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Deux nouveaux visages sous le chapiteau

4 mars 2019 | Edition N°2448

Romainmôtier –  L’association qui gère les Scènes du chapiteau a élu un nouveau comité pour redresser la barque. Car, pour la première fois, les comptes du festival pluridisciplinaire sont passés dans le rouge.

Habitué à être derrière les fourneaux ou à la plonge, Philippe Gervaix devra déposer son tablier pour prendre la casquette de chef. En effet, impliqué dans l’équipe de cuisine depuis cinq ans pour les Scènes du chapiteau, à Romainmôtier, il a été élu président de l’association Champs libres, qui gère le festival pluridisciplinaire, à la fin du mois de janvier. Le professeur de philosophie au Gymnase de Burier, à la Tour-de-Peilz, a réuni samedi le bureau d’organisation, qui comprend les chefs des différents secteurs, pour préparer la dixième édition de la manifestation.

Le festival qui mêle danse, théâtre, musique et gastronomie s’est doté d’un nouveau comité, composé de Vincent Mopin, trésorier (à g.), et de Philippe Gervaix, président. ©

Le festival qui mêle danse, théâtre, musique et gastronomie s’est doté d’un nouveau comité, composé de Vincent Mopin, trésorier (à g.), et de Philippe Gervaix, président. ©Carole Alkabes

Et les responsables ont du pain sur la planche. En effet, l’édition 2018 des Scènes du chapiteau a laissé un trou dans les caisses (lire encadré gris), que Philippe Gervaix et Vincent Mopin, nouveau trésorier, devront tenter de combler. D’après eux, cela passe par un positionnement clair de la manifestation. «On souhaite garder les mêmes bases tout en consolidant les secteurs d’activité», confie le président. Cela signifie qu’il va, avec l’aide de son équipe, consolider l’image «verte» du festival. «Nous aimerions maintenir une ligne cohérente et renforcer au maximum la dimension durable, éthique et sociale.»

Un festival de plus en plus engagé

Côté cuisine, l’équipe devra ainsi redoubler d’efforts pour employer des produits locaux et bio. Au niveau de la programmation, elle misera davantage sur des artistes de musiques actuelles du cru, tout en gardant des têtes d’affiche connues, pour attirer un plus large public.

Le grand défi, qui est aussi la marque de fabrique des Scènes du chapiteau, concerne les infrastructures. «D’ordinaire, on emprunte des chapiteaux, mais notre rêve, c’est d’avoir notre propre tente, aux couleurs du festival, posée sur des armatures en bois, lance, avec des étoiles plein les yeux, Philippe Gervaix. Je ne sais pas si on arrivera à la réaliser cette année, mais on va essayer.»

Par ailleurs, l’association Champs libres collabore chaque année avec l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) et l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO), pour installer les infrastructures. L’occasion d’offrir une expérience professionnelle et un lieu d’intégration à ceux qui en ont besoin. «On va aussi développer ces actions sociales en travaillant, pour la première fois cette année, avec la société civile internationale (ndlr: ensemble d’ONG à but non lucratif qui animent la vie publique et défendent des valeurs). On va ainsi héberger et accueillir des jeunes durant l’été», souligne Philippe Gervaix. Avant de conclure: «Il y a une véritable éthique, une vision durable et sociale autour des Scènes du chapiteau et c’est ce qui m’a séduit en premier lieu et qui me tient à cœur de défendre aujourd’hui.»

 


Une dette d’environ 12 000 francs à éponger avec un souper de soutien

Pour la première fois en dix ans, les Scènes du chapiteau ont bouclé leurs comptes 2018 dans le rouge. Sur un budget global d’environ 150 000 francs, les organisateurs ont enregistré un déficit de près de 12 000 francs. «Un de nos grands sponsors nous a fait défaut en cours de route. La dette que l’on a aujourd’hui correspond au montant qu’il aurait dû nous verser, détaille en toute transparence Vincent Mopin, trésorier. Ce qui nous a contraint à ne pas payer entièrement tous nos fournisseurs. Aujourd’hui, on essaie de négocier cette dette avec eux.» Transformer une créance en sponsoring ou simplement accepter l’étalement des versements: tout est imaginable, selon lui. «Et si un mécène veut s’annoncer, il serait le bienvenu!», lance-t-il joyeusement. Toutefois, le comité compte bien honorer ses dettes et lancer une dixième édition. Pour réussir à sortir la tête de l’eau, il a donc décidé d’organiser un souper de soutien le 9 mars à 18h30, au Théâtre de la Tournelle, à Orbe.

A cette occasion, le président Philippe Gervaix passera à nouveau derrière les fourneaux pour préparer un buffet végétarien, un pot-au-feu traditionnel et une version sans viande, ainsi qu’un café gourmand, pour 80 francs. Des artistes ont également accepté de les aider en montant gratuitement sur scène, à l’image de Primo Tempo, Marc Hunziker et Les Embarcadeuses. De plus, Gerry Oulevay et sa bicyclette à sorbet viendront animer la soirée. Une huitantaine de personnes sont attendues. «Et si cela ne suffit pas à couvrir notre déficit, on recommencera dans trois mois!», assure Vincent Mopin.

 

Christelle Maillard