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«C’est un rêve qui se concrétise»

15 juin 2017 | Edition N°2017

Football – Sandrine Mauron fait partie des sélectionnées pour l’Euro aux Pays-Bas, dans un mois. Radieuse, la joueuse nord-vaudoise du FC Zurich, 20 ans, se ressource chez elle avant les choses sérieuses.

Sandrine Mauron passe quelques jours dans le village de son enfance, Valeyres-sous-Montagny. On l’a rencontrée aux Tuileries-de- Grandson, là où la n° 20 de l’équipe de Suisse, aujourd’hui 20 ans, a commencé le football. ©Michel Duperrex

Sandrine Mauron passe quelques jours dans le village de son enfance, Valeyres-sous-Montagny. On l’a rencontrée aux Tuileries-de- Grandson, là où la n° 20 de l’équipe de Suisse, aujourd’hui 20 ans, a commencé le football.

Les rendez-vous importants se sont succédé en cette fin de saison, avec la finale de la Coupe de Suisse, la rencontre de championnat décisive face à Neunkirch et le dernier match amical de l’équipe de Suisse avant l’Euro, samedi dernier contre l’Angeleterre. Sandrine Mauron bénéficie à présent de deux semaines de repos bien mérité, que la milieu de terrain du FC Zurich passe auprès de ses proches, dans le Nord vaudois, avant d’attaquer la préparation pour le tournoi aux Pays-Bas.

 

Sandrine Mauron, après deux doublés les saisons précédentes, cette fois Zurich est sevré de titre…

On a une équipe très jeune, composée uniquement de Suissesses et, face à Neunkirch, il nous a peut-être manqué ces deux ou trois joueuses expérimentées qui faisaient la différence les années précédentes. Tant en finale de la Coupe (ndlr : perdue aux tirs au but, malgré un goal signé Sandrine Mauron) que lors de notre dernière confrontation en championnat, où on devait gagner pour passer devant (ndlr : elles ont fait match nul). A chaque fois, on a dominé, mais pas su concrétiser nos occasions. Cela dit, bien que le résultat soit frustrant, on avait neuf points de retard à la fin du premier tour et on est revenues à deux longueurs.

 

Sur un plan personnel, comment jugez-vous votre saison ?

J’ai été titulaire durant tout le championnat, alors je suis plutôt contente, même s’il manque un trophée au final.

 

Neunkirch, équipe bâtie essentiellement avec des joueuses étrangères, s’est retiré au terme du dernier championnat, à la suite des accusations de détournement de fonds de son fondateur. Quel est votre avis à propos de cette affaire ?

Les Schaffhousoises ont remporté les deux titres, mais elles ont joué avec des professionnelles, alors que c’est interdit. Ce n’est pas très sportif et, oui, on se sent un peu flouées en ce sens. Cela dit, d’un point de vue purement sportif, on a affronté un adversaire de valeur. C’était une excellente chose de se mesurer à ces filles et, au final, quand on est sur le terrain, on ne pense pas à ce genre de choses.

 

En tant que Nord-Vaudoise, on imagine que le maintien en LNA d’Yverdon Féminin vous a particulièrement fait plaisir.

C’est une excellente chose d’avoir une équipe romande dans l’élite, et je ne dis pas ça parce que mon papa en est l’entraîneur ! Aux yeux des Suisses-Allemandes, c’est toujours très spécial de venir jouer à Yverdon, au Stade Municipal, face à un adversaire dont elles redoutent la combativité. Malheureusement, avec la LNA à huit, l’est du pays -la région saint-galloise- ne sera plus représenté en LNA. C’est dommage pour la diversité.

 

Pour en venir à l’équipe de Suisse, vous venez de vous réunir avant le match perdu 4-0 contre l’Angleterre, samedi dernier. Pensiez-vous que cela allait être si dur ?

On ne s’attendait pas à être autant dominées, non, même si on alignait beaucoup de jeunes. Les Anglaises étaient très fortes et rapides. Elles ne nous ont jamais laissé construire notre jeu. On espère que ce soit une bonne leçon pour l’Euro.

 

Vous avez été appelée à chaque réunion de l’équipe nationale cette saison. Savez-vous si vous serez à l’Euro ?

Oui, les 21 premières sélectionnées (ndlr : il y en aura 23) ont été annoncées dimanche dernier, à Macolin, et j’en fais partie. C’est un rêve qui se concrétise.

 

Depuis quand pensez-vous à cette échéance ?

Les événements se sont enchaînés cette saison, alors, hormis lors des réunions avec l’équipe de Suisse, j’étais vraiment concentrée sur les objectifs en club. A présent, ça fait du bien de faire une coupure, de passer deux semaines avec ma famille et mes amis, pour être prête à commencer la préparation pour l’Euro.

 

A quoi vous attendez-vous aux Pays-Bas ?

C’est un pays de foot, pour celui des filles aussi. On y a disputé le tournoi qualificatif pour les JO. Les stades étaient bien remplis, et même plein quand on a affronté la Hollande. J’en garde d’excellents souvenirs.

 

Quel sera l’objectif de la Suisse à l’Euro ?

En premier lieu, d’atteindre les quarts de finale. Dans l’idéal, on aimerait gagner nos deux premiers matches, pour pouvoir affronter ensuite la France sans pression. Mais l’Islande est une équipe robuste, contre laquelle il faudra répondre physiquement, et l’Autriche est un peu comme nous, avec plusieurs joueuses qui évoluent en Bundesliga.

 

Pensez-vous avoir du temps de jeu à l’Euro ?

Ce sera compliqué. Au milieu, on est six filles qui peuvent évoluer dans les trois positions centrales, notamment Lia Wälti, véritable coeur de l’équipe. Mais je serai prête à chaque match, si je me retrouve sur le terrain.

 

Un premier Euro pour les Suissesses

 

L’équipe de Suisse féminine de football (16e mondiale au classement FIFA) participera pour la première fois de son histoire à un Euro, cet été, après avoir outrageusement dominé son groupe de qualification. Le tournoi, qui réunira seize nations, aura lieu du 16 juillet au 6 août aux Pays-Bas. Les joueuses de Martina Voss-Tecklenburg évolueront dans le groupe C avec l’Autriche (24e), l’Islande (18e) et la France (3e). Les deux premières seront qualifiées pour les quarts de finale.

Les sélectionnées se réuniront le lundi 26 juin à Macolin, pour deux semaines de préparation, avant de rejoindre la région zurichoise, puis de s’envoler pour les Pays-Bas le 13 juillet. Sur place, elles disputeront leurs matches à Deventer (mardi 18 juillet, à 18h, contre l’Autriche), à Doetinchem (samedi 22 juillet, à 18h, contre l’Islande) et à Breda (mercredi 26 juillet, à 20h45, contre la France). Des rencontres diffusées à la TV.

Manuel Gremion