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La fin d’une incroyable série, un 19e titre et six médailles

7 février 2017 | Edition N°1929

Badminton – Les Championnats de Suisse ont été riches en émotion pour les badistes du BC Yverdon. Déchu en mixte après onze années de règne, Anthony Dumartheray est tout de même reparti avec trois breloques à lui seul.

La Bernoise du BCY Ayla Huser et Anthony Dumartheray font les fous avec leurs médailles. Ils ont remporté un titre chacun. ©DR / Duvoisin-a

La Bernoise du BCY Ayla Huser et Anthony Dumartheray font les fous avec leurs médailles. Ils ont remporté un titre chacun.

Toute série à une fin, même pour Sabrina Jaquet et Anthony Dumartheray. Après onze couronnes nationales consécutives remportées ensemble en double mixte, la Chaux-de-Fonnière et l’Yverdonnois ont fini par céder, dimanche à Berne, non sans avoir bénéficié d’un volant de titre. Un revers qui ternit à peine le bilan du droitier de 28 ans, par ailleurs sacré en double messieurs et «bronzé» en simple. Ses coéquipiers de club Ayla Huser (victorieuse en double dames et finaliste malheureuse en simple, battue par l’intouchable Sabrina Jaquet) et Pierrick Deschenaux (demi-finaliste en double hommes) complètent le bon résultat d’ensemble des badistes du BCY. Les autres ont été sortis dès les premiers échanges, tombés contre plus forts qu’eux.

Au lendemain de ses exploits, Anthony Dumartheray était, comme toujours, sur les terrains. Pas pour s’entraîner, mais pour donner la leçon. «J’ai mal partout, sauf au bras gauche», a-t-il lancé d’entrée. Il faut dire qu’il a enchaîné onze matches en deux jours, dont six disputés en trois manches. Une sacrée charge pour l’entraîneur national des catégories M13 et M15, qui ne pratique plus que quatre heures par semaine pour lui.

Déçu et content à la fois

Il ne pouvait s’empêcher de tirer un bilan partagé de son tournoi. «Je devrais être content d’avoir pu rivaliser avec les jeunes des cadres qui, eux, s’entraînent quatre heures quotidiennement, mais il y a tout de même cette déception d’avoir perdu ce titre.» Celui du mixte, qu’il détenait depuis si longtemps avec sa partenaire.

Dans les faits, Céline Burkart et Oliver Schaller -la paire suisse actuelle qui milite sur le circuit international- ont toujours mené au score. Jaquet/Dumartheray ont sauvé trois volants de match en deuxième manche, avant de revenir de nulle part dans la troisième et d’avoir une chance de conclure. Ils ont, finalement, été battus 21-17 22- 24 24-22. «Alors qu’on ne s’entraîne plus ensemble depuis trois ans, on a réalisé une bonne prestation. On n’était pas largués, s’est réjoui Anthony Dumartheray. En voyant nos adversaires jouer les tours précédents, on savait que ça allait être compliqué pour nous. On n’était plus les favoris, et c’est normal.» Il n’y a pas qu’en mixte que l’Yverdonnois est passé par tous les états d’âme. Parfois auteur et d’autres fois victime de belles remontées, il a fait transpirer ses proches venus l’encourager. En simple, il a failli passer à la trappe au premier tour, avant de sortir la tête de série n° 1, Mathias Bonny, en quarts, puis de perdre en demi-finale, alors qu’il a mené au score et, là aussi, bénéficié d’un volant de match. Son bourreau, Dominik Bütikofer a enlevé le titre.

Rebelote en double, quand Anthony Dumartheray et le Saint-Gallois Thomas Heiniger, tenants du titre, ont frisé le code au premier tour, avant de se ressaisir. En demi-finale, ils ont dominé les n° 1 du tableau Oliver Schaller et Pierrick Deschenaux. La rencontre, remportée 21-18 au troisième jeu, avait le poids d’une finale avant l’heure. «J’étais désolé pour Pierrick, car son investissement n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur», a concédé Anthony Dumartheray, à propos de son coéquipier de club.

Au final, l’Yverdonnois est parti de la capitale fédérale avec trois médailles, dont un 19e titre à des Championnats de Suisse élite (son 7e en double hommes). Il aurait même pu gagner dans les trois tableaux, puisqu’il a eu des volants de match lors de ses deux revers. «Comme j’aurais pu être sorti au premier tour dans deux catégories. Ça se joue à peu de choses. C’est ce que j’ai dit à mes jeunes», a souligné le champion en série.

Manuel Gremion