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Les «cas sociaux» provoquent la discorde

28 juillet 2017 | Edition N°2048

Sainte-Croix – Une pétition a été lancée par des commerçants du village pour que cessent les actes de violence, notamment, à la rue Centrale.

Selon un habitant de Sainte-Croix, les «cas sociaux» s’installent près de la fontaine de la rue Centrale et passent leur journée à fumer et à boire. ©Michel Duperrex

Selon un habitant de Sainte-Croix, les «cas sociaux» s’installent près de la fontaine de la rue Centrale et passent leur journée à fumer et à boire.

«Malheureusement, il y a de nombreux actes de violence et c’est le bordel !», constate un Sainte-Crix qui habite à quelques pas de la rue Centrale où, depuis quelque mois, plusieurs incivilités causées par ceux qu’il qualifie de «cas sociaux» ont été constatées. «Ces agissements perdurent et donnent une mauvaise image du Balcon du Jura. Cela a également un impact pour les commerçants du centre-ville», poursuit-il. Même son de cloche chez une serveuse qui travaille dans ladite rue : «Nous sommes touchés et les clients sont parfois choqués et s’en sont plaints».

Les nombreuses personnes que nous avons interrogées déplorent des incivilités à répétition, mais toutes, sans exception, préfèrent se confier sous couvert de l’anonymat. La tension est palpable. «Les cas sociaux s’installent souvent en face du Denner pour boire de l’alcool et fumer des cigarettes, s’inquiète cet habitant qui vit depuis sept ans à Sainte-Croix. On en a marre de payer pour des gens qui touchent des subventions sociales.»

 

Plusieurs actes de voies de fait

 

Selon Yvan Pahud, conseiller communal (UDC), «Sainte-Croix détient le triste record de demandeurs de l’aide sociale (ndlr : selon l’Office fédérale des statistiques, ce taux représente 10,6% de la population sainte-crix). Notre village devient un territoire de non-droit, ou plusieurs résidents se font haranguer, moquer, insulter. Les journées et les nuits sont troublées par de nombreux débordements.»

«Ce sont une quinzaine de mineurs et de jeunes adultes qui ont commis plusieurs actes de voie de fait et de vol, notamment. Ils ont été identifiés et entendus par nos services et seront dénoncés au Tribunal des mineurs et au procureur», indique Olivia Cutruzzola, porte-parole de la Police cantonale vaudoise. Cette dernière n’a pas confirmé s’il s’agissait de personnes bénéficiant de l’aide sociale ou du revenu d’insertion.

 

Pétition auprès de l’Exécutif

 

Une pétition, réunissant plus de septante signatures a, d’ailleurs, été lancée par l’un des commerçants de la rue Centrale, qui n’a pas souhaité commenter l’affaire. Toutefois, selon le document en notre possession, «l’image négative que les gens se font du village, une réputation malheureusement déjà connue loin à la ronde, n’est pas du tout celle que nous, commerçants et habitants de Sainte-Croix, voulons donner.»

Franklin Thévenaz, syndic de Sainte-Croix, comprend et se désole de la situation des commerçants de la rue Centrale. «Nous avons des règles dans notre société et celles-ci doivent être respectées, indique-t-il. Nous avons interpellé les autorités cantonales et le préfet, afin de trouver une solution.» En décembre 2013, la Municipalité sainte-crix a été interpellée par le biais d’une motion du Parti socialiste (PS) et du Parti libéral-radical (PLR) à propos du nombre de personnes en recherche d’emploi. Suite à cette demande, l’Exécutif a créé une commission des affaires sociales, afin qu’elle envisage certaines pistes. «La nomination d’un travailleur social (ndlr : lire ci-dessous) a, notamment été proposée, mais nous sommes dans l’attente d’une réponse cantonale», glisse l’édile.

 

Un travailleur social sera engagé à Sainte-Croix

 

Antonello Spagnolo, chef de la section aide et insertion sociales au sein du Service de prévoyance et d’aide sociales, considère qu’il faut éviter les amalgames. «De nombreux habitants bénéficient de prestations à l’aide sociale, mais aussi de subsides à l’assurance maladie et des prestations complémentaires à l’assurance vieillesse, affirme-t-il. Mais la population sainte-crix est l’une des populations les plus engagées dans les programmes de réinsertion, ce qui reste positif.» Quant aux incivilités, le chef de section considère que cela relève de l’ordre public et que, là aussi, il ne faut pas faire d’amalgame.

Selon lui, l’introduction d’un travailleur social est préavisé favorablement par le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, en charge du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS). Cette décision sera prise formellement dans le courant de l’été.

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Valérie Beauverd