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Immortelle pensée aux victimes

1 avril 2019 | Edition N°2468

Yverdon-les-Bains - La cérémonie organisée par la Ville, samedi,
pour rendre hommage aux victimes de violences, a été boycottée par les jeunes qui étaient pourtant à l’origine du projet.

Des vagues d’émotion ont surgi sur les berges de la Thièle, samedi peu avant midi. En amont, les membres de l’Union nautique yverdonnoise préparaient leur matériel en riant. En aval, les sapeurs-pompiers du Nord vaudois exécutaient une série d’exercices. Et au milieu, un petit comité inaugurait un mémorial. «Deux faits divers tragiques ont bouleversé notre communauté en novembre dernier. Sensible à l’émotion populaire, la Municipalité a décidé de dédier un arbre en hommage à toutes les victimes de la violence d’ici et d’ailleurs, a confié le syndic de la Cité thermale, Jean-Daniel Carrard. Il appartient à chacun de trouver un chemin pour surmonter les épreuves. Puisse cet arbre y contribuer quelque peu.» L’Exécutif a ainsi déposé de la terre au pied d’un verne – plusieurs jeunes pousses identiques ont été plantées sur ces berges – et dévoilé une stèle. Les édiles, les conseillers communaux, le commandant de Police Nord vaudois, les familles des victimes et la poignée de citoyens présents ont ensuite pu y déposer une rose.

La Municipalité, représentée ici par Marc-André Burkhard, Carmen Tanner, Jean-Claude Ruchet et le syndic Jean-Daniel Carrard (de g. à dr.), a préféré un lieu neutre, serein et paisible, pour implanter un arbre et une stèle commémorative. ©Carole Alkabes

La Municipalité, représentée ici par Marc-André Burkhard, Carmen Tanner, Jean-Claude Ruchet et le syndic Jean-Daniel Carrard (de g. à dr.), a préféré un lieu neutre,
serein et paisible, pour implanter un arbre et une stèle commémorative. ©Carole Alkabes

Il ne manquait qu’une seule chose à cette sobre cérémonie: les jeunes. Ces centaines d’adolescents qui ont lancé une marche solidaire, en décembre dernier dans les rues d’Yverdon-les-Bains et qui ont remis à l’Exécutif une pétition, signée par près de 700 personnes, demandant l’autorisation de pouvoir planter, à leurs frais, un arbre au parc des Quatre-Marronniers, là où leur ami a été abattu. «Ils ont boycotté la cérémonie, parce que la Ville n’a pas pris la peine de discuter avec eux», a relevé la maman d’une gymnasienne. «Mal entendu» ou «problème de communication»: quelles que soient les explications avancées par certains adultes, les jeunes se sont sentis évincés. «On ne voulait pas marquer un lieu particulier, comme ils le demandaient, car on ne souhaitait pas créer un mausolée dans la ville. On a préféré un lieu calme, loin de la circulation, où l’esprit peut s’envoler», note le syndic, en précisant que les jeunes ont été invités à la cérémonie. Et l’un de leurs proches d’ajouter: «C’était trop tôt pour eux. Ils viendront sûrement quand ils se sentiront prêts.»

Christelle Maillard