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Bâtiment de Bourgeois Vins en vente

19 juillet 2018 | Edition N°2292

Le site de l’ancienne société viticole a été mis en vente par le propriétaire, La Cave de la Côte (UVAVINS), pour 9,5 millions de francs.

Une page de l’histoire industrielle et commerciale de Ballaigues s’apprête à être tournée. En effet, le site de Bourgeois Vins S.A., aux Champs aux Roses, une parcelle de 35 000 m2 avec une halle industrielle de 43 000 m3, a été mis en vente par la société propriétaire, Bourgeois Vins S.A., contrôlée par la société coopérative Cave de la Côte (UVAVINS). La recherche des acquéreurs a été confiée à un courtier indépendant. Le propriétaire espère en obtenir un montant de 9,5 millions de francs.

Cette entreprise aux origines familiales était connue loin à la ronde. A une époque, elle était le principal importateur de vins de Bordeaux pour la Suisse. L’ouverture des marchés et la concurrence accrue qui en a résulté l’a plongée dans les difficultés il y a une bonne vingtaine d’années.

Dans le cadre d’une fusion formalisée en 2015, Cave de la Côte a repris les actifs et les passifs de Bourgeois Vins S.A. C’est ainsi que la coopérative basée à Tolochenaz s’est retrouvée propriétaire des immeubles de Ballaigues.

Aujourd’hui, le site, qui abritait deux chaînes d’embouteillage à la belle époque, n’est plus utilisé que pour du stockage. Deux personnes y travaillent encore.

«Cela fait plus de dix ans qu’il n’y a plus de mise en bouteille à Ballaigues. Nous devons recentrer nos activités et dégager des moyens pour assurer l’avenir», explique Julien Höfliger, directeur de Cave de la Côte.

Position intéressante

Les immeubles mis en vente ne devraient pas avoir de peine à trouver un acquéreur. En effet, ce site, sur lequel a été construite  une halle de 100 m de long sur 40 m de large, est très bien situé, à deux pas de l’entrée de l’autoroute et à moins de deux kilomètres de la douane de Vallorbe-Le Creux.

Le bâtiment, construit au début des années septante, de quelque 12 m de hauteur, se prête à de multiples activités, du stockage à des opérations industrielles. La surface au sol est de 4150 m2. Ce bâtiment est libre de bail et il est immédiatement disponible.

La parcelle (34 900 m2) est composée de 28 900 m2 en zone industrielle et de 6000 m2 en zone agricole. La partie dépôt est construite en acier, sur une dalle en béton pouvant supporter de très lourdes charges. Facilement  accessible par des poids lourds, le site se trouve à une douzaine de minutes de l’accès à l’autoroute A1 (Essert-Pittet). Il pourrait constituer un centre de production ou logistique idéal.

Morcellement envisagé

En ce qui concerne le terrain industriel non construit, un projet de mise valeur (fractionnement) de six parcelles a été étudié. Pour cette partie, un conseiller communal a déposé, en mai dernier, une interpellation demandant à l’Exécutif d’envisager l’achat. Syndic de Ballaigues, Raphael Darbellay confirme que cette intervention est à l’étude. Deux problèmes se posent. Le premier concerne le prix (1,8 million), considéré comme trop élevé, même si les vendeurs ont déjà fait un effort, et le second est relatif aux incertitudes liées au nouveau plan directeur cantonal (PDc).

En effet, le PDc prévoit la création d’une nouvelle structure régionale qui aura la charge de l’affectation de terrains industriels. C’est dire qu’un terrain classé en zone industrielle ou artisanale pourrait être dézoné dans une commune, au bénéfice d’une zone à créer dans une autre… Par ailleurs, le  Service du développement territorial (SDT) a, lors d’une récente séance, suggéré à la Commune de dézoner ce terrain industriel non construit.

En ce qui concerne la halle proprement dite, le syndic de Ballaigues souhaiterait la voir accueillir une activité industrielle complémentaire à celles existantes (Rouages et Manuplast). L’avenir nous dira si son voeu pourra être exaucé.

Isidore Raposo