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Danilo Wyss: «Il s’agit d’un nouveau départ pour moi»

4 janvier 2019 | Edition N°2407

Après onze années passées sous les couleurs de l’équipe BMC, l’Urbigène roule désormais pour la formation sud-africaine Dimension Data. Avec qui le trentenaire bénéficiera de plus de libertés.

La nouvelle année a commencé. Danilo Wyss a pu ranger ses vêtements aux couleurs de BMC au fond du placard et mettre ceux de Dimension Data au sommet de la pile. Désormais, et pour au moins deux années, c’est en vert et blanc que le cycliste urbigène de 33 ans roulera. Un sacré changement, après onze années passées au sein de sa précédente formation, avec qui il a tout vécu. Rencontre.

Danilo, êtes-vous quelqu’un qui apprécie ou, au contraire, qui craint la nouveauté?

Du point de vue de ma carrière sportive, c’est difficile de juger, puisque c’est véritablement la première fois que je change d’équipe au plus haut niveau. Mais je suis content de cela, car ça faisait tout de même un sacré moment que j’étais dans la même structure. C’est un nouveau départ, ce qui n’est pas plus mal. Et les premières impressions sont très bonnes. Tout est bien réglé, mais les choses se passent de manière plus détendue que cela ne pouvait l’être chez BMC. Sur un plan personnel, je suis quelqu’un de très organisé. J’aime savoir où je vais. En ce sens, tout le printemps dernier, avec les incertitudes liées à la reprise de ma précédente équipe, ça n’a pas été évident à gérer.

D’un coup, après onze années de routine, cela doit faire beaucoup de changements à digérer.

Concrètement, chaque automne, pour préparer la saison suivante, je retournais dans le même hôtel, dans la même salle de réunion, sur les mêmes routes d’entraînement avec, à peu de choses près, les mêmes coéquipiers. Et là, en me rendant en Afrique du Sud fin novembre, je me suis retrouvé avec plus de cinquante personnes que je ne connaissais pas. Mais une fois encore, tout s’est parfaitement déroulé.

Il n’y a pas que les coureurs qui changent, mais aussi le staff, les soigneurs, les cuisiniers, les confidents…

Je vais devoir apprendre à travailler avec tous ces gens. Je suis habitué à voir régulièrement de nouveaux visages, mais là, ils ont tous changé d’un coup. Cela dit, j’ai côtoyé plusieurs de mes nouveaux coéquipiers dans le peloton. Ce qui change passablement, c’est de ne plus être en relation avec mon entraîneur habituel, même si j’ai gardé contact. Cela dit, avec mon expérience, je sais tout à fait ce dont j’ai besoin et comment me préparer.

Durant cette fin d’année 2018, lors des rencontres d’avant-saison, qu’est-ce qu’il y a eu de neuf?

On a d’abord eu une semaine de meeting en Afrique du Sud, durant laquelle on a pris pas mal de temps pour les sponsors, bien qu’on ait pu rouler ensemble. Puis, en décembre, on était assez libres, ce qui change de la planification qui prévalait chez BMC, avec qui on avait un premier stage tous ensemble avant Noël. Néanmoins, sous l’impulsion de Roman Kreuziger, qui a annoncé se rendre aux Canaries pour se préparer au chaud, on s’est finalement retrouvé à une dizaine de membres de Dimension Data là-bas. C’était vraiment bien de pouvoir être réunis durant dix jours, alors qu’on n’était officiellement pas encore coéquipiers. J’ai ainsi pu un peu mieux connaître certains et me souvenir du caractère très affirmé de Mark Cavendish, avec qui il m’est déjà arrivé de m’entraîner par le passé.

Compte tenu de la fin de l’aventure de BMC Racing Team – équipe devenue désormais CCC –, vous avez préféré changer d’horizon. Avez-vous dû pour autant faire des concessions?

C’est plutôt le contraire, puisque mon statut a plutôt évolué dans le sens inverse dans ma nouvelle équipe. Provenir d’une grande formation me donne un peu plus de poids.

Quelles raisons vous ont poussé à vous engager avec Dimension Data plutôt qu’une autre équipe?

J’avais en tout cas une autre offre sur le World Tour, mais Dimension Data m’offrait les meilleures conditions. Notamment parce que l’équipe roule, depuis cette saison, avec des vélos BMC. Il était important pour moi de continuer avec du matériel connu. C’est d’ailleurs par l’entremise de BMC que les contacts avec Dimension Data – qui profite ainsi d’un coureur habitué à la marque – ont été pris. Il y aussi le côté humain et très ouvert de Dimension Data qui m’a plu: Au travers d’une association, l’équipe fait don de vélos à des écoliers. On a d’ailleurs passé une journée à en distribuer dans un bidonville sud-africain. Ça a été une belle expérience.

Vous passez, par contre, d’une structure qui avait un pied en Suisse à une autre complètement étrangère.

Oui, mais pour la marque de vélos BMC, la suite s’appelle désormais Dimension Data. Le côté suisse arrive, tout comme pour les équipements de la marque Assos. Dans les faits, l’équipe BMC était très multiculturelle, alors que Dimension Data est avant tout anglophone.

Comment envisagez-vous la nouvelle saison qui commence?

Je vais démarrer par une course en Argentine à fin janvier. Je me réjouis, car je n’ai encore jamais couru en Amérique du Sud, comme je n’avais d’ailleurs jamais vu l’Afrique du Sud avant le meeting d’avant-saison. Ensuite, la première partie de la saison va ressembler à celle de 2018 pour moi, avec le Tour de Catalogne, celui du Pays Basque, puis celui de Romandie au printemps. Personnellement, je suis en bonne condition. Je vais partir m’entraîner en Espagne le 10 janvier avec l’équipe, puis on se rendra en Argentine.  Je suis impatient de voir réellement comment cela va se passer en course sous mes nouvelles couleurs.

Quel rôle allez-vous endosser?

Ce qui va changer par rapport à BMC, c’est que Dimension Data a véritablement plus un effectif de sprinters. Plus que des tours, on visera essentiellement des étapes. D’ailleurs, le groupe qui se rendra en Argentine sera plutôt articulé autour de Mark Cavendish. En ce qui me concerne, j’aurai certainement plus de libertés que je n’en ai eues auparavant, dans le sens où je ne serai pas directement intégré dans le train du Britannique.

Manuel Gremion