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Coop s’apprête à nicher chez les Corbeaux

10 avril 2017 | Edition N°1973

Chavornay – Le géant de l’alimentaire bâlois souhaite s’installer en face de la gare du village. Le projet est mis à l’enquête.

Avec l’augmentation de la population, l’implantation de Coop sonne comme une évidence pour Christian Kunze, syndic de la Commune de Chavornay. ©Michel Duperrex

Avec l’augmentation de la population, l’implantation de Coop sonne comme une évidence pour Christian Kunze, syndic de la Commune de Chavornay.

Les Chavornaysans vont accueillir un nouveau commerce, puisque Coop prévoit de louer une surface commerciale dans l’immeuble qui sera construit sur le lieu-dit Les Moellettes, à moins de cinquante mètres de la gare, d’ici fin 2018.

En effet, les propriétaires de la parcelle de 2614m2 envisagent de démolir l’ancienne ferme Carrel et le hangar attenant qui a servi, pendant de nombreuses années, de dépôt pour les chars et autres machines agricoles des paysans du village. Les deux bâtiments en ruine seront remplacés par un immeuble moderne d’une surface de 879m2 au sol. Le projet, déposé au greffe municipal jusqu’au 30 avril prochain, prévoit la construction d’un immeuble à usage mixte avec 37 logements, un parking souterrain de 572m2 pouvant accueillir 40 voitures -24 places extérieures seront également aménagées-, un abri de protection civile, ainsi qu’une surface commerciale.

 

Un manque de commerces

 

Selon le syndic de la Commune, Christian Kunze, c’est le minimum qu’on peut offrir à la population. «Notre village souffre d’une insuffisance notoire de commerces, constate l’édile (ndlr : la dernière boucherie a mis la clé sous la porte il y a quelques années). Pour éviter de se muer en cité-dortoir, il est important de développer l’offre commerciale pour les journaliers.»

Grâce à la fusion avec Corcelles-sur-Chavornay et Essert-Pittet, la Commune compte désormais plus de 4800 âmes. «Si on y ajoute les Bavoisans qui viennent s’approvisionner dans nos commerces, on atteint un bassin de population de 6000 habitants, poursuit-il. Et de comparer avec la Commune d’Yvonand, qui comprend plusieurs commerces pour un nombre de résidents inférieur à celui de Chavornay.

 

Une concurrence nécessaire

 

L’ancienne ferme et le hangar attenant seront bientôt démolis. ©Michel Duperrex

L’ancienne ferme et le hangar attenant seront bientôt démolis.

Quant aux Corbeaux interrogés, ils reconnaissent la nécessité d’une telle implantation. «Il faut de la concurrence et les gens veulent du choix», affirme Odile Malherbe, qui a pris l’habitude de faire ses emplettes au village. «C’est plutôt une bonne nouvelle, ça nous évitera de nous rendre en voiture à Orbe», renchérit l’une de ses voisines.

Sis au cœur du village, le géant orange ne concurrencera-t-il pas la succursale Denner, située près du giratoire? Coop n’a pas encore répondu à cette question. «C’est de bonne guerre, révèle en revanche Thomas Kaderli, porte-parole de Denner à Zurich, dont l’entreprise compte 800 succursales sur le territoire helvétique. Nous proposons un assortiment différent de notre concurrent. Leur implantation peut être bénéfique pour nous, car cela draine plus de clientèle.»

 

Un mur qui divise déjà

 

Le crédit d’étude, d’un montant de 230 000 francs, en vue de l’assainissement contre le bruit de la route de Corcelles a été accepté par une large majorité, lors du Conseil communal de Chavornay, jeudi dernier. Sur la base d’une étude mandatée par la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR), la Municipalité envisage de réaliser des mesures concrètes contre les nuisances sonores. L’installation d’un mur anti-bruit sur la RC 293 reste l’option privilégiée. Cependant, certains conseillers municipaux craignent qu’un tel dispositif ne scinde le village en deux. «On pourrait aménager un revêtement en béton qui absorbe le bruit, comme c’est le cas en ville de Genève», a lancé la conseillère communale Carine Leubaz (UDC), devant l’assemblée. Le syndic, Christian Kunze, a indiqué que des tests avaient été effectués et que ce dispositif ne convenait pas pour une route en pente comme celle de Corcelles.

Valérie Beauverd