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Douze ans après l’exploit qui a servi de détonateur

13 juin 2019 | Edition N°2517

Vainqueur en 2007 à Frauenfeld en C5, Sandy Jaccard fait toujours partie des candidates au podium de la catégorie reine (C7) de la Fête fédérale de gymnastique, dont la 76e édition commence aujourd’hui à Aarau.

Elle n’était alors qu’une enfant qui participait à son deuxième concours d’envergure nationale, quelques mois après une bonne 5e place obtenue aux Championnats de Suisse aux agrès dans la catégorie C5. En 2007, lors de la Fête fédérale de gymnastique de Frauenfeld, Sandy Jaccard avait décroché l’or de sa catégorie, à 14 ans seulement. «Je me souviens que j’avais trouvé la fête hyper cool. Tout était énorme et j’avais été impressionnée par les infrastructures. À notre âge, on avait fait des tours de manège et notre concours.» Celui-là même que l’Urbigène, désormais établie à Yverdon-les-Bains, a remporté haut la main, notamment grâce à un exceptionnel 9.95 au sol, son engin de prédilection.

L’appel de la bonne étoile

À désormais 26 ans, la gymnastes des Amis-Gyms d’Yverdon-les-Bains a franchi bien des paliers depuis son premier grand exploit, prouvant à de nombreuses reprises qu’elle avait sa place parmi les meilleures gymnastes aux agrès du pays. Sa vie a également et logiquement considérablement changé, puisqu’elle est devenue enseignante. La compétition conserve toutefois une place primordiale dans le quotidien de celle qui a décroché l’argent du concours général des Championnats de Suisse en 2016. «Oui, je me rends à Aarau avec des ambitions, assume-t-elle sans se défiler. J’ai mes chances de monter sur le podium.» Puis de souligner qu’en plus d’une excellente prestation, elle aura besoin que sa bonne étoile l’accompagne dans tous les domaines: «Dimanche, je vais concourir dès 16h, alors que certaines de mes adversaires principales seront en lice dans la matinée, d’autres aux alentours de midi et certaines après moi. Durant tout ce temps, les juges vont se relayer à plusieurs reprises, et il est donc très compliqué pour eux d’assurer la comparaison et un jugement constant. Bien sûr, les dix meilleures resteront certainement les mêmes, mais à cause du nombre de concurrentes, un petit coup de pouce du destin est nécessaire pour se retrouver parmi les trois meilleures de la Fête fédérale.»

L’effet de la concurrence

En verve en ce début de saison, Sandy Jaccard a profité du retour aux affaires de plusieurs gymnastes vaudoises de haut niveau pour tirer le meilleur d’elle-même lors des deux compétitions cantonales auxquelles elle a pris part. «J’ai besoin de concurrence pour me stimuler», sourit-elle, contente également des notes obtenues. Toutefois, elle tempère son optimisme en signalant qu’elle n’est généralement pas au sommet de son art en début d’année. «Je suis habituellement vraiment prête en fin de saison, notamment du fait que j’aime changer un de mes programmes chaque année.»

En 2013, lors de la dernière édition de la Fête fédérale de gymnastique, à Bienne, la Nord-Vaudoise avait manqué son concours en tombant à la barre fixe. «Je n’étais pas suffisamment préparée. Cette fois, pour ne pas commettre la même erreur, je reprends mon programme 2018 au reck, car le nouveau que je suis en train de travailler n’est pas encore suffisamment maîtrisé pour que je le présente au niveau national.» Un autre indice qui laisse entendre que l’Aminche ne va pas faire le voyage pour des prunes, ce week-end, alors que la concurrence en Argovie viendra essentiellement des gymnastes lucernoises.

La capacité de rebondir

Compétitrice et passionnée, Sandy Jaccard ne fait pas pour autant une fixette de la Fête fédérale de gymnastique, dont elle apprécie avant tout l’ambiance. «À mes yeux, un titre national a plus de valeur sportivement parlant, puisqu’on est moins de gymnastes et que le jugement est plus précis, que la victoire à la Fête fédérale de gymnastique. Par contre, un tel sacre reste inscrit durant six ans et a bien plus d’impact. La valeur est différente», estime-t-elle, se souvenant aussi qu’à la suite de sa victoire de 2007, elle avait craqué aux Nationaux en C6. On en attendait alors beaucoup d’elle et, juste avant le dernier engin, elle se trouvait sur le podium provisoire. Ce qui, en cas de confirmation, la contraignait à son jeune âge à déjà passer en C7 l’année suivante, avec les «grandes». Elle avait paniqué et fini dernière. Une contre-performance vite oubliée, puisque l’année suivante, elle remportait le titre en C6. Une preuve qu’elle a toujours été capable de rebondir. Ses adversaires sont prévenues.

 

 

Les Amis-Gymnastes se produiront au gala

Aarau accueillera pour la septième fois la Fête fédérale de gymnastique, dès aujourd’hui et jusqu’au dimanche 23 juin. Une manifestation à laquelle prendront part quelque 70 0000 participants. 108 disciplines sont au programme, alors que 150 000 spectateurs sont attendus.

Une véritable petite ville a été aménagée pour l’occasion. Le premier week-end, du 13 au 16 juin, sera consacré aux compétitions jeunesse et individuelles, au sport de haut niveau et aux tournois. Lors du second week-end, du 20 au 23 juin, les épreuves des sociétés actifs/actives, femmes/hommes et seniors seront au programme, tout comme l’athlétisme.

Pour cette 76e édition, les Vaudois seront au rendez-vous avec 35 sociétés. Le canton sera représenté durant la cérémonie d’ouverture de ce soir par la FSG Vevey-Ancienne, ainsi que lors du prestigieux gala (vendredi 21 et samedi 22 juin) avec les productions de la FSG Yverdon Amis-Gymnastes et de la FSG Aigle-Alliance. Sandy Jaccard fait également partie du groupe d’actives/actifs des Aminches qui participera au gala et à la compétition.

Le comité organisateur de la Fête fédérale 2025, qui se déroulera à Lausanne, fera aussi le déplacement et un groupe romand se produira lors de la cérémonie de clôture.

Manuel Gremion