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Le froid a gelé les comptes des forains

27 février 2018 | Edition N°2194

Les organisateurs du Carnaval urbigène ont décidé de déplacer les activités du dimanche matin au Puisoir, afin d’attirer et de réchauffer le public. Un changement qui n’a pas plu aux propriétaires des stands installés au centre-ville.

Alors que la cantine du Puisoir vibrait dimanche matin au rythme des coups de tambours des cinq guggenmusiks invitées à célébrer la 35e édition du Carnaval d’Orbe (lire La Région Nord vaudois d’hier), au centre-ville, c’était le calme plat. Une fois que les cloches avaient fini de sonner l’heure du culte dominical, seuls le bruit des papiers virevoltant dans la Grand-Rue et le crépitement des plats asiatiques en train de mijoter animaient  la place du Marché. Sur les huit forains installés au cœur du bourg, seuls quatre étaient ouverts. Parmi ceux-ci se trouvait Jo, de Corcelles (NE), qui a profité de ce calme pour piquer un petit somme dans sa roulotte, derrière ses caramels mous et ses amandes grillées. «Je crois que je vais arrêter de courir les carnavals parce que ce n’est pas rentable, témoignait-il. C’est dommage parce qu’ici, il y avait tous les éléments pour que cela fonctionne, mais la mayonnaise n’a pas pris.» Un membre de l’équipe de foot locale, qui tenait une buvette pour les organisateurs de la manifestation, renchérissait: «C’est un petit peu embêtant de se lever un dimanche matin et de rester au froid pour tenir un stand où les seules personnes qui viennent vous voir, le font pour vous demander où se passe la fête.»

L’envers du décor

Pourtant, la matinée n’aurait pas dû se dérouler ainsi: «On a vraiment essayé de maintenir les animations au centre-ville, mais déjà samedi soir, il n’y avait pas de public à cause du froid et donc on a dû annuler les concerts des guggenmusiks. Ce qui ne s’était encore jamais fait, explique Stephan Weber, membre du comité du Carnaval d’Orbe. C’est la troisième fois en treize ans qu’on a dû descendre les animations au Puisoir.»

Mais la météo n’était pas le seul élément qui a attisé la colère des forains. «C’est sûr que je ne reviendrai pas l’année prochaine, a grogné la gérante du stand de bonbons Picus, qui loue depuis quatre ans un emplacement lors de la manifestation urbigène. Surtout que cette année, les organisateurs ont presque doublé le prix de la place.» Cette marchande de Plan-les-Ouates (GE) a payé près de mille francs pour installer son stand de neuf mètres et brancher sa friteuse à churros. «Nous avons augmenté nos tarifs car on nous a fait remarquer qu’on était en-dessous des prix par rapport aux autres carnavals», confie Stephan Weber, tout en précisant que les loyers dépendent de la taille du stand et de sa consommation en électricité. Variant entre 300 et 1000 francs, les prix proposés à Orbe ne semblent pas exagérés pour le comité des Brandons de Grandsons, qui auront lieu ce week-end.  «Je comprends que les forains ne soient pas contents, mais on ne peut pas les dédommager à cause du temps. C’est un risque qu’ils ont accepté de prendre», conclut Stephan Weber.

Christelle Maillard