Logo

Il évite de justesse l’expulsion

28 mai 2019 | Edition N°2507

Yverdon-les-Bains – Un Angolais reconnu coupable d’agression écope de 26 mois de prison ferme. Il pourra en revanche demeurer sur sol suisse.

Il est arrivé pieds et poings liés, mardi dernier, pour entendre la sentence que le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois lui réservait. Lui, c’est un Angolais de 27 ans accusé d’avoir notamment agressé verbalement et physiquement la police, deux jeunes filles et un ami, entre novembre 2016 et juin 2018 (lire La Région du 17 mai).

Bien que le Ministère public avait requis une peine privative de liberté de 30 mois ferme et l’expulsion du territoire pour huit ans, la Cour lui a infligé 26 mois ferme, sous déduction d’une septantaine de jours de détention qu’il a passés dans des conditions illicites. Les juges ont tenu compte d’une «légère réduction de responsabilité due à l’éducation très dure» que le prévenu avait reçue, et qui entraîne, aujourd’hui, des troubles du comportement, selon des experts psychiatres. Aussi l’accusé a-t-il également été condamné à suivre un traitement ambulatoire. «Votre culpabilité est lourde. Vous n’avez cessé d’adopter un comportement violent dans différents milieux et différentes circonstances, a relevé la présidente, Véronique Pittet Vuilleme. Avant de nuancer: «Le tribunal a remarqué que vous avez reconnu les faits reprochés de façon générale, mais en les minimisant.»

Une ultime chance

L’enjeu, pour Me Maryam Massrouri, avocate de la défense, était surtout de savoir si son client allait devoir retourner en Angola, pays qu’il a définitivement quitté à l’âge de 7 ans pour s’établir en Suisse. «Vous remplissez les conditions d’expulsion du territoire. Vous n’êtes pas bien inséré professionnellement, vous avez commis plusieurs infractions alors qu’on vous avait laissé une première chance. L’intérêt à l’éloignement est indéniable», a souligné Véronique Pittet Vuilleme, en regardant l’homme droit dans les yeux.

Néanmoins, la Cour a retenu que le prévenu n’avait pas de liens avec sa terre natale et qu’a contrario, il avait ses proches et une relation amoureuse stable en Suisse. «Il semble que, cette fois-ci, vous avez pris conscience des conséquences de vos actes. Par conséquent, l’intérêt à un éloignement ne l’emporte de justesse pas sur celui à rester ici. De justesse. Je répète, de justesse, a-t-elle martelé. On vous donne une ultime chance de prouver que vous êtes capable de bien vous tenir et de vous insérer socialement.»

A priori, ni le Parquet ni l’avocate de la défense n’ont dans l’idée de faire recours. L’homme, qui a déjà purgé près de 420 jours de prison, est reparti en cellule pour exécuter le reste de sa peine.

Christelle Maillard