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Fusillade pour un différend financier

16 janvier 2013

Le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois juge depuis lundi une affaire dans laquelle sont impliqués cinq prévenus, dont deux avaient tiré des coups de feu sur les autres et grièvement blessé l’un d’entre eux.

Le procureur Donovan Tesaury à l’arrivée de F. B., actuellement incarcéré.

«Vous pensez quoi de vos méthodes qu’on pourrait qualifier de mafieuses?», a lancé le procureur Donovan Tesaury à F. B., alors que le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois n’avait pas encore attaqué le «plat de résistance» du procès dans lequel comparaissent depuis lundi cinq personnes d’origine kosovare -dont deux de nationalité suisse- devant le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois. Lorsque le procureur est intervenu, F. B., 35 ans, était en train de tenter de justifier les coups assénés à un autre des cinq comparses, qui lui devait de l’argent et qui l’avait traité de chanvrier, parce qu’il lui avait vendu une drogue de mauvaise qualité.

Fusillade et course poursuite

F. B., c’est aussi et surtout l’auteur des coups de feu qui ont grièvement blessé au thorax F. K., 31 ans, suite à ce différend financier. La quiétude de la bourgade broyarde avait été fortement bousculée le 31 octobre 2011 lorsque les balles d’un pistolet Beretta 9 mm et d’une autre arme de poing avaient détonné à la Grand-Rue (La Région Nord vaudois de lundi). Juste avant que les protagonistes des deux camps ne se lancent dans une course-poursuite entre Moudon et Lausanne, au cours de laquelle ce même F. B. -actuellement détenu à la prison du Bois-Mermet- ne continue de tirer sur la Mercedes où se trouvait celui qu’il avait blessé. Ce dernier avait eu la vie sauve grâce à une intervention chirurgicale au CHUV, après que son véhicule n’a été intercepté par une patrouille de la Gendarmerie. Actuellement au Kosovo et interdit d’entrée en Suisse, il n’a pas pu obtenir de visa et ne s’est donc pas présenté lundi à l’audience, qu’il pourrait toutefois rejoindre en cours de route suite à l’intervention du Tribunal.

L’audition de l’inspecteur scientifique de la police de sûreté qui a examiné la scène du crime a démontré que les auteurs des coups de feu avaient tiré à au moins sept reprises, les résidus de tir avec des particules spécifiques ayant été observés au niveau des mains et des sourcils. Si tous admettent globalement les faits, ils ne cessent d’être imprécis, de se contredire, plus encore, de mentir lorsque la présidente se réfère à des faits pourtant avérés suite à l’instruction qui a été conduite. Comme lors du constat des coups et blessures qui a été dressé lorsque deux d’entre eux avaient roué de coups un troisième à Moudon, quelque deux heures avant la retentissante fusillade de Lucens. Des imprécisions y compris pour un témoin qui connaît bien les 5 prévenus et qui a comparu hier. Il aurait été vu au volant d’une voiture. Il a multiplié les contradictions à propos d’appels téléphoniques et de SMS à deux des acteurs le soir des événements. Il n’est donc pas impossible que ce dernier puisse devenir, lui aussi, un prévenu potentiel. Indépendamment des tentatives de meurtre, agressions et escroqueries, entre autres, les cinq prévenus doivent aussi répondre d’infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants dans cette affaire qui, début novembre 2011, avait défrayé la chronique et avait été qualifiée d’un épisode digne des scènes de films du Far West.

Roger Juillerat