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Dans l’objectif d’un baroudeur

14 juin 2019 | Edition N°2518

Pomy – Pascal Bärtschi a bouclé, en 2018, un tour du monde à vélo qui a duré six ans. Il en a tiré un livre ainsi qu’un documentaire, qui sera diffusé le 20 juin à la salle polyvalente.

«En vivant ce genre d’expérience, on apprend à se détacher du superflu. Par exemple, je tenais beaucoup à mon stylo. Autant qu’à ma tente. Tout a de l’importance.» Pascal Bärtschi a passé six ans, sur son vélo, à découvrir le monde. Cet électricien de formation né à Payerne a parcouru 109 000 kilomètres, traversé six continents, 59 pays, et subi des dizaines de crevaisons. Pour réaliser son rêve, il a économisé et acheté une vieille maison «pour trois fois rien», à Lucens, qu’il a totalement rénovée, et qu’il a ensuite proposée à la location afin de s’assurer une rentrée d’argent de 500 francs par mois. Suffisant pour vivre.

Après avoir traversé plusieurs pays asiatiques, Pascal Bärtschi s’est rendu en Indonésie, puis en Australie. La suite? L’Alaska, le Canada, les États-Unis, ou encore l’Amérique du Sud. Puis l’Afrique – son deux-roues y a été piétiné par un éléphant – pour enfin revenir à Lucens, en août 2018, où il a été accueilli en véritable héros. À son retour, il a décidé d’interrompre toute activité professionnelle pour partager son expérience avec les gens et faire la promotion de son livre et de son documentaire.

Trente kilos de bagages

C’est en tombant sur l’histoire d’un Danois de 25 ans qui avait parcouru le monde à vélo qu’il a commencé à concevoir son projet. Deux ans avant son départ, il s’est mis à y réfléchir: «J’ai acheté une carte et j’ai collé des autocollants sur les destinations que je voulais voir. Après, j’ai tout relié avec des traits», se souvient l’aventurier de 38 ans. Pascal Bärtschi s’était fixé un objectif: partir – et revenir – directement de Lucens, son village. De là, le voyageur avait la possibilité de débuter son aventure par l’Asie ou l’Afrique. Il a choisi la première option, car la seconde «était plus difficile», selon lui. Il a donc quitté la Suisse avec son vélo, et 30 kilos de bagages: «J’avais ma vie dans mes sacoches. Ma cuisine, ma chambre à coucher, mes vêtements, ma trousse de secours, mon garage…» Préparer ses affaires pour ce genre de périple n’est d’ailleurs pas chose aisée: «Il faut des vêtements mixtes. On ne peut pas partir avec une grosse veste ou un gros sac de couchage. C’est trop lourd.»

Une seule fois malade

Pour Pascal Bärtschi, la première semaine a été terrible: «J’avais des douleurs partout. Je dormais très mal sous tente et je me méfiais des bruits de l’extérieur. Je me suis même demandé quelle connerie j’avais faite en partant.» Et puis, le camping en pleine nature est devenu un rituel, et son corps a fini par s’habituer à ce nouveau mode de vie. L’aventurier a toutefois buté sur un problème de taille, durant ses années de voyage: l’approvisionnement en eau. «Je devais y penser tous les jours, tout le temps. En Europe, il y a des villes tous les cinq kilomètres. Mais ailleurs, je devais le prévoir à l’avance, parfois pour plusieurs jours de suite. C’est ce qui m’a le plus fatigué», admet-il.

En six ans, il n’a été malade qu’une seule et unique fois. «C’était en Alaska. J’ai bu dans un ruisseau et il devait y avoir un parasite, à cause des  défécations d’animaux. Et plus loin, il y avait une petite mine d’or, qui a peut-être aussi contaminé l’eau.» L’aventurier a très peu utilisé sa petite trousse de secours, si ce n’est à la suite de quelques chutes, pour y dénicher du désinfectant  et des sparadraps. Et de temps en temps, de l’aspirine. «Quand tu vis ce genre d’expérience, ton corps s’immunise petit à petit. Je mangeais par terre, je ne prenais pas souvent de douche, et je ne me lavais pas les mains tous les jours. De plus, j’avais une activité physique régulière, et je mangeais sainement. Et puis, je n’étais pas en contact avec des microbes, comme on pourrait l’être ici, dans un bureau», explique-t-il.

Une générosité universelle

Durant tout son périple, Pascal Bärtschi a été accueilli à bras ouverts. «Le monde n’est pas aussi mauvais que ce que l’on nous montre», souligne-t-il. Il a d’ailleurs une petite anecdote pour illustrer cette grande générosité. Alors qu’il se trouvait en Afrique du Sud, au Lesotho – un pays de haute altitude –  il s’est retrouvé bloqué par la neige. «Je n’avais jamais pensé qu’il pouvait neiger en Afrique, raconte-t-il. Je n’étais pas préparé!» Pascal Bärtschi a été contraint de dormir dehors, l’hôtel le plus proche étant onéreux et destiné «aux riches», selon lui. «Les membres du staff, très pauvres, volaient des déjeuners aux clients pour me les apporter. Ils risquaient de perdre leur travail!»

Le Suisse a notamment vécu de beaux moments dans les différentes douanes dans lesquelles il s’est arrêté: «Je passais plus de temps à faire des selfies avec les douaniers qu’à m’occuper des formalités!» Or c’était aussi ça, sa motivation en entreprenant ce voyage: aller à la rencontre des peuples, les comprendre et, surtout, casser les préjugés.

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Projection

Pendant six ans, Pascal Bärtschi a partagé ses expériences sur un blog, grâce à l’ordinateur qu’il avait emporté. Il a également pris des notes dans un carnet de bord, sur lequel il s’est appuyé par la suite pour rédiger son livre. L’aventurier, qui avait prévu de faire de son périple un documentaire, avait également glissé une caméra dans ses bagages. Son film, One world,
one bike, one dream – Un monde, un vélo, un rêve – sera projeté à la salle polyvalente de Pomy, le jeudi 20 juin à 20h. Sur réservation uniquement via l’adresse ptitb80@gmail.com ou au 076 326 16 56.

Kathleen Brosy