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«Il ne faut pas se reposer sur nos lauriers»

29 mai 2019 | Edition N°2508

Nord vaudois – Les entreprises ont vécu une année 2018 réjouissante, et les perspectives sont bonnes pour 2019. Selon la directrice de l’Association pour le développement du Nord vaudois, il faut intensifier les collaborations.

«Le Nord vaudois se porte bien, mais il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. Il y a encore beaucoup de potentiel, et celui-ci repose sur notre capacité à travailler encore davantage ensemble», note Nadia Mettraux, directrice de l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV). Selon un sondage mené par la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie et l’ADNV, entre le 18 février et le 4 avril derniers, les entreprises du district ont bouclé l’année 2018 sur des résultats positifs, et les perspectives s’annoncent très encourageantes pour cette année. L’enquête, à laquelle 129 sociétés ont répondu dans le Jura-Nord vaudois – ce qui correspond à 4400 emplois –, indique que la marche des affaires s’est révélée bonne à excellente pour 45% des entreprises sondées l’an dernier, contre 40% à l’échelle cantonale. Les résultats détaillés seront présentés ce soir à 17h à Y-Parc. «Le Nord vaudois est plus dynamique que la moyenne du canton sur beaucoup d’indicateurs», poursuit Nadia Mettraux. Selon elle, cette situation tient à deux facteurs: la variété du tissu économique, ainsi que la situation géographique du district, qui se situe au carrefour des cantons romands et qui est particulièrement bien desservi sur les plans routier et ferroviaire. «Si on vise le marché romand, on est très bien implantés», poursuit l’économiste.

Un quart des sociétés industrielles font toutefois état d’une année 2018 difficile, voire très difficile. Une situation que Nadia Mettraux met en relation avec les importations, très dépendantes des taux de change et des tensions sur les marchés internationaux. Dans le secteur tertiaire, seules 17% des sociétés ont fait le même constat. En revanche, près d’un tiers des sondés ont déclaré une évolution du bénéfice à la baisse par rapport à 2017, une situation similaire dans l’industrie et les services, mais également dans l’ensemble du canton. Pour autant, les résultats des entreprises nord-vaudoises ne devraient pas faiblir en 2019, plus de 75% des sondés s’attendant à une stabilisation, voire à une hausse de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices.

Manque d’ingénieurs

«Les perspectives sont également réjouissantes sur le plan du chômage. Le taux va encore diminuer, alors qu’il est déjà très bas (ndlr: 3,2% en avril dernier)», souligne la directrice de l’ADNV. Si 6% des entreprises sondées devraient être contraintes de réduire leurs effectifs (7% à l’échelon vaudois), un quart des répondants ont annoncé qu’ils envisageaient d’augmenter leur personnel cette année (22% dans le  canton). Pour autant, les ingénieurs manquent à l’appel alors que le Nord vaudois, avec la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), en forme à foison. «Où vont-ils?», s’interroge Nadia Mettraux, qui pointe également un manque de personnel formé dans les métiers techniques, qu’elle met en lien avec le «désintérêt des jeunes pour la formation duale».

Sur le plan des investissements, 22% des entreprises sondées envisagent une augmentation en 2019, davantage dans le secteur secondaire (27%) que tertiaire (18%). Seule ombre au tableau, la loi sur l’aménagement du territoire (LAT) met des bâtons dans les roues des entreprises. Si les terrains ne manquent pas, il devient de plus en plus difficile de construire. «Il faut trouver quelque chose pour que l’économie ne soit pas ralentie par les effets de la LAT», insiste Nadia Mettraux. Si le Canton a déjà empoigné le problème, l’ADNV et AggloY planchent, de leur côté, sur un système de gestion des zones d’activités afin de tenter de résoudre le problème. C’est que l’intérêt des entrepreneurs pour la région est là. «On ne parle pas seulement de nouvelles constructions, mais également d’extension d’activités existantes. On a tous les jours des demandes de ce type et, en l’état, on ne peut pas leur répondre. Si un menuisier est implanté depuis trente ans au même endroit, on ne peut pas lui dire: oui, vous pouvez vous agrandir, mais dans une autre localité», image l’économiste. Selon elle, la solution pourrait venir de la rénovation du bâti. «À Sainte-Croix, par exemple, il y a beaucoup de bâtiments potentiellement utilisables.»

Observatoire régional de la statistique

Pour affiner encore sa connaissance du tissu économique du district, l’ADNV travaille, en collaboration avec la HEIG-VD, sur la création d’un observatoire de la statistique à l’échelle régionale. «Aujourd’hui, on n’a rien qui nous permette de suivre la santé du Nord vaudois sur le long terme», insiste Nadia Mettraux, qui ajoute, qu’en parallèle, le Canton et la Coordination du développement économique vaudois planchent sur l’établissement de PIB par région. «On a besoin d’avoir des indicateurs utiles pour prendre des décisions stratégiques et opérationnelles», note la directrice de l’ADNV, qui aimerait activer des leviers très concrets: «Quand une entreprise dit qu’elle manque de main d’œuvre, on devrait pouvoir lui dire que dans X mois, X ingénieurs sortiront de formation.»

Présentation détaillée ce soir de 17h à 19h, à Y-Parc (salle Galilée, CEI 2)

Caroline Gebhard