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Chemins croisés, destin commun

12 avril 2017 | Edition N°1976

Athlétisme – Après un début de carrière côte à côte à l’USY Athlétisme, Grégory Wyss et Sullivan Brunet ont pris des chemins de vie différents. Quinze ans après leurs premiers tours de piste, les deux athlètes se sont retrouvés et s’entraînent à nouveau ensemble, à Lausanne. Souvenirs, ambitions et vie privée, ils se livrent.

A la Pontaise, Grégory Wyss (à g.) et Sullivan Brunet courent à nouveau côte à côte. ©Michel Duperrex

A la Pontaise, Grégory Wyss (à g.) et Sullivan Brunet courent à nouveau côte à côte.

C’est l’histoire de deux jeunes hommes qui ne se sont jamais perdus de vue. La comptine de deux athlètes, dont les chemins n’ont cessé de se croiser pour, aujourd’hui, se rejoindre.

Sullivan Brunet, 29 ans, et Grégory Wyss, 28 ans, ont tous deux fait leurs premiers pas en athlétisme à Yverdon, sous les couleurs de l’USY, il y a presque 15 ans. Prédisposés depuis tout jeune à performer sur de longues distances, les deux athlètes se sont respectivement spécialisés sur 1500 m et 3000 m. A la clé : un titre de champion de Suisse en catégorie cadet A pour Grégory Wyss et une place de vice-champion national chez les juniors pour Sullivan Brunet. Ils ont, finalement, participé aux Championnats d’Europe de Cross en 2007, à Toro, en Espagne.

Après plusieurs années à fouler la piste, les deux jeunes hommes sont arrivés à un croisement de leur vie. «En 2013, je suis rentré à l’école latine des sapeurs-pompiers à Versoix. A ce moment-là, j’ai arrêté de courir. Mon travail me prenait trop de temps, ça devenait compliqué», explique Sullivan Brunet. «J’ai aussi arrêté pendant quelques années, renchérit Grégory Wyss. Je travaillais comme sous-chef à l’Hôtel de Ville de Crissier, chez Philippe- Rochat. Ce métier est aussi du sport à haut niveau. Je n’avais plus besoin de courir pour garder la forme.»

Mais pas question pour ces amoureux de la course à pied de tirer leur révérence. Dès lors que leur vie professionnelle le permit, ils ont rechaussé leurs baskets. Avec, cette fois, pour objectif les courses sur route, du 10 kilomètres au semi-marathon.

 

Progresser côte à côte

 

Si Grégory Wyss n’a jamais fait faux bon au club yverdonnois, Sullivan Brunet a été contraint de trouver une structure plus proche de son lieu de travail, dans la Cité de Calvin. «Lorsque j’ai recommencé à courir, je me suis entraîné avec Marco Jäger, entraîneur au Stade Genève.» En 2016, suite à un pari avec des collègues de travail, il s’est fixé comme objectif de préparer un marathon. «Ça n’a pas abouti, j’ai alors fait mon premier semi-marathon pour emmagasiner le plus d’expérience possible, raconte l’ancien sociétaire de l’USY. Mais mon but principal reste de descendre sous les 30 minutes sur 10 kilomètres.»

Quant à Grégory Wyss, son objectif est le même : «Je fais à peu de choses près le même plan d’entraînement que Sullivan. Il y a trois ans, j’ai repris l’entraînement au côté de Zouhair Oumoussa (ndlr : un coureur français qui vit à Lausanne). Puis, Sullivan et un autre athlète, Miguel Alueva, nous ont rejoint. On s’entraîne à Lausanne. En termes de progression, on a franchi un cap cette année.»

 

Des activités conciliables

 

Dans le sport comme dans la vie, les deux amis sont pour ainsi dire inséparables. «Grégory s’est marié il y a une semaine. J’étais son témoin», sourit Sullivan Brunet. Menant de front leur activité professionnelle et la compétition, les deux mordus de course à pied ont une vie à mille à l’heure. Le sport constitue leur équilibre. «Je n’ai jamais pensé à diminuer mon pourcentage de travail, confie Grégory Wyss. Car pour garder mon équilibre, je dois être bien au boulot, à la maison, et dans le sport. Je serai tout aussi content de faire 29’30 sur 10 kilomètres en continuant de travailler à côté, que 28’00 sans aucune activité annexe. Je vais également bientôt être papa et ouvrir une boulangerie à Yverdon Des éléments qui ne sont pas propices aux excès.» Sullivan Brunet ajoute : «Pour diminuer mon pourcentage de travail, il faut que le niveau le permette. Ce n’est pas le cas.»

Tous deux confrontés à des horaires irréguliers, ils s’accordent sur un point : le plus difficile reste de travailler la nuit. A un certain niveau de performance, la récupération reste primordiale. «Malgré le boulot, on arrive à s’entraîner six fois par semaine. On essaie d’aller chez le masseur le plus souvent possible, mais ça demande une certaine organisation», commente Grégory Wyss.

Dans dix jours, les deux athlètes seront au départ des 10 kilomètres de Lausanne. Avec une seule idée en tête : la gagne. Et ce, malgré la densité de la concurrence. Et si l’un venait à remporter cette course et pas l’autre ? «Ce sera de bonne guerre», sourit Sullivan Brunet.

 

Carte d’identité de Grégory Wyss

 

1989 naissance

2006 remporte le titre de champion de Suisse sur 3000 m, en catégorie cadet A. La même année, il termine un apprentissage de boulanger-pâtissier.

2007 vice-champion de Suisse sur 5000 m et qualification pour les Championnats d’Europe de cross, en Espagne.

2010 est engagé comme cuisinier à l’Hôtel de Ville de Crissier, sous la houlette de Philippe Rochat. Il met sa carrière sportive entre parenthèses.

2015 reprise de la compétition. L’année suivante, il boucle les 10 km du marathon de Lausanne en 30’45.

2017 ouvre une boulangerie- chocolaterie à Yverdon.

Dix ans après sa première participation, il vise une place aux Championnats d’Europe de cross, en décembre, à Samorín (Slovaquie).

 

Carte d’identité de Sullivan Brunet

 

1988 naissance

2007 vice-champion de Suisse sur 1500 m et première participation aux Championnats d’Europe de cross, en Espagne. La même année, il termine un apprentissage de ferblantier.

2013 Il met sa carrière entre parenthèses et suit une formation à l’école latine des sapeurs-pompiers de Versoix (GE).

2014 Reprise de la course à pied, mais subit de nombreuses blessures.

2015 court pour la première fois un semi-marathon, à Sarnen (OW), lors des Championnats de Suisse.

2016 participe aux 10 km de Berlin. 2017 prend part au semi- marathon de Milan. Dix ans après sa première participation, il vise également une place aux Championnats d’Europe de cross, en décembre, à Samorín (Slovaquie).

Joëlle Golay

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Rédaction