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Importer la montagne en mer

29 novembre 2017 | Edition N°2134

Planche à voile – MB-Composite, l’entreprise basée à Yverdon-les-Bains, est prête à mettre sur le marché ses mb-boards, qui pourraient bien révolutionner le milieu.

Les mb-boards (à g. Et en-haut), inspirés des skis carving, face à une planche traditionnelle. ©Michel Duperrex

Les mb-boards (à g. Et en-haut), inspirés des skis carving, face à une planche traditionnelle.

L’idée leur est venue d’une bête comparaison entre l’eau et la neige. «Pour les surfers, les vagues sont en quelque sorte l’équivalent d’un half-pipe pour les skieurs», fait remarquer Mathias Bavaud, créateur de l’entreprise MB-Composite. En partant de cette observation, l’homme a voulu permettre aux amoureux de la mer de profiter d’un matériel d’une qualité identique à ce dont disposent les aficionados de la montagne depuis des années déjà. Ainsi est née la marque Mb-Boards, regroupant des planches «next generation», s’inspirant des skis carving.

 

Une future référence

 

Avec la collaboration de Benoît Clément et de Pierre-Yves Mottier, Mathias Bavaud est le créateur de ces planches du futur. ©Michel Duperrex

Avec la collaboration de Benoît Clément et de Pierre-Yves Mottier, Mathias Bavaud est le créateur de ces planches du futur.

«Ici, le mb ne reprend pas mes initiales (ndlr : comme c’est le cas pour l’entreprise qu’il dirige), mais signifie Mathias et Benoît», reprend le premier cité, qui s’est entouré de Benoît Clément, un ami de longue date, pour mettre au point cette planche du futur. «Pierre-Yves Mottier fait également partie à part entière du projet. Ses connaissances dans le domaine et son enthousiasme nous ont, notamment, permis de créer un produit vraiment intéressant.»

Et le mot est faible pour un groupe qui espère bien révolutionner le monde du windsurf. «On tient quelque chose qui a réellement le potentiel pour devenir une référence. Mais le problème est toujours le même : si aucune grande marque ne se rapproche de nous ou commence à commercialiser ses planches, le grand public aura peur de franchir le pas», note celui qui avait déjà été confronté à cette difficulté il y a deux ans, lorsqu’il avait lancé sa wholy paddle, une rame spécialement développée pour pratiquer le stand up paddle polo.

Reste que les premiers retours incitent plutôt à l’optimisme : «Les feedbacks sont plus qu’encourageants, poursuit Mathias Bavaud. Plusieurs grands noms du milieu de la planche à voile, dont un qui se bat sur la scène mondiale en freestyle, se sont montrés très élogieux vis-à-vis du support qu’ils ont pu tester.» Rien d’étonnant au vu des multiples avantages que semblent proposer ces engins, dont, principalement, un meilleur contrôle et une stabilisation à haute vitesse. «L’objectif, en utilisant cette forme, est de favoriser l’écoulement naturel de l’eau. D’où le nom du concept : natural drive outline (NDO).»

En dévoilant leur projet, les inventeurs n’ont-ils pas peur que celui-ci soit repris par des firmes avec nettement plus de moyens ? «Ce n’est pas le cas, puisque c’est lancé : les planches sont en vente sur notre site (www.mbboards.com) et n’importe qui peut s’en offrir. Des tests de divers prototypes sont encore effectués, mais on peut dire que le développement est quasi achevé.»

 

Un modèle adapté

 

Une des particularités de la marque fraîchement imaginée vient également de sa volonté de créer des modèles convenant à tous. «Traditionnellement, on se contente d’adapter la longueur en fonction de la taille de l’utilisateur. Mais rien n’est fait pour la largeur et l’écartement des straps», peste Mathias Bavaud, qui n’a remarqué qu’une très faible évolution des planches depuis le début du millénaire. «On a donc décidé de développer des XS-Boards, adaptés aux petits gabarits. Toutes les dimensions sont ajustées, permettant une meilleur répartition du volume.» Des nouveautés qui pourraient bien faire la renommée de «mb-boards» dans un avenir proche.

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Florian Vaney