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Une tour combière ira à l’Euro B

18 août 2016 | Edition N°1809

Football Américain – L’équipe de Suisse disputera, début septembre, le tournoi européen, en Italie. Enfant du Lieu, le D-Line Allan Golay sera de la partie.

Le policier nord-vaudois Allan Golay se réjouit de représenter la Suisse, au début du mois de septembre, lors de l’Euro B disputé en Italie. ©Carole Alkabes

Le policier nord-vaudois Allan Golay se réjouit de représenter la Suisse, au début du mois de septembre, lors de l’Euro B disputé en Italie.

Pour la première fois de son histoire, l’équipe de Suisse du football américain sera engagée à l’Euro B, du 2 au 4 septembre, à Sabbiadoro (Ita). En ses rangs, le Combier Allan Golay se dressera tel un mur devant la Serbie, puis l’Italie ou Israël, deux jours plus tard.

A 27 ans, celui qui exerce la profession de policier à la ville de Lausanne défendra les couleurs de la nation pour la première fois depuis un sacré bail… et un peu à la surprise générale, puisque le colosse de 2m04 et 115 kg ne joue plus en club depuis quatre ans. «L’envie serait là, mais mes horaires irréguliers ne me permettent pas de m’investir idéalement. Si je voulais vraiment être assidu aux entraînements et aux matches, je devrais quasiment flinguer mon solde de vacances. Du coup, je me suis rabattu sur l’équipe de hockey sur glace de la police, dont les plannings sont plus compatibles avec l’exercice de ma fonction.» Mais personne, dans le mycrocosme du football américain helvétique n’avait oublié les qualités du défenseur qui a grandi au Lieu.

Il a convaincu le coach

«J’ai été invité à plusieurs stages et camps d’entraînement et, au final, Alexandre Rouge, qui s’occupe des D-Line, m’a sélectionné», relate tout simplement Allan Golay.

Arrivé au foot US après avoir tâté, sans succès, au basketball -«Chaque fois que je touchais un adversaire, on me sifflait faute. Du coup, j’ai opté pour le football américain où on ne rencontre pas ce genre de problèmes», rigole-t-il-, le géant est rapidement tombé amoureux du ballon ovale : «A 15 ans, un ami m’avait convié à un entraînement, et j’ai tout de suite adoré. Ce que j’apprécie particulièrement dans ce sport, c’est le mélange entre l’exigence physique et la stratégie. Cela requiert beaucoup de discipline, car les onze joueurs doivent évoluer ensemble et sont, pour cela, obligés de développer un esprit d’équipe.»

L’Euro dans le viseur

Après ses débuts aux Lausanne Sharks, le joueur à vocation défensive a successivement étrenné sa redoutable carcasse sous les maillots des Geneva Seahawks et des Bern Grizzlies. Ces changements de club lui ont permis de découvrir les joies et les spécificités de la ligue romande (NSFL) et du championnat de Suisse (LNA), mais également de se lier d’amitié avec des athlètes des quatre coins du pays. Idéal à l’heure de revêtir les armoiries nationales : «Dans la sélection, 85% des joueurs sont Alémaniques, nous sommes douze-treize Romands pour un ou deux Tessinois, mais l’ambiance est excellente, malgré la barrière de la langue. Il faut dire que l’on se connaît tous plus ou moins bien. Il n’y a pas vraiment de rivalité entre les clubs, et les Suisses allemands sont très accueillants.»

A Sabbiadoro, l’équipe nationale tentera de réaliser un sans-faute qui lui permettrait de disputer un barrage contre le Danemark ou la Suède, en 2017. En cas de succès, la Suisse se qualifierait pour l’Euro 2018, disputé en Allemagne. «A l’international, le niveau est assez aléatoire», estime un Allan Golay qui ne cache pas sa fierté de représenter son pays : «C’est un honneur, et je me réjouis de démontrer que notre sport est en pleine évolution chez nous.» Une déclaration d’intention qu’il s’agira de traduire sur le terrain. Parole d’assermenté !

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Marc Fragnière