Logo

«J’adorerais arbitrer à la Coupe Spengler»

1 février 2017 | Edition N°1926

Hockey – Promu en LNA depuis le début de la saison, le Combier Stany Gnemmi prend un plaisir fou à siffler des dégagements interdits dans toute la Suisse : il est au coeur de l’action, au contact des vedettes.

Stany Gnemmi a beau siffler des hors-jeu, lui est plus que jamais dans le coup dans le milieu de l’arbitrage. ©Michel Duperrex

Stany Gnemmi a beau siffler des hors-jeu, lui est plus que jamais dans le coup dans le milieu de l’arbitrage.

Voilà dix-neuf ans que le nom de Stany Gnemmi résonne dans les patinoires de Suisse avant les matches. Le juge de ligne a intégré le contingent des arbitres de LNA cette saison. Une promotion que le passionné de 35 ans, par ailleurs ingénieur en électronique, savoure pleinement en sillonnant le pays en tant que seul Vaudois à siffler dans la grande ligue.

Son parcours

Comme tout bon Combier, Stany Gnemmi a fait ses gammes en tant que joueur au HC Vallée de Joux. A 16 ans, il a débuté les cours d’arbitrage dans l’optique de se faire un peu d’argent de poche. Dès sa troisième année au sifflet, il a été promu en 1re ligue grâce à son patinage. «C’est parce que j’ai touché à ce niveau que cela a éveillé mon intérêt», raconte celui qui est établi au Pont.

Après avoir choisi de privilégier la voie de l’arbitrage, il lui a fallu faire preuve de patience pour gravir les échelons : sept années de 1re ligue, puis dix de Ligue nationale B -un cap franchi en 2006 avec un autre régional, Julien Niquille-, avant d’intégrer la catégorie reine, bien qu’il ait goûté à un peu de LNA dès 2008. «A la base, ce n’était pas forcément un objectif d’y arriver. J’étais déjà content de mon parcours, reconnaît-il. Cette promotion, c’est comme si je commençais une nouvelle carrière. Finalement, plus on en a, plus on a envie. A présent, j’espère aller encore plus haut. J’adorerais arbitrer à la Coupe Spengler.» Des échelons qu’il n’aurait jamais pu atteindre en tant que joueur, mais que l’arbitrage lui permet de connaître.

Attaché à son rôle de linesman, il n’est pas certain de vouloir, un jour, devenir arbitre principal. «Ça fait dix-sept ans que je ne donne pas de pénalités », glisse celui dont le petit frère, Yannick, sévit en 2e ligue.

Son quotidien

Sur la glace, Stany Gnemmi est reconnaissable au numéro de son maillot, le 81, clin d’oeil à son année de naissance. Un chandail qu’il porte souvent trois fois par semaine, bien qu’il travaille à 100%. «J’ai un employeur conciliant», sourit celui qui doit parfois partir tôt pour traverser le pays, comme le font six autres Romands, dont trois «head», en Ligue nationale A.

Les hommes au maillot zébré arrivent 1h30 avant le début d’un match à la patinoire. Souvent, ils se sont retrouvés ailleurs, un peu plus tôt, afin de discuter de la rencontre à venir. Ils rentrent chez eux une fois avoir mangé dans les vestiaires. «Lorsque j’ai deux rencontres en deux jours à bonne distance de la Vallée, il m’arrive de dormir sur place», précise le Nord- Vaudois. Au final, l’arbitrage lui prend régulièrement plus de 20h hebdomadaires. «On le fait parce qu’on aime ça.»

Le feu de l’action

C’est lors des matches les plus tendus que Stany Gnemmi se sent le mieux. «J’aime être sous pression pour bien travailler, j’adore l’adrénaline quand on rentre sur la glace», lance-t-il. Son implication ne l’empêche pas d’apprécier le spectacle. «J’ai eu la chance d’arbitrer lors du dernier duel entre Lausanne et Zurich, se souvient-il. Une rencontre d’une incroyable intensité. On vit le match de l’intérieur, et c’est ça qui est beau.»

Au coeur de l’action, au contact des joueurs, il perçoit tout ce qui se passe. L’ambiance dans la patinoire, aussi. «C’est à Lausanne, Ambri et Lugano qu’il y a le plus de bruit. A Berne, le public est très haut, alors, malgré l’affluence, on le ressent un peu moins.»

La relation avec les hockeyeurs est généralement très respectueuse. «Samedi passé, j’ai été bousculé et suis tombé assez lourdement lors du match Zoug – Kloten. Plusieurs joueurs sont venus me demander comment ça allait», prend pour exemple celui qui converse en français ou en anglais, principalement.

Le coach challenge

Outre l’utilisation d’oreillettes pour les arbitres, l’une des principales nouveautés de la saison concerne le coach challenge. Les entraîneurs peuvent l’utiliser s’ils soupçonnent un hors-jeu non sifflé à l’origine d’une action menant à un but. De quoi mettre un peu de pression supplémentaire sur les épaules des juges de ligne ? «Oui et non, rétorque Stany Gnemmi. Pour ma part, j’en ai eu deux. La première fois, j’étais à 100% sûr de ma décision puis, lorsque le challenge a été demandé, cela m’a fait un peu douter.» Au final, la vidéo lui a donné raison dans chaque cas. «Quand j’ai un doute sur une action, je le note et, après la rencontre, je vais visionner les images. Toutefois, les angles de prise de vue et la qualité ne permettent pas toujours d’en savoir plus.»

La tolérance zéro

En toute fin d’année dernière, les clubs ont demandé une plus grande sévérité concernant les fautes d’antijeu. L’application a été assez chaotique durant quelques matches, suscitant une vive polémique. Une situation qui s’est apaisée.

«Alors que depuis le début de la saison, on n’avait presque pas entendu parler des arbitres, il y a tout d’un coup eu beaucoup d’articles, reconnaît Stany Gnemmi, pas directement concerné en tant que linesman. Au final, on a reçu des vidéos de la période en question, avec la ligne à adopter. Arbitres et joueurs se sont adaptés.»

Les Puckalistes

L’émission hebdomadaire de La Télé est suivie par tous les amateurs de hockey en Suisse romande. Consultant aux Puckalistes, l’ancien head de Ligue nationale Stéphane Rochette y évoque régulièrement les questions d’arbitrage. «C’est une bonne chose, car il explique les décisions, qu’elles soient justes ou non. Je sais que c’est quelque chose que mes collègues, du moins les Romands, qui regardent l’émission, apprécient également.» Ou quand tout le monde se comprend.

Enregistrer

Enregistrer

Manuel Gremion