Logo

«Depuis lundi, la pression redescend lentement»

5 juillet 2018 | Edition N°2282

Yverdon-les-Bains – Pascal Gafner a transmis les clés de l’Hôtel de Ville, en début de semaine. Le président sortant du Conseil communal revient sur une année marathon.

Il a dénoué sa cravate et chaussé ses lunettes de soleil, prêt à mettre le cap sur le sud de la France pour deux semaines de vacances. Cette fois ça y est, Pascal Gafner, 35 ans, a rendu son costume de président du Conseil communal, après une année marathon qui l’a vu enchaîner 144 représentations, six visites à des nonagénaires, neuf séances de l’organe délibérant et onze autres avec le Bureau.

Durant douze mois, il a couru d’un bout à l’autre de la ville et pourtant, il a dû lâcher la course à pied, les entraînements étant devenus inconciliables avec son agenda. Et il se l’est promis: maintenant qu’il a transmis les rênes à Catherine Carp, nouvelle première citoyenne de la Ville, le président de l’Union sportive yverdonnoise va se remettre à l’exercice.

«C’est le monsieur qu’on voit à la télé?»

«Depuis lundi, la pression redescend lentement», confie l’intéressé, que les badauds continuent pourtant d’identifier comme l’homme qui a présidé les débats du Conseil communal durant un an. «C’est le monsieur qu’on voit à la télévision?», s’interrogeait une femme, hier matin, alors que Pascal Gafner se prêtait au jeu des photos, à proximité du Jardin japonais.

C’est certain, la fonction l’a exposé, parfois bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer. «C’est un engagement de tous les jours. Quand vous sortez faire vos courses, les gens vous interpellent, confie-t-il. Il faut être prêt à répondre et à prendre la parole pour représenter les autorités politiques.» Et d’ajouter: «Vous devez faire très attention à votre comportement. Vous ne vous rendez pas compte que les gens vous observent tant qu’on ne vous le dit pas!»

De ces 365 jours, Pascal Gafner a gardé des souvenirs forts: la présentation de la nouvelle conseillère d’Etat Cesla Amarelle à la population yverdonnoise – «ça n’était plus arrivé depuis vingt-cinq ans» – la pose de la première pierre du collège des Rives, et tant d’autres encore. Surtout, il a plongé dans cette année présidentielle avec La Schubertiade, et il l’a bouclée avec la 29e Fête romande des yodleurs, le week-end dernier: «Faire le cortège avec les yodleurs, c’est quelque chose d’incroyable!»

De l’art de savoir improviser

Avec 144 représentations au compteur, le désormais ex-premier citoyen de la Ville a également exercé son art oratoire. «Il ne faut pas avoir peur de la page blanche», sourit-il. Et surtout prendre le temps de se renseigner, en amont, sur son futur auditoire. Même si les choses ne se sont pas toujours passées comme prévu: «Le plus difficile, c’est quand vous préparez un discours et que vous vous rendez compte que ça ne va pas jouer avec le contexte. Il faut improviser et parler avec ses connaissances et son cœur.»

Pas question d’improviser, toutefois, en sa qualité de président du Conseil communal. Lorsque le recours sur la salle Pestalozzi est tombé, Pascal Gafner a donc embarqué les 200 pages du dossier pour son week-end en amoureux à Nice: «J’avais une semaine pour en prendre connaissance», se souvient-il. Mais la fonction lui a permis, en revanche, de prendre du recul par rapport aux débats: «Je m’étais fixé de ne pas prendre position sur les objets.» Il a pourtant eu chaud, en mars dernier, lorsqu’il a cru un instant qu’il pourrait être amené à trancher sur un point de l’ordre du jour, qui s’est joué à deux voix près lors du vote: «Quand j’ai vu que c’était serré, je me suis mis à réfléchir. Mais je n’avais pas tranché.» Si le cas s’était présenté, le bon sens l’aurait emporté: «J’aurais pris en considération ce que cela aurait apporté ou non aux citoyens.»

Du temps pour lui

Désormais, Pascal Gafner va continuer de dispenser ses conseils techniques en arts graphiques pour le compte de l’entreprise Artgraphic Cavin, à Grandson, ses 20% présidentiels en moins. Et prendre du temps pour ses proches et notamment pour sa compagne, Morena, qui a été de toutes ses représentations, ou presque: «Partout où je pouvais être accompagné, elle était là. Le président a besoin de soutien, et j’en ai reçu beaucoup de la part de mon amie et du secrétariat.»

 

Caroline Gebhard