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Des photographies plus vraies que nature

25 avril 2018 | Edition N°2233

L’artiste Mario Del Curto évoque les problématiques environnementales, armé de son appareil et d’une passion dévorante pour tout ce qui a trait aux végétaux.

Plusieurs petites photos sont éparpillées sur une grande table blanche. Assez vite, on remarque la thématique qui unit tous ces clichés: l’homme et son rapport avec le monde végétal.

Mais Mario Del Curto ajoute aussi une dimension scientifique à ses projets. «Ces clichés sont inclus dans mon livre sur l’Institut Vavilov», précise le programmateur artistique de la Ferme des Tilleuls – un centre culturel basé à Renens et inauguré l’année dernière –, en oubliant que le nom de ce centre de recherche agronomique est quasi inconnu au-delà des frontières russes.

«Pourtant, Vavilov est aussi important que Darwin pour les chercheurs qui étudient la génétique, affirme le photographe. C’était un génie, il a permis de créer une grande banque de données de semences, encore existante aujourd’hui.»

Mario Del Curto n’a pas fait d’études d’agronomie, ni même de biologie, mais il est très sensible aux questions environnementales depuis son plus jeune âge. «Je rêvais d’être paysan quand j’étais petit», avoue celui qui vit à Sergey.

En 2006, le Nord-Vaudois réfléchit à une exposition sur des jardins utopiques et en parle à son ami Patrick Gyger, l’ancien directeur de la Maison d’Ailleurs. Deux ans plus tard, le projet se concrétise. Peu de temps après, il visite la Réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte souterraine basée sur l’île norvégienne du Spitzberg. C’est le déclic, le triptyque humains-science-végétaux devient alors une évidence et une constante dans l’œuvre de Mario del Curto.

Après avoir sorti ce livre sur l’Institut Vavilov, qu’il a visité en 2010, Mario Del Curto peaufine actuellement «Voyage vers», un ouvrage qui mettra en valeur un travail photographique sur le thème du jardin, qu’il poursuit depuis cinq ans et qui l’a mené sur les routes des cinq continents.

Souvent défini comme un artiste, Mario Del Curto a aussi acquis de précieuses connaissances en agronomie et n’a pas hésité à s’intéresser au site zurichois d’Agroscope pour «Voyage vers».

Mais que pense justement cet amoureux des végétaux de la restructuration annoncée de ce centre national de compétence pour la recherche agricole? «C’est une catastrophe», commente-t-il, conscient qu’il ne peut faire avancer le débat qu’avec son appareil photo.

Gianluca Agosta