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Une présidente à la tête de «Stop aux bouchons»

31 juillet 2020 | Edition N°2763

Yverdon-les-Bains – L’association continue à se battre pour obtenir un soutien cantonal à la route de contournement.

Alors que les Communes d’Yverdon-les-Bains et de Montagny-près-Yverdon ont fait appel au Tribunal fédéral pour contester le refus, par la Confédération et le Canton, de subventionner la nouvelle route de contournement du sud de la ville – elle sera mise en service en septembre prochain –, l’association «Stop aux bouchons», à l’origine du projet puis de son initiative, acceptée en novembre 2012 par plus de soixante pour cent des votants, va ouvrir un deuxième front. En effet, sa nouvelle présidente, Pierrette Roulet-Grin – elle succède à Serge Lovey –, compte se battre au niveau cantonal pour faire bénéficier cette route d’un soutien au titre des routes cantonales en traversée.

Formée dans le but de relancer le projet de route de contournement, dans un concept répondant aux évolutions les plus récentes en matière de mobilité, l’association «Stop aux bouchons» continue depuis près de dix ans à suivre l’évolution du domaine avec un esprit critique et constructif.

Le refus de la Confédération, puis du Canton, de libérer un soutien financier en faveur de cet axe prioritaire d’agglomération (APA), qui concerne Yverdon-les-Bains et Montagny-près-Yverdon à l’ouest, a provoqué un choc. Dans un premier temps, les deux Communes ont recouru auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal. Déboutées, elles ont porté l’affaire devant le Tribunal fédéral (lire La Région du 15 mai). Le dossier est en cours de traitement à la Haute-Cour.

Le printemps dernier déjà, la députée Pierrette Roulet-Grin avait déploré l’attitude des autorités politiques supérieures dont les motivations font fi, de son point de vue, des réalités. Jamais en manque d’idées, la présidente de «Stop aux bouchons» a trouvé un nouvel angle d’attaque: le crédit-cadre de 40 millions de francs destiné au financement «des projets communaux portant sur les routes cantonales en traversée de localité».

Le raisonnement de la députée est simple: actuellement, la plus grande partie du trafic du sud de la ville transite par les rues du Midi et du Cheminet qui, de fait, jouent ce rôle de route cantonale en traversée.

L’ouverture de la nouvelle route de contournement, située plus au sud, devrait avoir pour effet d’absorber la plus grande partie du trafic de transit, et de libérer, enfin, les habitants des rues traversées d’une charge d’inconvénients considérable qu’ils ont supportée pendant des années. Dans l’esprit de Pierrette Roulet-Grin, il ne fait aucun doute que la nouvelle route doit non seulement reprendre le trafic de transit, mais aussi le statut de route cantonale en traversée.

Seule une petite portion (9 millions de francs) du fameux crédit-cadre de 40 millions de francs, accordé en 2013 au Conseil d’État pour la période 2014-2020, a été utilisée à ce jour. Le Grand Conseil devra se prononcer d’ici à la fin de l’été sur sa prorogation jusqu’en 2028. La commission ad-hoc du Parlement a accepté la proposition à l’unanimité. Elle a donc de fortes chances d’être adoptée en deuxième débat.

Une stratégie peu claire

Autre cheval de bataille de «Stop aux bouchons», le plan des circulations de la Ville. «Il n’y a pas de vision globale, il n’existe même pas un schéma des circulations», déplore Daniel Cochand, conseiller communal et membre très actif de «Stop aux bouchons».

Et de critiquer, sur la lancée, le peu de cas qui est fait de la Commission consultative urbanisme et mobilité, dans laquelle l’association est représentée au même titre que le Touring Club Suisse (TCS), Pro Vélo et l’Association Transport et Environnement (ATE). Les deux premières séances de cette commission ont été annulées, celle de mars en raison de la pandémie et celle juin en raison du Grand Conseil. La prochaine a été fixée en octobre, en raison du manque de disponibilité de la délégation municipale. Bien trop tard, selon les membres de «Stop aux bouchons».

Une commission… «informative»

A entendre Gloria Capt, municipale de référence pour l’urbanisme, il y a un malentendu sur la nature de la commission: «Ce n’est pas une commission consultative, mais informative. Les projets émanent de l’administration. Les membres de la commission ont le privilège d’être informés avant tout le monde. Ils font des remarques pertinentes, mais il ne s’agit pas d’une consultation.»

En ce qui concerne la fixation de la prochaine séance en octobre, la municipale en charge de l’urbanisme et des bâtiments invoque une forte sollicitation: «Cela a été difficile de trouver une date. On a des commissions tout le temps. On est surchargés.»

Deuxième phase

En charge de la mobilité, Valérie Jaggi-Wepf rejette les critiques. Elle relève que cette commission, créée sous la syndicature de Daniel von Siebenthal, était tombée en somnolence. Suite à des interventions au Conseil communal, elle a été réactivée. Si la pandémie a perturbé l’agenda, il n’en demeure pas mois que le travail se fait. Et d’ajouter: «Non seulement le schéma des circulations existe, mais le préavis déposé pour un deuxième crédit d’étude doit permettre d’aller dans le détail, dans 23 secteurs de la ville. On va par étapes, et en profondeur.»

Isidore Raposo