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Ils s’envolent en motoneige

22 février 2013

Snowcross – La dernière étape du Championnat suisse se déroulera aux Rogneux, à Bullet, ce week-end. Une première occasion, dans la région, de découvrir une discipline très spectaculaire.

Rudy Liaudat (24 ans) est champion suisse en titre de snowcross. Mordu de cette discipline peu connue dans notre pays, il s’y investit énormément.

«T’as de la neige, l’hiver, ici?» Benoît Thévenaz, qui gère la piste des Rogneux, a dû bien rigoler en entendant la question de Rudy Liaudat et Cédric Courtine, deux pilotes venus faire un entraînement de motocross à Bullet voilà quelques mois. De la neige, oui, il y en a sur le Balcon du Jura. Les deux amis ont alors dévoilé le fond de leur pensée: «Et si on organisait une manche du Championnat suisse de snowcross ici?» Aussitôt dit, presque aussitôt fait: demain et dimanche, les finales du championnat auront lieu aux Rogneux. Venus avant-hier voir comment se mettait en place le tracé et donner quelques conseils, les deux compères, accompagnés de Michel Heitz, ont apprécié et en ont profité pour montrer ce que leurs «machines», comme ils disent, ont dans le ventre.

Des monstres à chenilles

Accélérations fulgurantes, trajectoires étudiées et envolées à couper le souffle: la discipline s’avère on ne peut plus spectaculaire. Impossible de renier une certaine parenté avec le motocross; le principe est le même, même si les motoneiges -200 kilos environ- font figure de monstres comparés à de simples deux-roues. «J’imagine que chaque sportif le dit de sa discipline, mais le snowcross est extrêmement dur physiquement. Parfois, après un week-end de course, je dois descendre les escaliers à reculon tellement j’ai mal aux cuisses», se marre Michel Heitz (Saint-Légier), 47 ans.

Deuxième en seniors avant les dernières manches, cet entrepreneur est le seul Vaudois en lice, parmi la cinquantaine de pilotes qui participent au championnat. Les autres viennent du Valais, comme Cédric Courtine, de Châtel-Saint-Denis, comme Rudy Liaudat, mais aussi du Jura bernois et, de plus en plus, de Suisse alémanique. Reste qu’en Helvétie, la pratique du snowcross, si elle tend à se développer, reste confidentielle.

Rien de commun avec ce qu’on peut observer outre-Atlantique. Une réalité différente que Rudy Liaudat, en véritable mordu, expérimente le plus souvent possible lors de voyages aux USA et au Canada, au cours desquels il participe à des courses. Dominateur du Championnat suisse, il se confronte alors à des pilotes d’un autre niveau. «Ce sont des professionnels», tranche-t-il, tout simplement.

Une découverte par hasard

Mais comment se prend-on d’une telle passion pour une discipline si peu connue? «Mon père avait une moto-neige, pour se balader, raconte-t-il. Et puis, j’ai vu à la télévision des mecs sauter, des compétitions. J’ai dit: moi, je veux faire ça.» Entre temps, ce sportif accompli a fait beaucoup de lutte et de judo (un titre de champion suisse espoir à la clé) et, à 17 ans, il a participé à sa première course. Aujourd’hui? «Je dis souvent que si l’été pouvait ne pas exister, ce serait bien, lâche-t-il. Encore que cette année, j’ai beaucoup roulé, je suis fatigué et je suis quand même content qu’il arrive.»

En attendant, il reste un week-end de courses à vivre. Même si aucun pilote régional ne sera en lice, même si cette discipline n’est pas très connue, les pilotes ne se font pas de soucis: le public va répondre présent. «C’est très spectaculaire, les gens aiment voir ça», analyse sobrement Rudy Liaudat. «Aux Mosses, la semaine dernière, il y a eu environ 500 personnes», rebondit Michel Heitz. A Bullet, le moto-club local, qui organise l’événement, en espère même davantage pour cette édition inaugurale. «Bien sûr, on espère tous que ça marche et qu’on puisse revenir», continue le champion suisse en titre, qui a pris goût à cette piste nord-vaudoise. L’été, elle est parfaite pour garder la forme en s’adonnant au motocross. Et en hiver, il y a de la neige.

Essais dès 9h, courses dès 11h, remise des prix à 17h. Entrée libre le samedi, 10 francs le dimanche.

Lionel Pittet