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Ce «tueur» qui manque tant

11 mars 2019 | Edition N°2453

Promotion League – Yverdon Sport n’est pas parvenu à trouver la faille face à un Münsingen accrocheur, hier après-midi. La faute, surtout, à un manque de tranchant dans les vingt derniers mètres.

Si Yverdon Sport, touché de plein fouet par les blessures et les absences, ne disposait que de cinq remplaçants dimanche, la quasi totalité de l’effectif avait fait le déplacement à Münsingen. Cela a d’ailleurs posé problème au moment du discours d’avant-match. Les vestiaires du club bernois étant particulièrement étroits, impossible d’y faire entrer 25 personnes. Certains, concernés moins directement par les ultimes recommandations, ont ainsi été contraints de rester à l’extérieur. «Si on veut changer de conditions, on doit passer par là», a glissé le directeur sportif Serge Duperret. Dans le cas présent, “par là” ne signifiait pas uniquement faire la queue devant le vestiaire, mais aussi et surtout batailler face à un adversaire rusé, accrocheur et désirant plus que tout tenir le match nul. Le tout sur un terrain difficile, rendu encore un peu plus gras par la pluie. «Les Peupliers du canton de Berne», a ironisé un fidèle supporter d’YS en faisant référence à la pelouse du FC Bavois.

La bonne attitude

Autant l’écrire tout de suite: si Yverdon n’est pas parvenu à déjouer les plans des Bernois et à briser leur muraille (score final 0-0), ce n’est pas dû à un problème d’humilité. Les Yverdonnois n’ont pas fait l’erreur de prendre leurs adversaires de haut. Tout le monde savait le genre de bataille qui l’attendait et l’équipe a accepté de faire les efforts nécessaires pour que cela se passe bien. Cette attitude a d’ailleurs permis aux visiteurs de nettement dominer les débats, particulièrement en seconde période. Après 45 minutes un peu ternes, les occasions ont fini par se présenter, ce qui aurait dû permettre de faire la différence.

Sauf qu’autant le danger peut émaner de n’importe quel pied yverdonnois cette saison, autant YS ne peut, en contrepartie, pas compter sur un véritable tueur devant le but. Meilleur buteur du club, Alessandro Ciarrocchi aurait pu devenir l’homme providentiel, mais l’attaquant n’est pas parvenu à convertir le centre parfait d’Allan Eleouet à l’heure de jeu. Juste avant ça, Florian Berisha avait vu sa frappe filer de peu à côté. Dans les dernières secondes, une immense triple occasion avait, là encore, le poids des trois points. Si Yverdon ne possède pas la force de frappe d’un Stade-Lausanne-Ouchy, les Verts se doivent absolument d’être efficaces dans l’ultime geste. Hier, ils se sont fait punir pour ne pas l’avoir été.

Plus que les deux points égarés en route, qui permettent à Bellinzone de revenir à deux longueurs avant la confrontation entre les deux équipes du week-end qui vient, la mauvaise nouvelle du jour est venue de l’expulsion de Bertrand Ndzomo dans les arrêts de jeu. Le milieu de terrain reconverti en défenseur central s’est rendu coupable d’une intervention de dernier recours. Si le carton rouge reçu n’a eu aucune incidence dimanche, la suspension pèsera sans doute lourd pour les prochaines échéances. Reste à savoir combien de matches va devoir purger le polyvalent Français, qui ne méritait pas ça.

 

Münsingen – Yverdon Sport 0-0

Münsingen: Karrer; Hischier, Garcia (11e Rothen), A. Dreier, Selmani; M. Dreier, Murina (87e Gafner), Lavorato (79e Erzinger); Christen (68e Siegfried), Collard, Gasser. Entraîneur: Kurt Feuz.

Yverdon: Martin; Gudit, Ndzomo, Marque, Zeneli; Eleouet, Maroufi, Lusuena, Berisha (72e Hamadi); Ciarrocchi (66e Diarra), Pacar. Entraîneur: Anthony Braizat.

Notes: Sandreutenen, 250 spectateurs. Arbitrage de Anojen Kanagasingam, qui avertit Murina (18e, jeu dur), Selmani (18e, jeu dur), Maroufi (50e, jeu dur), M. Dreier (56e, jeu dur), Collard (61e, jeu dur), Berisha (68e, simulation), A. Dreier (75e, jeu dur), Eleouet (87e, jeu dur), Hamadi (93e, antisportivité). Expulsion: Ndzomo (94e, faute de dernier recours).

Florian Vaney