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Jan Fröhlich fait ses adieux au BC Yverdon

16 mai 2019 | Edition N°2499

Après sept années de bons et loyaux services rendus au club de la Cité thermale, l’entraîneur-joueur tchèque a décidé de rejoindre Olympica-Brigue. Il pourra toutefois encore évoluer sous les couleurs yverdonnoises grâce à une licence plus.

«J’en avais les larmes aux yeux quand on a parlé de son départ. C’est presque devenu un deuxième fils. Il était tous les jours avec moi. C’est clair que ça va faire un petit vide.» Lorsque la présidente du BC Yverdon Rosalba Dumartheray évoque le départ de Jan Fröhlich, on se rend bien compte de l’impact que ce dernier a eu sur le club yverdonnois tant sur le terrain qu’en dehors. Apprécié de tous et véritable figure du badminton suisse, le joueur tchèque a décidé de prendre en charge les entraînements du BC Olympica-Brigue, qu’il rejoindra début juillet. Jan Fröhlich, qui avait mis les pieds dans le Nord vaudois en janvier 2012, revient avec nostalgie sur son parcours avec le club vice-champion de Suisse 2016/2017, mais aussi les raisons qui l’ont poussé à s’en aller.

Jan Fröhlich, pourquoi avoir décidé de rejoindre Brigue après sept années au sein du BCY?

C’est une longue histoire. Quand je suis arrivé ici, j’étais encore un joueur international et la faible quantité de travail à laquelle je m’astreignais me suffisait amplement. En 2017, j’ai arrêté les tournois internationaux et j’ai commencé à penser un peu plus à l’avenir. Ma première idée était de travailler dans le domaine scolaire. J’ai un Master de professeur de sport que j’ai obtenu à Prague, mais qui n’est malheureusement pas reconnu en Suisse. Grâce à Alexandre Bernetti – ancien profresseur de sport yverdonnois –, j’ai pu monter un dossier pour commencer à faire des remplacements dans les écoles.

Et cela ne suffisait pas ?

Le problème, c’est que le travail n’était pas régulier. Il n’y a aucune sécurité. Du coup, il fallait trouver une solution. J’ai commencé à faire la reconnaissance de mon Master pour avoir un poste fixe. J’ai même pensé à débuter une formation à la HEP. J’ai également tenté diverses postulations, par exemple chez Décathlon. Mais cela n’a pas fonctionné. J’ai finalement sondé du côté du badminton. Depuis quelques années, je donne des entraînements à Thierrens en parallèle de ceux d’Yverdon-les-Bains. J’ai essayé de trouver d’autres équipes à qui je pourrais venir en aide. Les clubs sont demandeurs. Le seul souci, c’est que les entraînements sont toujours en même temps. Si je voulais m’occuper d’une autre équipe, je devais abandonner une séance que je donnais déjà. Cela ne changeait donc rien…

Comment se sont créés les contacts avec l’Olympica-Brigue?

Cela fait plusieurs années que je suis moniteur dans des camps de badminton en été à Brigue. J’ai beaucoup d’amis en Valais. Je m’entends très bien avec la famille Fux, qui est propriétaire du centre sportif à Brigue, ou encore avec Yoann Freysinger, qui est très impliqué dans la vie du club.

Et donc?

Il y a deux ans, on m’avait déjà proposé de venir. J’avais décliné l’offre car je me trouvais encore dans l’optique de chercher du travail dans les écoles, et les Valaisans n’avaient pour meilleure équipe qu’une 1re ligue. C’était important pour moi de continuer à jouer à un bon niveau. Aujourd’hui, ils évoluent en LNB et ont de nouveau fait appel à moi. Le timing était parfait. En parallèle, j’avais aussi reçu une proposition intéressante de Genève pour entraîner les cadres cantonaux. C’était un poste plus administratif et qui ne me permettait pas de jouer à haut niveau comme je l’aurais voulu.

Quels seront vos objectifs dans votre nouveau club?

Le but principal sera de créer un club avec un niveau de jeu toujours plus élevé. Le projet est de motiver le maximum de juniors à faire de leur mieux et à s’entraîner régulièrement pour progresser. Cela pourrait également être sympa de monter en LNA pour la première fois de l’histoire d’Olympica-Brigue. Il y a un véritable potentiel.

 

Yverdon n’a pas tenté de vous retenir? 

Non, les  dirigeants savent que je dois penser à mon avenir. On est tout de même tombé d’accord avec Anthony et Rosalba Dumartheray pour que je puisse continuer à venir jouer quelques rencontres de LNA pour Yverdon grâce à une licence plus. C’était important pour moi de garder un pied ici. Sept ans, ce n’est pas rien.

Que retenez-vous justement de ces années passées ici?

Beaucoup de souvenirs. Un des premiers, en dehors du court de badminton, est une montée en raquettes dans le Jura quelque temps après mon arrivée. J’ai vraiment adoré cette région. J’ai également tissé beaucoup de liens, que ce soit avec les joueurs et les masseurs, entre autres. C’est un club très familial. Je retiens aussi les différents tournois internationaux que j’ai pu disputer avec Oliver Colin et Anthony Dumartheray. C’étaient vraiment de bons moments.

Et a contrario, avez-vous des regrets? 

C’est sûr que je regrette de n’avoir jamais remporté le titre de champion de Suisse avec Yverdon. Je pense qu’on avait la possibilité de le faire et que cela s’est parfois joué à peu de choses. C’est le seul regret que je peux avoir, avec le fait de ne pas avoir réussi à trouver du travail. Quoi qu’il en soit, je me réjouis de commencer une nouvelle vie, même si je suis quand même triste de quitter ce joli canton et ce club tellement sympathique. Ça aura été un plaisir d’assister aux progrès réalisés par énormément de joueurs. Quand je suis arrivé, certains étaient très jeunes. Maintenant, je les vois jouer en LNB, voire même en LNA. Je pense que mon départ constitue une bonne chose pour moi comme pour le club, qui pourra surfer sur une nouvelle dynamique.

Florian Charlet