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Il a érigé son univers pour vivre ses rêves

6 avril 2016 | Edition N°1716

Yverdon-les-Bains – Passionné de modélisme, Cyrill Loosli a reconstitué une vraie petite ville dans un local du Centre Saint-Roch.

Le monde miniature de Cyrill Loosli lui permet de s’immerger dans une autre réalité. © Michel Duperrex

Le monde miniature de Cyrill Loosli lui permet de s’immerger dans une autre réalité.

Technicien de surface pour le compte de Travys, Cyrill Loosli endosse la casquette de directeur de sa propre compagnie de transports publics durant la plus grande partie de son temps libre. La métamorphose survient lorsqu’il entre dans le local qu’il loue au Centre Saint-Roch, à Yverdon-les-Bains, souvent vêtu de la chemise qu’impose la fonction. «Un ami m’a dit que je n’étais plus le même quand j’étais là», indique l’habitant de la Cité thermale, peu après avoir dévoilé son trésor.

Au fil des années, une véritable ville miniature s’est érigée derrière la porte d’entrée de son univers, qu’il n’est, désormais, pas possible d’ouvrir complètement en raison de son expansion. «Au début, je ne collectionnais que des maisons miniatures, que je commande et monte de A à Z, mais un copain m’a montré sa maquette et cela a déclenché ma passion», explique Cyrill Loosli.

Le dédale de rues et le réseau de lignes ferroviaires aujourd’hui en place inspirent à cet homme de 35 ans une multitude de scénarios imaginaires, où la planification des correspondances joue un rôle clé si l’on veut garantir une offre en transports publics de qualité. De quoi oublier l’heure et rentrer chez soi bien après que la venue de l’obscurité ait permis d’illuminer ce petit monde.

Lors de ces moments privilégiés de détente, Cyrill Loosli met volontiers de côté ses responsabilités managériales fictives pour devenir conducteur de bus, une profession que ce bénéficiaire de l’AI aurait aimé exercer dans la vraie vie. «Depuis tout gamin, je monte dans les bus de Travys pour faire des tours. J’ai fait la connaissance de plusieurs chauffeurs. Je leur posais des questions sur leur métier et leur véhicule qu’ils conduisaient», explique l’Yverdonnois, dont le rêve d’intégrer l’entreprise de transports régionale s’est réalisé, par une autre voie, il y a onze ans. «Le directeur de Travys, Daniel Reymond, est venu voir mon local. Il m’a dit: c’est fabuleux, c’est un beau monde que vous avez là», relève le collaborateur de la compagnie.

Pour alimenter son impressionnante flotte de modèles réduits, Cyrill Loosli se rend à la Bourse de Payerne, potasse les catalogues chers aux collectionneurs et fréquente les magasins de modélisme, bien que ces derniers soient, de son propre aveu, de moins en moins nombreux. Il avoue aimer tout particulièrement la forme des bus Mercedes, Solaris et Iveco.

«Les maquettes, ce sont ma femme», déclare, plein d’humour, celui qui n’a pas hésité à éconduire une représentante de la gent féminine qui lui demandait de choisir entre elle et sa passion. Il a rejoint le Rail-Club Yverdon-les-Bains, auquel il a, d’ores et déjà, prévu de léguer son microcosme urbain. Le moment semble, toutefois, loin d’être arrivé.

Ludovic Pillonel