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L’ancien syndic de Bavois dorlote ses abeilles

31 mai 2019 | Edition N°2509

Chaque semaine, un habitant du Nord vaudois ouvre l’album de ses souvenirs et une fenêtre sur son village.

A l’orée du bois de Bavois, Jean-Claude Agassis s’approche de ses ruches dans une clairière aux couleurs verdoyantes. Les abeilles, par centaines, virevoltent autour de l’ancien syndic du village. Les ouvrières entament un ballet bruyant de toute beauté. Jean-Claude Agassis, vêtu d’une chemise mauve rayée avec des lignes bleues et jaunes, est dans son élément. Il a le sourire jusqu’aux oreilles et l’œil rieur. «J’ai débuté en 1975, avec une ruche, explique-t-il. Aujourd’hui, j’en possède huitante. C’est une véritable passion.» à tel point qu’il ne peut s’arrêter d’en parler.

Il faut dire que ces insectes ont joué un rôle crucial durant les périodes les plus noires de son existence. L’agriculteur de 63 ans l’affirme pudiquement, sans entrer davantage dans les détails: «J’ai eu trois cancers et je suis en rémission depuis cinq ans. Les abeilles m’ont sauvé la vie. Je n’ai jamais cessé de m’en occuper et, aujourd’hui, je croque la vie à pleines dents.»

Jean-Claude Agassis est un bon vivant et sa bonhomie est touchante. Il s’est énormément investi pour les autres. à commencer par les habitants de Bavois. Il a été municipal pendant huit ans, avant d’endosser le rôle de chef de l’Exécutif pendant près de dix-sept ans. Ce n’est pas rien. Cet enfant du village chérit sa commune mieux que quiconque.

«Je suis né à Bavois en 1956, l’année du grand froid. Mon père était agriculteur et ma mère institutrice», poursuit-il. En 1964, la famille a racheté une seconde ferme, sise en haut du village. L’homme y vit toujours. «Mon père a construit un silo et installé le centre agricole à cet endroit, tout en gardant la première ferme au bas du village.» Les souvenirs d’enfance de Jean-Claude Agassis sont nombreux. La neige y tient une place de choix. «C’était les prémices du ski pour moi. Avec les copains, nous tapions des pistes improvisées avec nos skis, au lieu-dit Les Devens. Et j’adorais aussi les soirées luges en bas de la localité.»

Adolescent, Jean-Claude Agassis savait déjà qu’il voulait reprendre le domaine familial et suivre ainsi la voie paternelle après l’école obligatoire. «Mon père y était opposé, car il voulait que je fasse des études. Mais ce n’était pas ma tasse de thé.» à 16 ans, il est entré à l’école d’agriculture de Cernier, dans le canton de Neuchâtel, sans faire un apprentissage d’agriculteur au préalable. «Je n’avais pas beaucoup de temps, car j’avais une grande différence d’âge avec mon papa.» Il a ensuite repris l’exploitation en 1979, deux ans avant la mort de son père. Un défi de taille, mais il a pu compter sur le soutien de Margaret, son épouse, qu’il a rencontrée sur les bancs de l’école à l’âge de 15 ans. «Nous sommes toujours ensemble et c’est merveilleux.» Le couple a trois enfants, Jean-Philippe, Béatrice et Pascal.

Aujourd’hui, Jean-Claude Agassis travaille aux côtés de son cadet, un vrai mordu comme lui. «Nous proposons toutes sortes de travaux agricoles pour des tiers, le battage, le semis, le traitement, en plus de notre propre exploitation», précise-t-il encore.

Au plan politique, Jean-Claude Agassis a, on l’a dit, activement participé au développement de Bavois. Il a vu la localité s’accroître et passer de 400 habitants, lorsqu’il a pris ses fonctions de municipal, à 970 aujourd’hui. «Le développement s’est fait aux quatre coins du village, ce qui a permis de mieux intégrer les nouveaux habitants. J’ai adoré siéger à la Municipalité, parce que j’aime être au service de la collectivité», conclut-il.

Lauriane Barraud