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Elodie Jakob tourne les talons à ses problèmes de tendons

2 décembre 2016 | Edition N°1884

Athlétisme – L’Yverdonnoise a connu une année perturbée par les ennuis physiques. Elle semble avoir trouvé la solution et prépare la saison suivante avec optimisme.

Libérée de ses douleurs, Elodie Jakob affiche un grand sourire. ©Gabriel Lado

Libérée de ses douleurs, Elodie Jakob affiche un grand sourire.

A la saison 2015, couronnée par deux titres nationaux, a succédé une année bien moins heureuse pour Elodie Jakob, contrainte de soigner une blessure qui traînait depuis trop longtemps.

L’heptathlète yverdonnoise a, une fois de plus, dû composer avec la patience. Mais elle affiche le sourire depuis quelques semaines. Les douleurs s’effacent, l’espoir renaît et l’envie est décuplée.

«Mon début d’année a mal commencé, puisque j’ai eu des complications après avoir enlevé mes dents de sagesse», raconte la malchanceuse qui, pour le coup, a été privée de sauter durant sa préparation. Des aléas qui ne l’ont, toutefois, pas empêchée d’obtenir de bons résultats au poids et sur 800m, un record personnel amélioré sur cette distance plutôt peu courue en salle.

C’est confiante qu’elle s’est, ensuite, et comme l’année précédente, rendue en Afrique du Sud, où les conditions météorologiques et les infrastructures sont idéales pour préparer la saison estivale. Mais elle a dû déchanter, revenue en Suisse après deux semaines seulement -une plus tôt que prévu- à cause de douleurs trop vives à son tendon d’Achille droit. «Durant le camp, l’alimentation était particulièrement protéinée. Trop pour moi. Et j’ai tendance à vite prendre du volume», explique celle qui s’est littéralement retrouvée l’estomac dans les talons, en prenant 1,5 kilos. Et à un tel niveau de compétences, chaque gramme pèse dans la balance. C’en était trop pour son tendon fragile, dont l’IRM a révélé une rupture partielle.

Championne de Suisse en titre au javelot, Elodie Jakob a tout de même concouru à quelques reprises, en interclubs, pour défendre les couleurs de l’USY. Elle s’est, aussi, présentée aux Championnats nationaux. Elle y a obtenu le 4e rang au 100m haies, et le 5e au javelot. «Ce qui reste de bons résultats pour une heptathlète, face aux spécialistes.» Et compte tenu des circonstances.

Opération évitée

Blessée, elle a toutefois dû se résoudre à stopper sa saison à la mi-juillet, sur les conseils avisés de sa physiothérapeute. «S’entraîner à moitié, en étant toujours sur la retenue, ce n’est pas intéressant.» Après un peu de repos, la Nord-Vaudoise de 23 ans a été soignée essentiellement à Rheinfelden, par un spécialiste, sans avoir à être opérée : «Le tendon s’est reconstruit de lui même, mais c’est passé à trois fois rien.»

Depuis la pause nécessaire, et les nombreuses séances de physio et de contrôle, les bonnes nouvelles s’enchaînent. Son corps répond de mieux en mieux aux sollicitations des entraînements adaptés à la spécificité de son cas. Si elle ne saute pas encore, Elodie Jakob a repris la course depuis un mois et demi, portant des semelles adaptées à sa foulée. «Je ne ressens pas de douleur. Cela fait du bien d’avoir, semble-t-il, enfin trouvé une solution pour des ennuis avec les tendons qui me poursuivent depuis plusieurs années», se réjouit celle qui a reçu ses sponsors et amis, en début de semaine, pour un apéro.

Une soixantaine de personnes se sont déplacées pour l’occasion. «Si elles ne viennent pas aux compétitions, je n’ai pas l’occasion de toutes les voir, reprend celle qui travaille, en plus de pratiquer l’athlétisme, à 50% en tant que gestionnaire dans une entreprise de la place. C’est un plaisir de passer un moment avec tous ces gens.»

La championne a, ainsi, pu évoquer l’avenir, qu’elle entrevoit avec une perspective bien plus réjouissante que quelques mois plus tôt. «Cet hiver, je prévois de faire une ou deux compétitions pour la tête, pas pour les résultats. Puis, l’été prochain, j’espère participer à la Coupe d’Europe par équipes, qui se déroulera à Tallinn, dans mon stade (réd: par le passé, elle a réalisé, dans la capitale d’Estonie, ses meilleurs performances internationales), ainsi qu’aux Jeux de la Francophonie, en Côte d’Ivoire.» Le plaisir revient au galop. Il est sur ses talons.

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Manuel Gremion