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Le rêve canarien de Sacha Margairaz

14 septembre 2017 | Edition N°2081

Football – Le Nord-Vaudois est parti vivre aux Iles Canaries, il y a un peu plus d’une année, avec sa femme, Eli. Ils y organisent des camps de sport.

Eli et Sacha Margairaz profitent de leur nouvelle vie sous le soleil des Canaries, dans des paysages de carte postale. ©DR

Eli et Sacha Margairaz profitent de leur nouvelle vie sous le soleil des Canaries, dans des paysages de carte postale.

«Chaque matin, on se lève et on déjeune sur la terrasse…» Il y a quatorze mois, Sacha Margairaz et son épouse, Eli, ont décidé de quitter la Suisse pour une nouvelle aventure, direction les Iles Canaries. Partis pour voir autre chose, pour le soleil, pour fuir un peu le stress du quotidien et parce qu’ils se sont dit qu’ils ne voulaient «pas attendre la retraite pour profiter de la vie».

Sa carrière de footballeur derrière lui, l’enfant de Valeyres-sous-Rances et de Rances -les villages où il a grandi- a quitté le Nord vaudois un peu grâce au ballon rond. «Il y a quatre ans, alors que j’étais joueur d’Yverdon Sport et que je travaillais au marketing, j’ai pris part à la préparation d’un stage d’entraînement à Marrakech. C’est ce qui m’a donné l’idée, et l’envie, d’organiser des camps de foot.» Sportifs, sa moitié -elle est d’origine espagnole- et lui ont, alors, cherché un lieu où s’établir, où développer leur projet.

 

Le printemps éternel

 

C’est sur Maspalomas, à côté de la célèbre Playa del Inglés, sur l’île de Grande Canarie, que les deux tourtereaux ont jeté leur dévolu. Le climat a été déterminant dans leur choix. «Depuis que je suis arrivé, on n’a quasi jamais eu de pluie. C’est fou ! Ici, c’est toujours l’été ou le printemps. Ces jours, il fait près de 30 degrés. En janvier et février, la période des camps sportifs, la température se situe entre 20 et 25 degrés. Ça permet à ceux qui viennent de recharger les batteries.»

Fidèle à lui-même, à la fois touche-à-tout et hyperactif, Sacha Margairaz a rapidement diversifié son emploi du temps, après avoir appris le castillan en quelques semaines. Motivé, il a fait les efforts pour s’intégrer rapidement.

 

Polyvalence

 

«L’idée de base était de travailler dans le tourisme au sens large. Il y a de nombreuses possibilités ici», raconte celui qui ne chôme pas depuis son arrivée : en plus d’organiser des camps et de s’occuper du club de foot local (lire ci-dessous), l’expatrié de 37 ans a fait ses papiers d’entraîneur sportif personnel. De plus, durant l’été, il a permis à deux footballeurs canariens de trouver de l’embauche en Suisse : Jonathan Quintero et Antonio Moreno se sont, respectivement, engagés avec le FC Fribourg (1re ligue) et le Stade Nyonnais (Promotion League). Une sacrée réussite pour un nouveau venu dans le milieu.

Eli Margairaz a, pour sa part, déniché un emploi à 50% dans un hôtel et, par ailleurs, donne des cours de zumba, en plus d’épauler son mari. C’est l’ensemble de tous ces éléments qui, mis bout à bout, leur permet de vivre leur rêve canarien, sur une île où le coût de la vie est peu élevé. «Le salaire moyen est de 800 à 1000 euros par mois, glisse le nouvel arrivé. Mais les charges sont basses, incomparables avec ce qu’on trouve en Suisse.»

Après un peu plus d’une année au bord de l’océan Atlantique, Sacha Margairaz est sous le charme de son environnement, de sa nouvelle vie. «Je rêve déjà en espagnol, révèle-t-il, après avoir dû chercher ses mots en français. Ici, tu peux avoir du temps pour toi.»

L’aventure ne fait que commencer, à l’entendre. «Mais je vais devoir apprendre à dire non, coupe Sacha Margairaz. Car je ne peux pas tout faire. Le plus difficile sera de choisir où m’orienter.»

 

Il n’est jamais très loin des terrains de football

 

Sacha Margairaz (à dr.) n’est jamais très loin des terrains de football. Ici, lors d’un entraînement des jeunes du CD Tablero. ©DR

Sacha Margairaz (à dr.) n’est jamais très loin des terrains de football. Ici, lors d’un entraînement des jeunes du CD Tablero.

Le contact facile, Sacha Margairaz n’a pas tardé à s’intégrer pleinement dans le tissu footballistique de l’île. Par l’organisation de camps de football, via sa société nommée Sportycamp (www.Sportycamp.com), mais également au sein du Club Deportivo Tablero. «La première équipe évolue à un niveau équivalent à la 2e ligue interrégionale», estime celui qui est devenu le coordinateur du club après avoir donné un coup de main sur le terrain. «Je gère l’académie de football et les entraîneurs des huit équipes, explique-t-il. Je m’occupe aussi de séances spécifiques.» Un travail d’encadrement, avant tout. Une corde de plus à son arc. Les camps d’entraînement qu’il propose avec son épouse concernent, pour le moment, les premiers mois de l’année. Surtout les Relâches, période durant laquelle il est plus facile pour les clubs des petites ligues de Suisse -le public cible- de prendre des vacances pour venir en stage. «On assure une prise en charge complète aux équipes, avec des entraînements sur des terrains en gazon (ndlr : il en existe très peu sur l’île et sont, justement, essentiellement dévolus aux formations étrangères) ou sur synthétique, détaille l’organisateur. Par ailleurs, on propose un tas d’autres activités. Cela va du paintball au karting, en passant par le padbol (ndlr : sorte de foot-tennis mélangeant football et padel et se jouant sur un terrain encadré, avec des règles similaires au sport de raquette très en vogue en Espagne). Comme on est sur place depuis un certain temps, on a pu tester de nombreux restaurants, afin de pouvoir aiguiller nos clients selon leurs désirs, et on a négocié des offres avec les hôtels.»

 

La zumba aussi

 

Monitrice de zumba depuis de nombreuses années, Eli Margairaz fait de même pour sa spécialité. «On assure toutes nos prestations à des tarifs bien moins élevés que les autres agences, car on prend de toutes petites marges, ajoute l’ex-joueur d’Yverdon Sport. Le seul point négatif que je constate, c’est la distance, qui en freine certains. Mais, désormais, il existe des vols directs depuis Genève. Quatre heures d’avion, ce n’est pas tant que ça pour avoir le soleil et la chaleur en plein hiver.»

Manuel Gremion