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La technologie sans fil sur la corde raide

7 novembre 2017 | Edition N°2118

Yverdon-les-Bains – Avant-même d’avoir lancé son premier prototype, la start-up Sootech, spécialisée dans les objets connectés, est en train de se restructurer.

Daniel Rossier a inventé la technologie Soo en 2014 qui permet de connecter des objets du quotidien entre eux via des applications. ©Michel Duperrex

Daniel Rossier a inventé la technologie Soo en 2014 qui permet de connecter des objets du quotidien entre eux via des applications.

Sootech est la petite dernière de l’incubateur Y-Start, à Yverdon-les-Bains. Arrivée en janvier dernier, la start-up semblait tout avoir pour réussir : une idée innovante, basée sur l’Internet des objets, une technologie en plein essor, et des pointures scientifiques issues de la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIGVD). Car elle a été fondée par Raphaël Buache, ingénieur en informatique embarquée, et Daniel Rossier, professeur de systèmes d’exploitation et d’informatique embarquée.

Pourtant, onze mois après avoir rejoint l’accélérateur Y-Start, l’heure est déjà à la restructuration : l’un des employés va quitter le navire et la sortie du premier prototype est repoussée. Il s’agissait d’un système de connexion sans fil entre instruments et accessoires de musique.   Nous butons sur un problème technologique, confie Daniel Rossier. Nous arrivons à transmettre les informations correctement, mais nous estimons que la qualité du son n’est pas assez bonne pour que le produit soit commercialisé tel quel.»

 

Jeune pousse prometteuse

 

Si le premier produit de Sootech paraît plus difficile à concrétiser que prévu, il n’en reste pas moins que le concept que les ingénieurs ont imaginé est unique en son genre. «Comme toute technologie de l’Internet des objets, le principe de Soo (ndlr : acronyme de Smart Object Oriented) est d’interconnecter des objets. Mais la différence, c’est que nous, nous avons inventé un nouveau mode de communication qui s’affranchit d’Internet. Nous n’avons plus besoin de serveurs centralisés pour transmettre des informations, mais uniquement de Wi-Fi, explique Daniel Rossier. Par ailleurs, nous ne transférons pas des données, mais des applications entières. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le temps de transfert est tout à fait raisonnable.»

La seule contrainte de Soo, c’est que les objets doivent être proches pour permettre une liaison directe. Par contre, les avantages sont nombreux, puisque cette technologie est «plus robuste» et, surtout, qu’elle permet d’éviter de sauver toutes nos données dans le cloud. «Notre technologie offre un système de mises à jour et d’ajouts de fonctionnalités très transparent pour l’utilisateur», précisait récemment Raphaël Buache.

 

Une nouvelle orientation

 

Une réunion est prévue cette semaine entre les membres de la startup, afin de redéfinir sa ligne. «Je ne peux encore rien communiquer, mais nous allons peut-être nous diriger dans le secteur des hôpitaux ou de la domotique», lâche prudemment Daniel Rossier.

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Christelle Maillard