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Le Canton en a-t-il vraiment cure ?

13 septembre 2017 | Edition N°2080

Nord vaudois – L’intention de l’Etat de Vaud de se départir d’une partie de son patrimoine suscite de vives réactions. Le député yverdonnois Vassilis Venizelos a interpellé le Gouvernement, hier, sur la stagnation de cet épineux dossier.

Parmi les vingt bâtisses concernées par la vente, figurent celles de Rances, Donneloye, Combremont-le-Grand, Champvent (photo), L’Abbaye, Denezy et Suchy. ©Duperrex-a

Parmi les vingt bâtisses concernées par la vente, figurent celles de Rances, Donneloye, Combremont-le-Grand, Champvent (photo), L’Abbaye, Denezy et Suchy.

La nouvelle avait suscité l’émoi parmi la population. Plus de deux ans après la décision de l’Etat de Vaud de se séparer de vingt de ses cures, absolument rien n’a bougé. Du coup, certains élus s’interrogent sur les projets du Gouvernement. Parmi eux, le député yverdonnois Vassilis Venizelos, qui fustige l’attitude du Conseil d’Etat et la stagnation du dossier.

«Le silence complet de l’Exécutif vaudois est inquiétant, au vu de l’importance du sujet, explique le Nord- Vaudois. Le Grand Conseil mérite d’être informé de la stratégie du Gouvernement sur le le long terme, et du type d’offres reçues.» Avant de préciser : «La conservation du patrimoine vaudois a été mis sur la table par le groupe des Verts au Grand Conseil. Il ne s’agit pas d’une affaire personnelle. Je n’ai d’ailleurs pas signé la pétition à ce sujet (voir ci-dessous), afin de conserver mon indépendance.»

La cure de l’Abbaye figure dans la liste des vingt édifices proposés à la vente. ©DR

La cure de l’Abbaye figure dans la liste des vingt édifices proposés à la vente.

Parmi les vingt cures proposées à la vente, sept se trouvent dans la région : à Rances, Donneloye, Combremont-le-Grand, Champvent, L’Abbaye, Denezy et Suchy. «Avec près d’un tiers des cures concernées, la région est particulièrement touchée. Mais mon interpellation a pour but de défendre le patrimoine vaudois dans son ensemble», souligne Vassilis Venizelos. Plus que de se poser en rempart à la vente de toutes les cures -céder certains édifices vides peut se justifier, à ses yeux-, le député entend interpeller le Conseil d’Etat sur la nécessité de donner la priorité aux communes et aux paroisses : «Il faut donner l’opportunité aux communes concernées de développer un projet d’intérêt public et de redynamiser certains cœurs de villages.»

Du côté du Conseil d’Etat, on estime que la question n’est pas prioritaire, et on ne se montre pas pressé de communiquer sur le sujet. En charge de ce dossier épineux, le chef du Département des finances, le Sainte-Crix Pascal Broulis, n’a pas souhaité s’épancher. Les cures vaudoises vont donc encore devoir attendre avant de connaître d’éventuels nouveaux acquéreurs, probablement dans le courant de l’année prochaine.

 

La fondation Patrimoine suisse monte au front

 

«Le silence du Conseil d’Etat est inquiétant au vu de l’importance du sujet.» Vassilis Venizelos, député

«Le silence du Conseil d’Etat est inquiétant au vu de l’importance du sujet.» Vassilis Venizelos, député

Hasard du calendrier ou non, la section vaudoise de la fondation Patrimoine suisse a déposé, hier au Grand Conseil, une pétition munie de quelque 1200 signatures, laquelle s’oppose à la décision «surprenante, voire choquante» de mettre en vente une vingtaine de cures vaudoises. «A notre sens, il est exclu de vendre quinze bâtisses historiques, construites entre 1536 et 1845 sous les autorités bernoises et vaudoises», détaille la présidente de la section cantonale, Béatrice Lovis. Concernant les cinq autres cures, la pétition demande qu’elles soient cédées sous certaines conditions seulement, dont celle de l’octroi d’un droit de préemption aux paroisses et aux communes concernées.

«Le Conseil d’Etat, en la personne de Pascal Broulis, ne pense qu’en termes économiques. Or, le patrimoine est une plus-value d’un autre type, explique Béatrice Lovis. Je ne vous cache pas que nos relations avec le Département des finances sont tendues à ce sujet.»

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Simon Gabioud