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David Chevalier, dans la roue de papa

4 janvier 2017 | Edition N°1905

Motocyclisme – Le pilote de Grandevent vit ses débuts dans le championnat italien. Une trajectoire dans le sillage de celle de son père, José, ancien compétiteur de haut niveau.

Au guidon de sa Yamaha R1, David Chevalier ronge son frein à l’aube de sa deuxième saison en Italie. ©Carole Alkabes

Au guidon de sa Yamaha R1, David Chevalier ronge son frein à l’aube de sa deuxième saison en Italie.

Il est des personnes qui se targuent de vivre à 100 à l’heure, voire 200, pour les plus hyperactives. David Chevalier, lui, dépasse allègrement les 300. Au sens propre comme au figuré. Le motocycliste de Grandevent vient de boucler sa première saison dans le championnat italien à un très prometteur 9e rang. Une trajectoire dans le sillage de celle de son père, José, illustre compétiteur des années 1990.

«Je m’étais donné comme objectif de terminer parmi les quinze premiers. Je suis hyper satisfait», sourit le Nord-Vaudois. Et il a de quoi. Dans un championnat relevé, mettant aux prises quarante-trois concurrents, dont une grande majorité d’Italiens peu enclins à lui faire de cadeaux, le «petit Suisse» a parfaitement tiré son épingle du jeu. Mais en fait, pourquoi avoir opté pour les circuits transalpins ? «J’avais hésité avec le championnat de France, mais j’aurais été contraint de rouler avec une moto de marque française, ce qui aurait été problématique vis-à-vis de mes parents», relève le fils de José Chevalier, qui tient un garage Yamaha dans la Cité thermale.

La passion du pilote de 24 ans pour les deux-roues remonte à bien longtemps, vingt ans pour être précis. «J’avais quatre ans, lorsque je suis monté pour la première fois sur une moto», narre celui qui, durant toute son enfance, a vagabondé dans le garage familial. Les prémisses d’une passion débordante. «A 12 ans, lors de mes débuts sur circuit, je me suis dit : un jour, je ferai comme papa.» Un papa bien connu dans le Nord vaudois, puisqu’il est l’un des seuls représentants de la région à avoir pris part à des courses du championnat du monde d’endurance.

Après avoir fait ses classes au guidon de petites cylindrées, le fiston concourt dans le championnat de Suisse, en 2014. Des débuts en compétition couronnés de succès, puisqu’il monte à deux reprises sur la deuxième marche du podium. «L’année passée, je suis même passé tout près de l’emporter, réussissant douze podiums en autant de courses», explique le pilote Yamaha. Des résultats probants qui l’ont poussé à aller voir plus loin et à se mesurer à plus fort que lui : «Participer au championnat suisse est un bon moyen de débuter la compétition. Mais si tu veux percer, si tu veux viser plus haut, tu es obligé de t’exporter.»

Au guidon de sa Yamaha R1, David Chevalier dépasse allègrement les 300 km/h. «312 km/h, c’est mon record cette saison», corrige le féru de vitesse et d’adrénaline. S’il avoue prendre son pied en disputant des courses aux quatre coins de la Botte, le titulaire d’un CFC de peintre en carrosserie l’admet : ce qu’il aime par-dessus tout, c’est mettre la main dans le cambouis. «J’aime la mécanique, faire d’un engin civil une bête de course. Le tout dans l’atelier de mon papa.»

Le top 5 en ligne de mire

Fort de premiers tours encourageants dans le championnat transalpin, le Nord-Vaudois abordera sa deuxième saison dans l’élite italienne avec des ambitions revues à la hausse. «Je vise le top 5, mais ça ne va pas être simple, commente le pilote. Parmi les concurrents, il y a d’anciens coureurs de Coupe du monde.» La Coupe du monde, il y pense, justement. Dans un avenir lointain : «Il s’agira d’abord de passer par la case du Championnat d’Europe et d’y faire mon nid, ce qui ne sera déjà pas une mince affaire.»

Comme souvent dans le sport, et c’est peut-être encore plus vrai en moto, l’argent est le nerf de la guerre. «Une saison me coûte près de 100 000 francs, relate David Chevalier. Je paie environ un quart de la somme de ma poche. Pour le reste, j’organise un repas de soutien. Je suis aussi aidé par quelques sponsors régionaux.» Au vu de l’abnégation du jeune prodige, il y a fort à parier que l’enfant du pays n’a pas fini de porter haut les couleurs nord-vaudoises sur les podiums italiens.

Le repas de soutien à David Chevalier se tiendra le samedi 25 février prochain, à Grandson. Inscriptions sur : davidchevalier@hotmail.ch.

Simon Gabioud