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District Jura-Nord vaudois solidaire

27 septembre 2017 | Edition N°2089

Yverdon-les-Bains – Le refus nyonnais d’accorder le droit de construire un centre d’accueil à l’EVAM repose la question de la solidarité cantonale.

A Sainte-Croix, le foyer de l’EVAM est situé au centre de la localité. ©Alkabes-a

A Sainte-Croix, le foyer de l’EVAM est situé au centre de la localité.

Alors que le corps électoral de Nyon vient de refuser d’accorder un droit de superficie (DDP) à l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) pour construire un centre d’accueil, le district Jura- Nord vaudois fait plutôt bonne figure dans ce domaine. Yverdon-les-Bains, Sainte-Croix, et Ballaigues, pour ne prendre que les localités qui abritent des foyers -de nombreux requérants sont par ailleurs répartis dans des appartements dans toute la région-, accueillent largement plus de personnes que des communes comparables, selon les statistiques figurant sur le site de l’EVAM. Orbe et Le Chenit en font aussi partie.

Le critère de répartition des requérants d’asile a été fixé par la Confédération. Il est tout simplement proportionnel à la population. A ce niveau, cela ne pose pas trop de problèmes. Encore moins depuis que la dynamique migratoire est à la baisse (voir ci-dessous).

A l’intérieur du canton, c’est une toute autre histoire, qui revient avec une couleur d’urgence à chaque crise migratoire. Ces dernières décennies, le Chablais, l’Ouest lausannois et le Nord vaudois ont bien assumé leurs obligations, allant au-delà des quotas mathématiques.

 

Déception perceptible

 

La Côte fait, par contre, figure de mauvais élève. Le projet qui vient de capoter par le refus, à 55% des votants, de l’octroi d’un droit de superficie est le troisième -le premier à avoir été soumis à votation- du genre enterré à Nyon. Qui a le triste privilège d’accueillir encore des migrants dans un abri de protection civile.

Même si elle s’exprime en termes diplomatiques, Evi Kassimidis, porte-parole de l’EVAM, ne cache pas sa déception : «Cela fait quarante ans que le terrain concerné, situé près de la gare, est en friche. Et tout d’un coup, il pourrait accueillir d’autres projets…»

Cette déception n’a d’égal que celle du syndic de Nyon, Daniel Rossellat. Car la Municipalité était favorable à ce projet. C’était l’occasion, pour le chef-lieu du district, hors situation de crise, de régler une fois pour toutes le problème de l’accueil des requérants d’asile.

 

Bien acceptés

 

Dans le Nord vaudois, la situation est bien différente. Yverdon-les-Bains accueille, en foyer et dans des appartements, quelque 500 requérants d’asile ressortant de l’EVAM. Ceux-ci ne posent pas de problème particulier, même s’ils sont parfois victimes de l’amalgame fait avec les «dealers», omniprésents en ville, malgré une pression policière constante.

Sainte-Croix fait aussi largement sa part. Le choix de placer un foyer d’accueil au coeur de la localité avait fait l’objet de critiques. Avec le recul, il faut admettre que cela se passe plutôt bien.

Et on peut encore ajouter Vallorbe, avec le Centre d’enregistrement et de procédure (CEP), qui voit transiter des centaines de requérants chaque année.

 

Jusqu’au printemps

 

Le foyer ouvert à Jura-Rosaly, près de Ballaigues, répond aux attentes et aux besoins. Le contrat signé avec le propriétaire court jusqu’au printemps prochain. L’avenir n’a pas encore été évoqué par les partenaires. Mais il paraît évident que l’EVAM a intérêt à prolonger le bail. Car si l’arrivée de nouveaux requérants s’est considérablement ralentie depuis deux ans, l’histoire récente démontre que les vagues migratoires surviennent comme des tempêtes, violentes et imprévisibles.

 

Deux ans d’un répit qui reste tout relatif

Lausanne – L’Italie, la Grèce et la Turquie ralentissent les flux

Si les phénomènes migratoires générés par les conflits, la répression et la famine sont malheureusement loin d’être réglés, l’arrivée des requérants en Suisse est fortement ralentie depuis novembre 2015, moment où un pic important a été atteint avec, entre autres, l’exode massif des Syriens.

En novembre 2015, l’EVAM a dû loger plus de 500 nouveaux requérants. Ce nombre est tombé à une centaine par mois durant la fin de l’été. Cette baisse a été quasi constante, mais rien n’indique qu’elle se poursuivra durablement. Cela dit, l’hiver étant moins favorable à la traversée de la Méditerranée, les spécialistes tablent sur un «calme relatif» jusqu’au printemps prochain.

Evi Kassimidis, porte-parole de l’EVAM, note que la Grèce et l’Italie font, d’une certaine manière, tampon, en attendant que les autres membres de l’Union européenne mettent en place les structures d’accueil, selon le plan négocié au plus fort de la vague migratoire. Mais beaucoup de pays, à l’exemple de la Hongrie, font tout pour ne pas assumer leur part à la solidarité.

Par ailleurs, la Turquie a renforcé les contrôles et beaucoup de migrants forcés, en particulier les Syriens, restent à proximité de leur pays d’origine.

En Suisse, cette période devrait être mise à profit pour améliorer les conditions d’accueil et ne pas avoir, sauf à titre tout à fait exceptionnel, à ouvrir des abris PC.

 

EVAM

Chavannes-près-Renens – Bientôt dix ans

 
L’Etablissement vaudois d’accueil des migrants fêtera ses 10 ans d’existence en janvier prochain. Cet établissement de droit public, créé par l’Etat de Vaud, occupe quelque 500 collaborateurs, dont la moitié au siège de Chavannes-près-Renens. En ce moment, l’EVAM s’occupe de plus de 6000 personnes. Un nombre qui fluctue au gré des vagues migratoires, qui imposent à chaque fois une sévère surcharge de travail.

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Isidore Raposo