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La Bohème tourne une page historique

30 mai 2018 | Edition N°2256

Après 37 ans d’activité, Luzia Bernshaus passera le témoin de sa boutique de mode, devenue une référence au fil du temps.

«Le bureau de poste de Sainte-Croix cherchait quelqu’un en 1969. Ils avaient eu une mauvaise expérience avec une employée de Suisse alémanique, mais j’ai quand même été choisie à la place d’une des quatre autres candidates romandes. Le travail au guichet m’a permis de m’intégrer très rapidement.»

Luzia Bernshaus avait 20 ans lorsqu’elle a quitté la campagne thurgovienne pour s’installer dans la commune perchée sur le Balcon du Jura. Quand elle évoque son arrivée dans le Nord vaudois, elle parle, avec nostalgie, d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Le début de l’aventure

«La Bohème», c’est le titre d’une des plus belles chansons de Charles Aznavour, mais aussi le nom que Luzia Bernshaus a choisi de donner à la boutique qu’elle a ouverte en 1981. «J’ai arrêté mon travail de postière quand j’ai eu mon premier enfant. Les usines fermaient, la crise s’approchait. Je me débrouillais bien en couture et je suis une personne assez créative donc je me suis lancée.»

C’est le début de l’aventure. La Sainte-Crix d’adoption se consacre dans un premier temps aux rideaux, avant d’élargir son horizon en ajoutant un rayon mode, puis en devenant propriétaire du bâtiment où se trouvait le Café de la Poste. «J’ai pris des cours de cafetière, en parallèle de mon travail au magasin et nous avons transformé le restaurant au deuxième étage avec Horst, mon mari. Malheureusement, il est décédé six mois après l’ouverture», se remémore, émue, Luzia Bernshaus, qui est parvenue à tenir l’établissement environ une année avant de le louer.

Un déclic l’année passée

Malgré ce coup dur, la commerçante a trouvé la force pour continuer son activité au magasin qui propose également des objets décoratifs soutenue par ses enfants, Patrick et Eric. «J’ai une marchandise de qualité et j’ai toujours été patiente avec mes clientes qui viennent de plusieurs régions de Suisse et même de France voisine», affirme celle qui transmettra les clés de sa boutique le 2 août, à l’âge de 69 ans.

C’est à la fin de l’année passée que Luzia Bernshaus a compris qu’il était temps de passer le témoin. «Entre Noël et Nouvel An, mes enfants m’ont demandé jusqu’à quand je comptais continuer. Quelques jours plus tard, je me suis levée et j’ai eu un déclic, je me suis mise sur de nouveaux rails.

Des regrets? Non, c’était une très belle aventure et mon magasin sera entre de bonnes mains», conclut-elle, avec un grand sourire.

Gianluca Agosta