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Gamyr, l’association solidaire des migrants

7 février 2017 | Edition N°1929

Yverdon-les-Bains – Favorable à l’intégration active et au dialogue, l’association verra le jour le 15 février prochain.

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Thérèse Aubert, Yann Mamin, Céline Ehrwein Nihan, Julien Wicki et Frédérique Böhi sont des membres actifs du comité. Manquent à l’appel Ervin Sheu et Francine Sacco. ©Michel Duperrex

Thérèse Aubert, Yann Mamin, Céline Ehrwein Nihan, Julien Wicki et Frédérique Böhi sont des membres actifs du comité. Manquent à l’appel Ervin Sheu et Francine Sacco.

«Ce que nous souhaitons, c’est créer du lien entre les migrants et la population nord vaudoise, explique Julien Wicki, conseiller communal PS yverdonnois. C’est dans cette optique que nous avons pensé Gamyr.» L’association Groupe asile migration d’Yverdon et région est le fruit d’un comité de sept membres engagés depuis plusieurs années dans l’intégration des migrants dans la région. L’association verra officiellement le jour lors de son assemblée constituante, le 15 février prochain à 19h15, au Château d’Yverdon-les-Bains.

Une initiative qui n’est pas une première pour Julien Wicki. «Ce projet vise à poursuivre le mouvement citoyen, L’Appel d’Yverdon, qui a créé des projets dans le domaine de la migration durant plus d’un an, et dont j’étais le coordinateur», explique-t-il. L’Appel d’Yverdon avait rassemblé une dizaine d’associations du Nord vaudois. «Il y avait eu une réelle mobilisation de la société civile, alors que nous étions en pleine crise de l’asile, se rappelle Julien Wicki. Avec Gamyr, nous souhaitons pérenniser cette solidarité locale, tout en étant plus structuré que ne l’était L’Appel d’Yverdon.»

Des parrains et du sport

Au sein du comité, les idées fusent et les projets ne manquent pas. Le plus abouti : le parrainage, qui existe depuis près d’un an. «Nous mettons en contact un migrant, qu’il soit clandestin ou détenteur d’un permis, avec un habitant de la région, explique Thérèse Aubert, responsable de ce projet dans la région Nord vaudois. «Le parrain ou la marraine peut ensuite accompagner le migrant dans diverses activités, telles que des cours de français, des promenades au bord du lac, ou même une dégustation de fondue ! » Au niveau cantonal, il existe 130 binômes. Dans le Nord vaudois, 27 sont déjà constitués. «Les migrants ont besoin d’un vis-à-vis, continue Thérèse Aubert, c’est une approche solidaire de l’asile.»

Le sport est également un facteur d’intégration auquel l’association Gamyr accorde une grande importance. «C’est un langage universel, expose Yann Mamin, président de Solidarité et Ecologie et membre du comité. Si les enfants de migrants ont la possibilité de s’inscrire dans un club de la région, cela favorise également l’intégration des parents.» Pour le moment, plusieurs clubs sont partants, dont le club de tennis de table d’Yverdon-les-Bains.

Le jardin, lieu de partage

Ce n’est pas un hasard si le comité de l’association Gamyr se retrouve dans les locaux des Jardins du Coeur, à Yverdon-les-Bains. «C’est un lieu symbolique, où les personnes les plus démunies, comme les migrants, peuvent se rejoindre et jardiner dans un lieu de partage, explique Julien Wicki. «Nous nous inspirons de ce projet et nous avons pour ambition de perpétuer le jardin au centre EVAM (Etablissement vaudois d’accueil des migrants) de la HEIG-VD, déjà mis en place à la fin de l’été passé par L’Appel d’Yverdon. Les migrants pourront venir jardiner et se changer les idées, en compagnie d’habitants de la région et d’autres migrants, ce qui favorisera le lien social.»

Le mercredi 15 février, l’assemblée constituante de l’association sera accompagnée d’une table ronde sur le sujet : «Jeunes migrants : quelles réalités ? Quelle solidarité ?» Hiba Aden, une ancienne réfugiée somalienne partagera son expérience, accompagnée de Monique Zomer, enseignante en classe d’accueil, et Cécile Dos Santos, thérapeute. «L’important est de montrer qu’il faut accueillir le migrant sans décider à sa place, explique Ervin Sheu, conseiller communal PS et lui-même ancien migrant albanais fraîchement naturalisé. Il faut lui faire réaliser en douceur qu’il doit adapter ses rêves aux nouvelles structures, tout en l’encourageant au maximum.» Yverdon-les-Bains compte plus de 500 réfugiés, selon Julien Wicki. Une population qu’il ne faut pas négliger. «Nous pensons que les liens sociaux au niveau local se répercutent au niveau national. C’est ce qui nous motive à engager autant de petites initiatives qui, nous l’espérons, attireront de nombreux membres. Le dialogue est maître, il dissipe toutes les peurs.»

L’Appel d’Yverdon, un an d’accueil

Créé le 28 octobre 2015 et dirigé par Julien Wicki, le mouvement citoyen L’Appel d’Yverdon a permis de mettre en place plusieurs projets novateurs. Dès décembre 2015, l’association a animé le Gîte du Passant, mis à disposition par la Ville d’Yverdon-les- Bains, pour accueillir plus d’une quarantaine de requérants d’asile. Lorsque le centre a été fermé, L’Appel d’Yverdon a réussi à conserver quelques places. «Mais surtout, nous avons réussi à montrer que les citoyens n’ont pas peur des migrants», se félicite Julien Wicki.

Le 18 juin 2016, le mouvement a organisé la Journée des Migrants, une première à Yverdon-les-Bains. «Nous sommes parvenus à intégrer le plus d’acteurs possible, que ce soit la Ville, l’EVAM, la CCSI (Commission consultative Suisses-Immigrés), certaines associations et même l’Eglise», continue-t-il. Une belle initiative qu’il compte bien réitérer cette année grâce à l’association Gamyr.

Lila Erard