Logo

Gabet Chapuisat n’était plus l’homme de la situation pour YS

24 octobre 2012

Football – 1re ligue promotion – L’entraîneur yverdonnois a été démis de ses fonctions dimanche dernier. Il n’était pas le formateur que les dirigeants souhaitaient à la tête de l’équipe; il répond qu’il devait raisonner en termes de compétition.

Gabet Chapuisat, quelques jours après avoir été embauché par Yverdon Sport, en juin 2012. Dimanche dernier, le club l’a remercié.

Quatre mois. C’est à quelques jours près le temps qu’auront passé Gabet Chapuisat et son staff à la tête d’Yverdon Sport. Institué peu après l’accession de l’équipe à la 1re ligue promotion, le célèbre entraîneur vaudois a été remercié dimanche dernier, au lendemain de la défaite concédée par ses hommes face au FC Bâle II. Le revers de trop? L’histoire n’est pas si simple: le bilan sportif qu’affiche le technicien est moins pointé du doigt par les dirigeants du club que le technicien lui-même. A leurs yeux, il n’était tout simplement plus l’homme de la situation.

«L’équipe est lanterne rouge du classement, mais nous nous attendions à une saison difficile, assure le président Jacky Pittet. Mais le staff ne faisait pas confiance aux joueurs sous contrat. Il y avait un blocage, un malaise.» Pour tenir les rênes d’une formation composée essentiellement de jeunes joueurs, les membres de la direction attendaient de leur entraîneur qu’ils montrent les qualités d’un formateur. Ce qu’ils n’ont pas obtenu de Gabet Chapuisat.

“Un onze de base trop figé”

«Attention, répond l’intéressé. On me parle de formation, mais nous étions avant tout engagé dans une compétition. On ne peut pas faire n’importe quoi en 1re ligue promotion, une division où évolue de nombreux anciens joueurs de Challenge League. Moi, j’ai systématiquement aligné la meilleure équipe possible, c’est tout.» Les choix de l’entraîneur: un autre point de discorde. «Le onze de base était figé. Certains joueurs n’avaient tout simplement pas leur chance», estime Jacky Pittet. Gabet Chapuisat n’entre pas en matière, soutenant que la gestion sportive de l’équipe doit être laissée à l’entraîneur, sans ingérence. «Nous estimons que tout ne se passait pas comme cela aurait dû», continue le président d’Yverdon Sport.

Une chose est sûre: les deux parties rappellent que l’entraîneur avait été nommé à la tête de l’équipe alors que Jacky Pittet n’avait pas encore accédé à la présidence du club. «Gabet a été engagé par l’ancienne direction, peut-être dans une optique un peu différente. La politique que nous menons depuis mon arrivée est de jouer au maximum la carte régionale», rappelle celui qui a succédé à Jean-Claude Tétaz voilà quelques temps.

“J’espèrais avoir jusqu’à Noël”

«Dès le début, il m’est revenu aux oreilles que Jacky Pittet disait que, si c’était lui qui avait nommé l’entraîneur, il ne m’aurait pas choisi, raconte Gabet Chapuisat. Forcément, dans ces conditions, c’était mal parti.» Compte tenu des résultats peu réjouissants de ces dernières semaines, s’attendait-il à se voir signifer son congé? «Cette décision ne m’a pas surpris, mais j’espérais avoir jusqu’à Noël pour redresser la barre. Le staff fonctionnait très bien. Peut-être de manière un peu trop professionnelle au goût de certains joueurs.»

Du côté de la direction, on relève également que le courant ne passait plus forcément de la meilleure des manières entre le groupe et le staff.

Quoi qu’il en soit, cette année continue d’être agitée pour Yverdon Sport: Gabet Chapuisat est le troisième entraîneur à quitter l’équipe en 2012. Le prochain technicien nommé aura-t-il la chance d’être celui de la stabilité enfin retrouvée?

 

Successeur sous réserve

Benoît Pythoud à la barre

Pour succéder à Gabet Chapuisat, la direction d’Yverdon Sport a tranché («parmi plusieurs candidats intéressants», selon Jacky Pittet) en faveur d’une solution à l’interne, ou presque. «Benoît Pythoud, qui dirigeait l’équipe M16 Team Nord vaudois et Broye, sera le nouvel entraîneur de l’équipe de 1re ligue promotion de la Cité thermale, sous réserve de l’accord de Team Vaud», annonce le président d’Yverdon Sport. Il reprendrait l’équipe en compagnie de son adjoint Yann Weber.

Le binôme aura avant tout pour mission d’encadrer la progression des jeunes joueurs qui composent l’équipe. «Nous pensons que le groupe a les moyens de se maintenir, mais une relégation ne serait pas dramatique pour autant», soutient le président d’Yverdon Sport, qui précise que le premier entraînement donné par Benoît Pythoud, avant-hier, s’est déroulé «à la satisfaction générale».

Si sa nomination se confirme, le nouvel entraîneur d’Yverdon Sport va au-devant d’une mission difficile, qui consistera à redonner de la confiance à une équipe qui n’a enregistré qu’un seul succès en douze matches jusqu’ici. La prochaine partie d’Yverdon Sport se déroulera samedi à 16h à Tuggen, cinquième du classement de 1re ligue promotion.

 

Lionel Pittet