Logo

Il rêve de dix hectares de truffes dans la région

25 juin 2012

Faire du Nord vaudois la première région truffière de Suisse, tel est l’ambition de Franck Siffert. Il est soutenu dans cette initiative par l’ADNV et le Canton, qui ont investi 30 000 francs pour une étude de faisabilité, aux résultats encourageants.

Le succès du Marché aux truffes de Bonvillars ne se dément pas d’années en années. La preuve d’un engouement autour de ce produit de qualité.

«Difficile aujourd’hui de chiffrer la production de truffes en Suisse, peut-être une tonne. Mais il en pousse déjà à l’état sauvage dans le Nord vaudois.» Selon, Franck Siffert, fondateur du Marché aux truffes suisses de Bonvillars, la version locale de ces champignons prisés par les gourmets n’a rien à envier, en termes de qualité, à celle des grands pays producteurs tels la France, l’Espagne et l’Italie.

Lorsqu’il a lancé, en 2009, le Marché aux truffes, à Bonvillars, Franck Siffert ne s’attendait pas à ce que la manifestation rencontre un succès si rapide: 4500 visiteurs en l’espace de quelques heures. En 2011, 5000 personnes se sont déplacées et 104 kilos de truffes ont été vendues, soit 30% de plus qu’en 2010.

Un fort potentiel

Franck Siffert s’est donc, au fil du temps, rendu compte du potentiel qu’offrait la truffe dans notre région et a pris contact avec l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV) et le Service de la promotion économique et du commerce (SPECo). Ces derniers ont investi 30 000 francs dans une étude de faisabilité sur le développement économique de la truffe en terre nord-vaudoise, dont les résultats sont prometteurs. «L’objectif est de dix hectares de culture de truffes», explique Franck Siffert.

Une différentiation bienvenue

Un tel projet aurait un impact positif, tant au niveau des producteurs caveurs, éleveurs de chiens, que des restaurateurs et des commerçants. «Nous estimons à 442 000 francs la création de valeur ajoutée la première année, et à 1,7 million la cinquième année», révèle Franck Siffert. Et d’ajouter: «Les agriculteurs pourraient y trouver leur compte, eux qui cherchent de nouveaux débouchés.»

Dominique Faesch, directrice du tourisme régional, se réjouit également des retombées sur le tourisme: «Notre région a besoin d’un nouveau positionnement. Bien sûr, nous avons le lac, les montagnes, des musées, mais nous partageons ces atouts avec d’autres régions. Faire du Nord vaudois, la première région truffière de Suisse nous permettrait de nous différencier. Nous pourrions, pour valoriser cette spécificité, créer une Maison de la truffe.»

Un accueil favorable

Un avis partagé par Franck Siffert, qui souligne l’image positive que ce champignon pourrait apporter à la région, entre «produit bio de qualité et développement durable».

Ce projet fait actuellement l’objet d’un préavis auprès du SPECo. Il figure de plus à la stratégie 2012-2015 de l’ADNV et a été présenté à quelques communes, qui, selon Dominique Faesch, lui ont réservé un accueil chaleureux. Une association est, en outre, sur le point de voir le jour. En attendant la mise en valeur des truffes du Nord vaudois, rendez-vous est donné à la quatrième édition du Marché aux truffes suisses, à Bonvillars, le 27 octobre prochain.

Sonia Délèze