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«J’aime les joueurs qui ont de la personnalité»

30 mars 2017 | Edition N°1966

Football – 1re ligue – Le nouvel entraîneur d’Yverdon Sport est arrivé mardi au Stade Municipal. Anthony Braizat est un homme qui se dit exigeant. Rencontre.

Anthony Braizat est en phase de découverte. Il apprend à connaître les joueurs. ©Gabriel Lado

Anthony Braizat est en phase de découverte. Il apprend à connaître les joueurs.

«C’est la 85e, on doit tenir le 1-0. C’est comme ça qu’on doit penser !» Arrivé mardi au Stade Municipal, Anthony Braizat n’a cessé de pousser ses joueurs à se surpasser, même lors des courses de fin de séance, à l’occasion du premier entraînement qu’il a suivi au côté de son adjoint Philippe Demarque. Le nouvel entraîneur d’Yverdon Sport est un homme qui aime le contact, les rapports humains. Il s’est dévoilé un peu plus, hier, alors qu’il observait les jeunes du club du côté d’Echallens.

 

La Région: Dans la région, on ne vous connaît pas encore très bien. Qui êtes-vous, Anthony Braizat ?

Un passionné du foot, avant tout. J’ai été formé à Cannes, où j’ai signé pro, avant de m’engager à l’Olympique Lyonnais qui m’a, notamment, prêté à Carouge. J’ai aussi fait trois ans à Toulouse, une promotion en Ligue 1 à la clé. J’ai fini ma carrière à Servette.

 

Et hors des terrains de football ?

J’ai 39 ans et vis à Genève, avec ma femme et trois enfants. Je suis quelqu’un qui aime la vie, apprendre et évoluer. Je suis curieux, toujours pour avancer. Je suis, d’ailleurs, exigeant avec moi-même et les autres.

 

Comment êtes-vous arrivé en Suisse ?

Gérard Castella, que j’avais connu quand il était entraîneur à Carouge, m’a fait venir à Servette. C’est là que, grâce à Sébastien Fournier, j’ai entamé ma reconversion. J’ai passé mes diplômes d’entraîneur alors que je faisais mes gammes au sein du secteur de formation du club.

 

Et quel genre de footballeur étiez-vous ?

J’étais plutôt un joueur technique. J’évoluais en 9 et demi et j’appréciais me déplacer entre les lignes. Avant tout, j’aime le jeu, le beau jeu. Il faut dire que j’ai eu de très bons formateurs, qui m’ont fait apprécier ce sport.

 

Vous avez rencontré l’équipe pour la première fois mardi en début de soirée. Quelle a été votre première impression ?

J’ai trouvé un groupe avec une bonne attitude. Il y a pas mal de jeunes, ce qui me plaît, car j’aime bien la formation et je n’ai pas peur de les lancer. D’ailleurs, si aujourd’hui (ndlr : hier) je suis à Echallens pour observer les petits, c’est parce que c’est quelque chose qui m’intéresse vraiment.

 

Quel a été votre premier message pour les joueurs ?

Qu’il y a une nouvelle page à écrire pour eux et moi. Je leur ai dit que j’aime les joueurs déterminés, qui ont de la personnalité et qui osent. Je leur ai dit de montrer ce qu’ils savent faire. Pour ma part, j’ai beaucoup observé, notamment les tempéraments. Je dois apprendre à connaître chacun d’entre eux, tout comme eux doivent le faire avec moi.

 

Quelle idée du football souhaiteriez- vous faire passer sur le terrain ?

Je pourrai en dire plus quand je connaîtrai les joueurs. Mais j’aime que mes hommes jouent comme des morts de faim, comme on dit.

 

Y a-t-il un système de jeu que vous privilégiez ?

Il peut y en avoir plusieurs, comme le 4-2-3-1 ou le 4-3-3. En règle générale, j’aime utiliser toute la largeur du terrain et qu’on puisse jouer entre les lignes. Le 4-2-3-1 est idéal en ce sens. Mais un 4-4-2 en phase défensive permet d’être bien compact. On verra selon les circonstances et, aussi, les qualités des adversaires.

 

On vous a présenté comme un homme de caractère. Est-ce exact ?

Oui, j’ai de la personnalité. Je regarde beaucoup l’attitude et le comportement des joueurs, et je suis exigeant envers eux. Comme je viens du foot pro, il faudra aussi que je m’adapte. Cette démarche me plaît, car elle m’oblige à me remettre en question, à réfléchir afin de trouver les meilleures solutions.

 

Vous n’avez, par conséquent, pas hésité à venir en 1re ligue ?

Non, car j’ai beaucoup aimé le discours du président, et la situation représente un challenge qui me plaît et qui demande une certaine humilité. Il faut dire que le terrain et, surtout, les joueurs me manquaient beaucoup. Se retrouver à leur contact permet de dialoguer et pousse à réfléchir.

 

En vous retrouvant avec Philippe Demarque, qui est comme vous du sud de la France, comme adjoint, il risque de faire chaud sur le banc d’Yverdon Sport, non ?

Rassurez-vous, on sait se contenir. Par contre, on veut amener un peu de folie. Philippe m’a répété qu’on a un groupe de bons gars. On ne veut pas en faire des lions, mais les pousser à sortir de leur confort. Avec un nouvel entraîneur, il y a un nouvel oeil, et ceux qui ont peut-être moins joué repartent sur un pied d’égalité. Je veux créer une dynamique de concurrence.

 

Quelles sont les raisons de la fin de votre aventure à Servette ?

Il y avait un désaccord avec une partie des dirigeants. Ils étaient contents de mon travail, mais pensaient que j’étais encore un peu jeune pour monter l’équipe en Super League (ndlr : néo-promu en Challenge League, Servette était à un point de la 3e place à la trêve, quand Anthony Braizat a été remplacé par Meho Kodro). Je l’accepte, ça fait partie du métier.

 

Vous avez fêté une promotion (l’été dernier avec Servette) dès votre première saison en tant qu’entraîneur principal chez les adultes. C’est quelque chose de peu courant.

Oui, c’est particulier. Mais je tiens à souligner qu’aujourd’hui, je suis 100% à Yverdon. Ce qui s’est passé avec Servette est derrière.

 

On imagine que les ambitions d’YS ne vous font pas peur.

Les ambitions c’est une chose. A mes yeux, le plus important est de prendre les choses les unes après les autres. En ce moment, je pense à la rencontre de dimanche à La Sarraz, sur un petit terrain.

Typiquement un match piège. Puis, le week-end suivant, ce sera Martigny. Aujourd’hui, je pense à créer une dynamique, à faire que mes hommes aient faim. J’aime bien l’expression qui dit que les gars doivent être capables de jouer ensemble sans se regarder. Ce qui implique beaucoup de travail à l’entraînement.

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Manuel Gremion