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Elle rêve de percer à l’international

9 janvier 2019 | Edition N°2410

Villars-Burquin –  Avec un pied en Suisse et un autre à Londres, la chanteuse Charlyn a sorti son deuxième disque.

Tombée dans la musique depuis petite grâce à son papa, Charline Mathez, dite Charlyn, a fini par en faire son métier. Après plusieurs années d’études dans une école de musique londonienne et un premier EP sorti en juin 2016, cette habitante de Villars-Burquin de 26 ans a dévoilé son deuxième disque, Water, en novembre dernier.

Pourtant, ce n’est pas dans cette voie qu’elle avait prévu de briller à la base. Car la jeune fille a tout d’abord effectué un apprentissage de gestionnaire en intendance, tout en suivant en parallèle des cours de musique et de chant ainsi qu’en rédigeant des paroles de chansons. Et finalement, c’est son hobby qui a pris le dessus sur son travail. Elle a ainsi décidé de changer complètement de cursus et de rejoindre son frère Loric, alors étudiant à l’école BIMM à Londres, pour y étudier elle aussi et réaliser ses rêves.

Une équipe de choc

C’est là-bas qu’elle rencontre Robin Wheeler, qui deviendra son colocataire et, par la suite, son producteur multitâche. «On forme comme une tapisserie ensemble, avec deux couleurs qui s’entremêlent», image Charline Mathez. Chacun a ses domaines de prédilection, mais lorsqu’ils travaillent dans leur studio fait maison, cela ne les empêche pas de «s’aider dans le truc de l’autre». Lui s’occupe notamment de la production et de l’arrangement des musiques, tandis qu’elle gère la composition et l’écriture des chansons.

Au fil du temps, Charline Mathez s’est entourée d’une équipe de choc pour l’épauler dans son parcours musical et professionnel. En coulisse, il y a notamment ses parents, Anne-Claude et Philippe, qui sont devenus ses managers en attendant qu’un professionnel reprenne le flambeau. Et sur scène, elle est accompagnée par les guitaristes Robin Wheeler et Sébastien-H, le bassiste George Price et son petit frère Loric à la batterie.

Charlyn propose un style musical bien à elle qui est, pour le coup, très prononcé dans son nouvel EP (lire encadré). Mais on y retrouve également la touche de son producteur Robin Wheeler. «On a une bonne alchimie, avec deux influences qui se rejoignent», précise l’artiste de Villars-Burquin. Et la Nord-Vaudoise est plutôt fière du résultat: «Pour le deuxième, on n’avait pas de limite de temps. Il est plus professionnel au niveau de la qualité et des sons.»

Un disque empli de sentiments

Le nom du nouvel album, Water, n’a d’ailleurs pas été choisi au hasard. Les paroles de la chanson qui porte le même nom, Charline Mathez les a écrites après avoir appris l’assassinat d’une amie, la grossesse d’une autre, ainsi que le cancer de sa tante. «Bien que j’étais contente pour mon amie enceinte, tout s’écroulait ce jour-là, se souvient-elle. L’eau représente toutes les émotions qui me submergeaient à ce moment-là. Une autre référence à l’eau, c’est un bout du texte qui dit qu’il faut me réveiller de ce cauchemar et que si ça ne marche pas, il faut me jeter de l’eau dessus, justement pour me réveiller.»

Ecrire et chanter, c’était sa façon de tout affronter. «J’avais de la peine à filtrer tout ça, donc la musique c’est également thérapeutique», affirme-t-elle. Des émotions qu’elle espère transmettre au public à travers ses textes. «Pour moi, la musique est un langage universel. Même s’il y a plein de gens dans une salle qui parlent différentes langues, tout le monde peut se réunir sur la même musique.»

Un avenir tourné vers la scène

Faire de sa passion un métier est une chance dont la jeune femme est tout à fait consciente.  «Simplement le fait d’écrire une dizaine de chansons, de les mettre ensemble, puis de faire un concert, je me dis déjà: wow, et dire que je suis partie de rien à la base.»

Un rêve qu’elle et son producteur ne souhaitent pas lâcher de si tôt. «Notre point fort, c’est qu’on s’autoproduit, donc on prend le temps de faire ce qui nous plaît et de le faire bien.» Néanmoins, la chanteuse n’écarte pas la possibilité de sortir un album tôt ou tard, voire peut-être des singles: «La consommation musicale est rapide de nos jours, donc ça vaut davantage la peine de sortir une musique régulièrement plutôt que plusieurs d’un coup. Mais cela reste à voir…»

Charline Mathez, alias Charlyn, est de retour dans le Nord vaudois. Elle sera notamment en concert au restaurant yverdonnois Oh My!, à la Villette, le vendredi 11 janvier, dès 19h30. Prix: 30 francs (entrée et repas). Mais aussi au Hessel Espace Culturel, à Orbe, le mercredi 16 janvier, 20h. 


Un univers qui vacille entre Michael Jackson et The Cranberries

Son premier EP, Charline Mathez l’a réalisé à l’occasion de son travail de fin de bachelor, qui consistait à réaliser un vernissage. Elle précise aussi: «C’était notre premier truc, on a progressé depuis.» Pourtant, il y a toujours la même ambiance pop entre les deux disques de l’artiste. «Cependant, le premier comportait plus de guitare, tandis que Water a dérivé vers l’électronique.»

Dans ses chansons, on peut notamment retrouver des références des années 1980, ainsi que des inspirations liées à des artistes tels que Michael Jackson, The 1975, Deadmau5 ou encore Tycho. Les gens la comparent également à des groupes tels que Fickle Friends ou Lany, mais aussi, plus surprenant, à The Cranberries et Texas. «J’aime trop quand on nous compare, même si certaines comparaisons sont parfois étonnantes», admet la chanteuse.

 

Lara Liard