte léguer la propriété à ses descendants pour qu’elle reste dans sa famille.

Il a donc entrepris des démarches afin qu’elle soit classée monument historique en note 2, et en note 3 pour le pressoir, qui n’était pas inscrit à l’inventaire jusque-là. Les contraintes imposées par le Canton sur de tels bâtiments ne lui faisaient pas peur – celles-ci portent surtout sur l’enveloppe extérieure, explique-t-il – et la perspective d’obtenir une telle «certification» lui permettait de prétendre ensuite à des subventions.

Inspiré par le château de Prangins

En rénovant les lieux, Jean-Christophe Liebeskind n’a pas hésité à remettre l’intérieur au goût du jour, tout en préservant l’authenticité des éléments des pièces tels que les sols, certaines fenêtres ou encore la porte d’entrée. Il s’est inspiré, pour cela, des habitudes du XVIIIe siècle en respectant les codes de l’époque. Il a notamment pris exemple sur le château de Prangins pour le choix des couleurs des murs. Dans sa décision de classement, le Canton souligne d’ailleurs «la qualité du site, de l’enveloppe et des intérieurs» de cette «remarquable maison vigneronne et bourgeoise», dans laquelle «de nombreux aménagements du milieu du XVIIIe siècle sont conservés». S’agissant des meubles, l’avocat a puisé dans la collection familiale, une passion dont il a également hérité.

Le maître des lieux s’est inspiré des codes du XVIIIe siècle pour rafraîchir l’intérieur de la propriété.

Le maître des lieux s’est inspiré des codes du XVIIIe siècle pour rafraîchir l’intérieur de la propriété.© Carole Alkabes

La maison représentant plus de 1000 m2 au sol, y compris la cave, le propriétaire a décidé de séparer les lieux en quatre logements: le corps principal – composé de deux unités –, les combles et le pressoir transformé en duplex. Cet agencement lui permet de louer trois appartements – il en occupe un avec sa famille – et de financer une partie des rénovations. Bien que les travaux durent depuis six ans – avec certaines interruptions –, il reste encore bien des retouches à effectuer.

Lara Liard