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Les Combiers livrent leurs sobriquets

23 février 2018 | Edition N°2192

La Bibliothèque du Sentier a recueilli près de 1000 sobriquets à la Vallée, qu’elle publie dans un ouvrage. De nombreux habitants étaient présents lors du vernissage du livre, samedi dernier au Musée du Vacherin Mont-d’Or.

«Bichon», «Big-Moustaches», «Bijou» «Chat maigre», «Décroche-marmites», «Papelet», «Pèdzoille», «Pinson», «Piquette», «Riquet», «Six-sous», «Yodzet» ou «Zouzou» sont autant de sobriquets qui font le charme des Combiers.

«Lorsque je suis arrivée à la Vallée, je ne comprenais pas pourquoi les habitants ne s’appelaient pas par leurs noms et prénoms, glisse Elisabeth Meylan. J’ai trouvé qu’il y avait une forme de poésie dans le fait d’interpeller quelqu’un par Miquet, P’tit Loup ou Loin-du-Ciel». Curieuse de découvrir la signification qui se cachait derrière ces sobriquets, la Suisse alémanique a décidé de se lancer un défi: rassembler les surnoms qui fourmillent d’un bout à l’autre du lac de Joux.

En octobre 2016, alors qu’elle travaillait au sein de la Bibliothèque du Sentier, elle a fait appel à Claude Karlen, un mécanicien à la retraite passionné par l’histoire combière pour dénicher les 1000 sobriquets les plus beaux, les plus drôles et les plus farfelus.

Et Claude Karlen s’est piqué au jeu. Depuis longtemps, les patronymes de la région sont portés par de nombreuses familles, parmi lesquelles figurent les Aubert, les Audemars, les Golay, les Guignard, les Lecoultre, les Meylan, les Piguet et les Rochat. «Aux Charbonnières, par exemple, on comptait jusqu’à la fin du XVIIe siècle, presque uniquement des Rochat. Il a fallu les différencier, d’où l’émergence des sobriquets», explique le Combier. Afin de les collecter, une vingtaine de personnes ont accepté de l’aider. «J’ai rencontré beaucoup de gens âgés qui avaient conservé des listes complètes de sobriquets, poursuit-il. Toutefois, certains d’entre eux ont refusé qu’ils paraissent dans ces pages, car ils les jugeaient infâmes.»

On ne peut s’empêcher de sourire à la lecture de certains surnoms comme «Péteux», «Pétole», «Cul jaune», «Zizi», «Cacapèdze», «Coucouille», «Cul-de-plomb», «Pipi», «Fesse», «Culotte» ou encore «Gratte à cul».

Au final, ce livre est un bel hommage à l’histoire combière et devrait plaire aux habitants de la Vallée, mais aussi à ceux d’autres contrées. Soutenu par la Fondation Jan Michalski et la Fondation Paul-Edouard Piguet, ce petit ouvrage est parsemé d’humour et de tendresse.

Valérie Beauverd