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«Alain Morisod n’est pas crâneur, c’est pour ça qu’on l’aime!»

24 décembre 2018 | Edition N°2402

Les Sweet People ont donné leur traditionnel concert de Noël à La Marive, jeudi dernier. Un moment de retrouvailles particulier avec leurs plus fidèles fans du Nord vaudois.

Tout sourire, il se glisse furtivement dans la salle de La Marive, sur le coup de 17h15. Assis derrière son piano pour une dernière répétition, Alain Morisod lui adresse un geste complice. Ravi, Alfred Luthi s’installe au fond de la salle. Comme chaque année, il est venu de Koppigen (BE) pour assister au Concert de Noël des Sweet People à Yverdon-les-Bains.

Alfred Luthi vient chaque année depuis Koppigen (BE) pour assister au concert. © Michel Duperrex

Alfred Luthi vient chaque année depuis Koppigen (BE) pour assister au concert. © Michel Duperrex

Après quelques minutes, le musicien descend de scène pour lui donner l’accolade. «C’est le plus solide qu’on ait jamais vu, lance-t-il en évoquant le Suisse alémanique de 69 ans. A l’époque, il était employé de ferme à Vuarrens et il venait dans les bals avec nous. Il nous donnait un coup de main pour porter les instruments et on est devenus copains!» C’était dans les années 1970, avant qu’Alain Morisod n’écoule 20 millions d’albums et qu’il ne fédère des milliers de téléspectateurs grâce à ses célèbres Coups de cœur. Malgré le succès, les concerts aux quatre coins du monde et un nombre incalculable de fans, le producteur genevois n’a pas oublié ses vieux amis. Et comme chaque année, ils sont là pour l’accueillir dans la Cité thermale.

Quinze kilos de papet

Ce jeudi 20 décembre, «on fête les 60 ans d’Anne-Lise», annonce le compositeur, tout en dévalant l’escalier qui mène aux sous-sols. En poussant une porte, il tombe nez à nez avec Anne-Lise Perey et son mari Eric, prêts à nourrir un régiment. Lorsque les Sweet People chantent dans le Nord vaudois, le couple met les petits plats dans les grands pour concocter un papet vaudois pour toute l’équipe. Les kilos de poireaux et de saucisses sont mijotés chez eux, à Rueyres, puis acheminés à La Marive dans des autocuiseurs. «Je suis tombée dans la soupe Morisod quand j’avais 16 ans», raconte Anne-Lise, tout en remplissant les assiettes. Depuis qu’ils se sont connus dans les bals, ils ne se sont plus quittés, à tel point que le Genevois est devenu le parrain de leur fils.

Anne-Lise et Eric Perey avaient concocté quinze kilos de papet vaudois, cette année, pour leur ami genevois et toute son équipe. © Michel Duperrex

Anne-Lise et Eric Perey avaient concocté quinze kilos de papet vaudois, cette année, pour leur ami genevois et toute son équipe. © Michel Duperrex

Tandis qu’il s’installe, Alain Morisod retrouve sa compagne Mady Rudaz, la voix féminine des Sweet People, son équipe, mais également une vingtaine d’amis venus partager son repas, à deux heures du concert. Alfred Luthi est de ceux-là, mais aussi Petit Bernard qui, comme chaque année, est descendu de la vallée de Joux pour amener du vacherin. Pétri d’affection pour tous ses fidèles, Alain Morisod a un mot pour chacun, et prend même le temps de faire connaissance avec les nouveaux qui se sont glissés autour de la table. «Le Nord vaudois, ça reste un terrain privilégié car c’est là que tout a commencé», glisse le producteur, qui se souvient parfaitement de son premier bal, en 1972. C’est également à La Marive qu’il a lancé ses Coups de cœur, le 8 novembre 1998.

A 18h30, Alain Morisod et les Sweet People dégustent leur traditionnel papet vaudois dans les sous-sols de La Marive, entourés de leurs fidèles. © Michel Duperrex

A 18h30, Alain Morisod et les Sweet People dégustent leur traditionnel papet vaudois dans les sous-sols de La Marive, entourés de leurs fidèles. © Michel Duperrex

Tandis que le repas se poursuit, les spectateurs affluent à l’étage supérieur. Parmi eux, Muriel et Raymond Amaron, d’Yverdon-les-Bains, ainsi que Marinette et Georges Dumard, d’Echallens. Les deux couples se sont connus en 2003 lors d’une croisière avec Alain Morisod et les Sweet People, et ne se sont plus quittés depuis. «C’est grâce à Alain tout ça, s’enthousiasme Marinette Dumard, tout en multipliant les sourires à l’adresse des fans qu’elle retrouve ce soir-là. Il nous rend la vie plus belle!» Comme elle, les autres spectateurs ont les yeux brillants à l’évocation du producteur, cette superstar restée si proche de son public. «Il pourrait être crâneur mais il ne l’est pas, c’est pour ça qu’on l’aime», poursuit la Challensoise. A 20 heures, tandis que les premières notes s’élèvent dans La Marive, tous se mettent à chanter, témoignant de leur indéfectible soutien au musicien et à son groupe.

Raymond et Muriel Amaron, ainsi que Georges et Marinette Dumard, affichent quinze ans d’amitié au compteur grâce à Alain Morisod. © Michel Duperrex

Raymond et Muriel Amaron, ainsi que Georges et Marinette Dumard, affichent quinze ans d’amitié au compteur grâce à Alain Morisod. © Michel Duperrex

Caroline Gebhard