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Il a le feu sacré, de l’action à la gestion

12 août 2016 | Edition N°1805

Sainte-Croix – Jan Eisler est le nouveau commandant du Service de défense incendie et secours de sa région depuis le début de l’année. Rencontre avec un passionné.

Jan Eisler, à la caserne de Sainte-Croix, a rejoint les pompiers en 1999. ©Muriel Aubert

Jan Eisler, à la caserne de Sainte-Croix, a rejoint les pompiers en 1999.

L’air réjoui, le major Jan Eisler ouvre la porte de la caserne de Sainte-Croix, qu’il dirige depuis le premier janvier dernier, et prend le temps de donner de nombreuses explications, avec enjouement, en traversant le bâtiment. Pourtant, le retour de vacances de ce père de trois enfants n’est pas de tout repos et son téléphone ne cesse de sonner, l’obligeant à régler des problèmes de toutes sortes. Bien que la nuit fut courte -il a été sorti de son lit pour aller éteindre un incendie- le Sainte-Crix garde sa bonne humeur et son énergie. Il semble habitué à jongler entre son entreprise de chauffage-sanitaire, sa vie de famille, ses projets et les pompiers.

«J’ai un bureau ici, à la caserne, mais je travaille aussi depuis la maison», explique le nouveau commandant du Service de défense incendie et secours (SDIS) de Sainte-Croix, qui malgré son grade et son poste reste milicien. Bien qu’il ait accepté de relever de nouveaux défis en acceptant cette promotion, Jan Eisler n’est pas du genre à se mettre la pression. «Je me suis accordé les six premiers mois pour découvrir les choses. J’ai reçu, plus ou moins, des conseils dans tous les domaines et, maintenant seulement, je me mets à réfléchir à ce que je vais modifier. Mais je crois que nous sommes assez similaires avec l’ancien commandant Olivier Dick. Nous avons la même façon de penser, donc il n’y aura pas de grosse révolution dans le système de fonctionner, juste quelques petites mises à jour», explique celui qui fêtera ses 44 ans au mois de décembre.

Bien que, «comme tous les gamins », il rêvait depuis toujours d’éteindre un feu, Jan Eisler a attendu jusqu’en 1999 pour devenir pompier. «Nous étions sur une liste d’attente et j’ai dû commencer au détachement d’appui», sourit–il, alors qu’aujourd’hui le commandant peine à trouver des volontaires pour rejoindre les rangs des sapeurs. Mais heureusement pour Jan Eisler, qui n’attendait que de pouvoir passer à l’action, une place s’est rapidement libérée et il a pu rejoindre le détachement de premier secours après une année. «Ensuite, j’ai rapidement passé les étapes et j’ai assez vite gradé, par opportunité, puisque des places se libéraient, et par motivation.»

Il passe donc sergent, puis lieutenant, un grade qu’il gardera durant cinq ou six ans, avant d’entrer à l’État major en passant premier lieutenant, puis capitaine une année après. «Plus on monte en grade, plus il y a de paperasse à gérer, ce qui n’est pas ce que je préfère», lance celui qui aime par-dessus tout l’adrénaline de l’intervention. Mais, puisqu’il est du genre à aller au bout des choses, il a accepté, l’an dernier, de remplacer le commandant sortant. «Il fallait quelqu’un et nous étions trois à pouvoir reprendre ce poste. Mais comme j’étais le seul à travailler à Sainte-Croix, c’est moi qui suis devenu commandant», indique celui pour qui devenir major n’était pas une priorité.

Ce n’est pas moins d’une centaine d’hommes qu’il a sous ses ordres pour gérer entre soixante et huitante interventions par année, au départ de la caserne de Sainte-Croix et de celle de Villars-Burquin, puisque les pompiers de la région se sont regroupés en 2014. «Je n’ai pas eu à gérer cette fusion, je n’ai plus qu’à entretenir les bonnes relations», lance Jan Eisler avec un sourire.

Ce qu’il apprécie particulièrement dans les pompiers, c’est qu’il s’agit d’une bonne façon de rendre service, mais aussi de créer des liens avec la population, les autorités et entre sapeurs. «Il y a une excellente camaraderie dans notre SDIS. Nous sommes vraiment une bonne équipe.»

La gestion et l’administration sont des domaines qui n’étaient pas inconnus au natif de Sainte-Croix, qui est devenu l’associé de l’entreprise familiale, avant de la reprendre en 2008. «L’avantage que me donne mon travail, c’est que je connais bien les bâtiments des communes de la région, ainsi que les gens. Mais on ne dirige pas de la même façon une entreprise et une caserne, précise celui qui apprend à faire preuve de diplomatie. En tant que patron, on peut exiger que les choses se fassent tout de suite, ce qui n’est pas possible avec les sapeurs. Les choses se font, mais comme tout le monde travaille à côté, il faut être patient. Je suis quelqu’un d’assez carré, mais j’apprends gentiment à être plus souple.»

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Muriel Aubert