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«J’apprends de chacun de mes concerts»

31 mai 2018 | Edition N°2257

Orbe  –  Après avoir joué aux côtés de stars internationales, le guitariste américain Gerry Leonard a accompagné Ben, un chanteur fribourgeois, sur la scène du Hessel Espace Culturel, samedi.

Derrière sa silhouette longiligne et son style classique-chic, rien ne laisse apparaître l’esprit de rockeur du guitariste Gerry Leonard. Rien, sauf sa mèche bleue sur le côté qui trahit un petit côté rebelle, prêt à ressurgir dès que l’Américain se retrouve derrière sa gratte. Sa passion pour la musique d’ambiance l’a emmené de Dublin à New York où son talent a été reconnu par des stars du milieu (lire encadré). Entre une tournée mondiale en l’honneur de David Bowie en février dernier et une autre avec la chanteuse iconique Suzanne Vega cet été, Gerry Leonard s’est arrêté samedi dernier à Orbe, au Hessel Espace Culturel, pour offrir un concert d’exception avec le groupe fribourgeois Cat’s Eye.

Comment un guitariste qui a côtoyé des stars internationales se retrouve à Orbe?

C’est grâce au réseau. Je crois que la musique, c’est une histoire de connexions. En temps que musicien, je joue avec beaucoup d’artistes et il arrive que je rencontre des personnes comme Ben (ndlr: Benoît Perriard, le chanteur de Cat’s Eye). Il enregistrait son quatrième album et il m’a demandé de participer, ce que je fais régulièrement pour gagner ma vie. On a travaillé sur son disque, puis on a enregistré le cinquième (ndlr: Curves Of A Straight Line) et c’est comme ça qu’on est devenus amis. Ensuite, il m’a demandé de venir en Suisse pour le vernissage à Fribourg (ndlr: vendredi dernier) et à Orbe. Je lui ai répondu que si cela jouait avec mon agenda, il n’y avait pas de problème. Et voilà comment je suis arrivé au Hessel.

Pourquoi avoir accepté de travailler avec Cat’s Eye?

J’ai joué avec David Bowie, avec Suzanne Vega, qui sont des stars. Cela a été des moments forts de ma vie, mais j’ai commencé dans des petits groupes à Dublin, alors je sais ce que cela signifie d’être dans un petit groupe. Quand il m’a demandé de collaborer avec lui et sa bande sur quelques morceaux, j’ai dit oui car on s’est tout de suite bien entendus.

Est-ce la première fois que vous venez dans cette partie de la Suisse romande?

C’était la première fois que j’allais à Fribourg, mais je suis déjà venu à Genève, à Lausanne et au Montreux Jazz. Cela fait vingt-sept ans que je viens régulièrement pour donner des concerts. La Suisse, c’est une vieille amie.

Et à Orbe?

Non, c’est la première fois. C’est dommage qu’on n’ait pas pu visiter la région, mais il fallait qu’on se repose pour être en forme pour le concert et demain (ndlr: dimanche dernier), je repars à New York.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus en Suisse?

J’adore les frites, le chocolat, le café et les montagnes! D’ailleurs, j’ai fait le plein de chocolat, de vin blanc et de jeans pour ma fille avant de repartir.

Comment trouvez-vous la scène du Hessel Espace Culturel?

C’est old school… (rire). Avec les années, je me suis produit dans toutes sortes d’endroits. Par exemple, j’ai joué l’hymne national avec Suzanne Vega sur la glace au Madison Square Garden à New York ou encore au Montreux Jazz avec David Bowie. Et ce soir (ndlr: samedi dernier), je suis dans ce lieu artistique et je suis sûr qu’on passera un bon moment.

Préférez-vous jouer dans une salle intimiste comme à Orbe ou devant un parterre de fans?

Peu importe l’endroit, c’est toujours différent. J’apprécie chaque moment sur scène car j’essaie d’utiliser les concerts comme un moyen d’apprendre, que ce soit sur ma façon de jouer, d’interagir avec les gens ou sur les sons. J’apprends de chacun de mes concerts, c’est pour ça que c’est toujours un voyage intéressant.

Ne ressentez-vous jamais la routine?

C’est sûr que durant les grandes tournées, on joue les mêmes morceaux chaque jour. Mais j’apprécie aussi ces moments parce que je sais qu’après, on range tout dans les camions et on prend la route. On s’arrête de temps en temps dans des stations-service, on prend de l’eau et quelques cacahuètes et on repart. Ça me fait penser à l’époque où j’avais 12 ans et que je demandais à mon père de m’emmener d’une salle de concert de Dublin à une autre avec mon groupe. Je mettais tout dans la voiture et j’espérais avoir pris assez de câbles… Et malgré les années, c’est toujours pareil, encore aujourd’hui, j’espère n’avoir rien oublié pour le concert de ce soir…

Christelle Maillard