Logo

Alerte au chlore au Grand Hôtel

4 janvier 2017 | Edition N°1905

Yverdon-les-Bains – Un dégagement de gaz, consécutif à un incident technique, a plongé l’établissement thermal dans l’émoi, lundi soir.

Ce ventilateur a été acheminé dans les sous-sols du bâtiment, afin d’évacuer le chlore résiduel. ©Michel Duperrex

Ce ventilateur a été acheminé dans les sous-sols du bâtiment, afin d’évacuer le chlore résiduel.

Haut-lieu du prélassement, le site thermal d’Yverdon-les-Bains était en proie à une grande ébullition lundi soir. A peine arrivés sur place, aux alentours de 21h45, nous sommes confrontés à une scène de détresse. Une femme rongée par une vive inquiétude se rue sur l’ambulance en stationnement devant l’établissement, afin de prendre des nouvelles de son occupant. L’un des quinze pompiers du SDIS Nord vaudois mobilisés la rassure sur l’état de la personne intoxiquée et lui indique que le véhicule se rend à l’hôpital de la ville. Hormis ce collaborateur du Grand Hôtel, un couple d’Anglais a été incommodé par le dégagement de gaz constaté dans un local technique. «Ces clients se trouvaient dans la piscine de l’hôtel. Sentant une odeur de chlore, ils ont alerté le portier, qui a commencé à faire évacuer la trentaine de personnes se trouvant dans les chambres», relève Arnold Poot, répondant presse de la Police cantonale vaudoise.

La présence de chlore a incité les pompiers à se vêtir de tenues spéciales. Un problème de mélange acide chlorhydrique-eau de Javel semble être en cause. ©Michel Duperrex

La présence de chlore a incité les pompiers à se vêtir de tenues spéciales. Un problème de mélange acide chlorhydrique-eau de Javel semble être en cause.

Une armée de policiers -une patrouille de Police Nord vaudois et trois de la Gendarmerie étaient mobilisées- et de pompiers provenant des véhicules garés devant l’établissement est regroupée dans le hall d’entrée. Une voix off monocorde diffuse en continu un message d’alarme en plusieurs langues. Certains des pensionnaires cantonnés au restaurant La Rotonde et à ses abords scrutent avec préoccupation les faits et gestes de l’équipe d’intervention. Un homme descend, avec une fillette, l’une des rampes d’escalier menant à cette partie de l’établissement utilisée comme refuge provisoire. Impressionnée par la tenue chimique lourde des pompiers descendus au sous-sol pour ventiler le chlore résiduel, l’enfant aimerait récupérer ses «bébés» restés dans sa chambre. Un membre du service du feu va les chercher, et se voit récompenser par un bisou sur la joue.

Tout est rentré dans l’ordre vers 23h15. Le procureur de service a ouvert une enquête sur cet incident vecteur de remous dans l’univers des bulles.

Le chlore, substance à risque

Le chlore, dont les valeurs avaient atteint un niveau dangereux sur le site yverdonnois, est un gaz qui dégage une odeur suffocante très désagréable et est extrêmement toxique. Il s’avère oxydant et corrosif. Les vapeurs de chlore inhalées altèrent les muqueuses respiratoires et provoquent une inflammation des bronches pouvant dégénérer en bronchoconstriction. Les possibles symptômes dépendent souvent de la durée d’exposition au gaz, de sa concentration et des caractéristiques personnelles (âge, antécédents médicaux). Au contact du chlore, on peut développer rapidement des irritations des yeux, des voies respiratoires supérieures. Nausées et vomissements peuvent aussi survenir. JPW

Enregistrer

Ludovic Pillonel