Logo

«C’est ici que je vais gagner contre la maladie»

1 février 2018 | Edition N°2176

Yverdon-les-Bains – A 40 ans, Antonella Caruso souffre d’un cancer du sein, mais elle ne veut surtout pas se laisser abattre. L’Yverdonnoise organise une soirée techno aux Citrons masqués, en faveur de la Ligue vaudoise contre le cancer.

Le 23 décembre 2016, le monde d’Antonella Caruso s’écroule. Son médecin lui diagnostique un cancer du sein invasif de stade 3, sur une échelle qui en comporte quatre. Pour l’Yverdonnoise, une femme de 39 ans dynamique, sportive et à la vie sociale bien remplie, le sentiment qui prévaut, à ce moment-là, c’est la solitude.

«Les gens s’éloignent lorsqu’on est malade. Maintenant, je suis entourée de peu de personnes, mais leur soutien est important.»

Un peu plus d’un an après le diagnostic, le crabe -en latin le mot cancer désigne cet animal- dévore toujours le corps d’Antonella Caruso, qui raconte les débuts de sa maladie avec émotion.

Antonella Caruso. © Michel Duperrex

Antonella Caruso. © Michel Duperrex

«J’ai subi une mastectomie (ndlr: l’enlèvement chirurgical d’un sein) en janvier 2017, mais je ne me sens pas plus différente qu’avant, je suis toujours une femme», souligne-t-elle haut et fort. L’année de ses 40 ans, les médecins lui enlèvent également des ganglions lymphatiques atteints par des cellules cancéreuses.

En plus de ces interventions chirurgicales, elle suit plusieurs traitements, dont des séances intenses de chimiothérapie.

Pourtant, même si elle est encore malade aujourd’hui, Antonella Caruso refuse que le crabe prenne le dessus et remporte la lutte. «C’est à Yverdon-les-Bains que j’ai perdu mes cheveux, dans cette ville que j’ai combattu contre la maladie et c’est ici que je vais gagner.»

Le duel le plus compliqué

Cette phrase en dit long sur la force intérieure et le courage de la vice-championne italienne 2013 de kung-fu Shaolin, un art-martial chinois créé dans un monastère, et qu’elle a pratiqué pendant des années.

Après avoir remporté plusieurs combats dans le cadre de son activité sportive, elle se livre actuellement au duel le plus compliqué de sa vie. Une lutte que son père a perdue il y a quatre ans, et que sa mère, qui souffre d’un cancer de la gorge, mène en même temps qu’elle.

Née à Sainte-Croix, Antonella Caruso a beaucoup voyagé, avant de s’installer à Yverdon-les-Bains, il y a quatre ans. Passionnée de musique, en particulier de techno, elle a travaillé dans l’événementiel, et a organisé plusieurs manifestations liées à ce style musical en Suisse.

La techno du cœur

La soirée, qui aura lieu aux Citrons Masqués, le vendredi 9 février (lire encadré ci-dessous), proposera, un nouveau style: la techno du cœur. «La musique touche tout le monde. J’ai envie d’amener les Yverdonnois à réfléchir, mais aussi de remercier la région pour ses très bonnes infrastructures hôspitalières.»

Sur l’affiche qui promeut la «Techno night», on retrouve les deux symboles du cancer du sein: le crabe et le ruban rose. Mais ce qu’Antonella Caruso veut avant tout, c’est que les gens passent un bon moment. «Danser, donnons, gagnons.» Telle est la phrase qui résume l’objectif de cette soirée festive, dont chaque centime des bénéfices sera reversé à la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC).

Même si l’Yverdonnoise a dû être hospitalisée à cause d’une rechute -elle était encore à l’hôpital hier-, elle promet qu’elle sera présente à la soirée qui aura lieu la semaine prochaine. «Je viendrai coûte que coûte, même s’il faut que je sois en chaise roulante.»

 

Une «Techno night» aux Citrons Masqués

Soirée pour la bonne cause

Plusieurs DJs locaux seront au rendez-vous le vendredi 9 février, aux Citrons Masqués, à Yverdon-les-Bains, pour des sets techno qui feront danser les participants jusqu’au bout de la nuit.

Antonella Caruso, initiatrice et organisatrice principale de cette soirée en faveur de la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC), espère que le public viendra nombreux, pour la bonne cause. G. Aa n

«All together event – Techno night», le 9 février de 21h à 5h, aux Citrons Masqués.

Entrée: 20 francs. Vestiaire: 2 francs. Interdit aux moins de 18 ans. Possibilité de faire des dons en faveur de la LVC.

 

Gianluca Agosta