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Jacques Nicolet rêve du Conseil d’Etat

10 octobre 2016 | Edition N°1845

Lignerolle – Le conseiller national et président de l’UDC vaudoise se met à disposition de son parti pour la course au Gouvernement cantonal.

Jacques Nicolet est prêt à relever un nouveau défi. ©Michel Duperrex

Jacques Nicolet est prêt à relever un nouveau défi.

Du pâturage de La Jaccarde, sur les hauts de Lignerolle, Jacques Nicolet embrasse d’un seul regard le canton de Vaud, du lac de Neuchâtel au Léman. Il s’y trouvait, hier, en début de matinée, à contrôler ses génisses, au moment où il nous confirmait son intérêt pour la charge gouvernementale.

Sa déclaration de candidat à la candidature n’a rien de surprenant. Elle est même logique dans un parcours patiemment élaboré. A 51 ans, c’est-à-dire à la force de l’âge, avec une longue expérience de la gestion communale, une belle présidence du Grand Conseil et la gestion de la crise de son parti, Jacques Nicolet se sent prêt à relever un nouveau défi, pour reconquérir le siège gouvernemental de l’UDC, perdu après le décès de Jean-Claude Mermoud.

Un homme solide

Justement, l’éleveur a commencé à se profiler lors du congrès de Bussigny-près-Lausanne, qui devait désigner le candidat à la succession du regretté conseiller d’Etat. Jacques Nicolet n’a pas obtenu l’investiture, mais ses collègues ont alors découvert son potentiel. Le député de Lignerolle est devenu président du Grand Conseil, un piédestal duquel il a rebondi au Conseil national avec, notamment, un large soutien de l’ensemble de la classe paysanne vaudoise, qui se reconnaît dans cette personnalité.

En effet, par son parcours, le conseiller national incarne la sensibilité et l’attachement à la terre de l’ancien parti PAI. Avec, en prime, une prise de conscience de l’évolution de la société.

Jacques Nicolet est un entrepreneur. «Je suis un homme de solutions», confie-t-il. Au sein de l’exploitation qu’il mène avec son fils Jonathan -un élevage qui produit 600 000 kilos de lait par an, transformés en Gruyère AOP, et une halle d’engraissement de poulets-, il doit prendre des décisions quotidiennement.

Celui qui a déposé sa candidature auprès de son parti se profile aussi comme un homme du peuple : «Il n’est pas nécessaire d’être universitaire pour siéger au Conseil d’Etat. Par mon parcours et mes mandats, je peux apporter une expérience différente, qui témoigne de la richesse de la politique, du pragmatisme et du bon sens.»

Le candidat ne doute pas de sa capacité à gouverner : «J’ai conduit la plus belle équipe du canton, le Grand Conseil. Et j’aime les gens !» Jacques Nicolet aime aussi faire avancer les dossiers. Il souhaite plus de verticalité et rêve d’une administration véritablement au service des habitants de ce canton, dans une évolution telle celle effectuée ces dernières années par le Service des automobiles et de la navigation (SAN) et le Service du développement territorial (SDT).

Solide expérience

Jacques Nicolet est entré à 20 ans au Conseil communal de Lignerolle. Il compte 28 ans de Municipalité. Il est entré au Grand Conseil en 2008 et a été président en 2014. En octobre dernier, il a été élu au Conseil National. Il préside l’UDC Vaud depuis janvier dernier. Père de trois filles et d’un garçon, grand-père cinq fois, il vit en couple. Il est également président de l’Abattoir d’Orbe, le troisième plus important du canton.

Calendrier – Le dissident Voiblet pourrait siéger au Conseil National
Un ticket uni pour reconquérir la majorité

Représentative d’au moins vingt pourcent des Vaudoises et Vaudois, l’UDC est légitimée à siéger au Gouvernement. Lors du congrès de L’Etivaz, la semaine dernière, le parti a décidé de s’unir au PLR, afin de reconquérir la majorité gouvernementale. Les Vert’libéraux veulent participer également à une alliance élargie (voir encadré ci-contre).

Les candidats à la candidature au sein de l’UDC doivent se déclarer d’ici la mi-novembre. Le PLR a d’ores et déjà plébiscité les trois sortants : Jacqueline de Quattro, Philippe Leuba et Pascal Broulis.

La candidature de Jacques Nicolet sera officiellement présentée par la section Jura-Nord vaudois de son parti. Il ne fait pas de doute qu’il y aura d’autres intéressés. Le candidat au Conseil d’Etat sera désigné lors du congrès de Froideville, début décembre.

Le conseiller national de Lignerolle a de nombreux atouts. Seul bémol : s’il est désigné candidat, et qu’il est élu, il doit renoncer à sa charge fédérale. Du coup, le dissident lausannois Claude-Alain Voiblet, désormais secrétaire général du Parti libéral conservateur, accéderait au Parlement fédéral. Lors des élections d’octobre dernier, il a en effet terminé premier des viennent-ensuite sur la liste UDC.

Dans cette hypothèse, l’UDC vaudoise perdrait un représentant à Berne. Aux yeux de Jacques Nicolet, ce n’est pas une raison pour renoncer à la candidature : «Au contraire, cela nous stimulerait pour reconquérir ce siège lors des prochaines élections fédérales.»

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Isidore Raposo