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«Je dois être le seul à me réjouir de venir jouer à Sous-Ville»

18 novembre 2016 | Edition N°1874

Football – Challenge League – Arnaud Bühler et le FC Wil affronteront Le Mont, dimanche. L’occasion, pour l’enfant de Baulmes, de revenir sur son début de saison. Entretien.

Arnaud Bühler se déplacera à Baulmes pour la première fois avec Wil. ©Duperrex-a

Arnaud Bühler se déplacera à Baulmes pour la première fois avec Wil.

La déception de ne pas avoir vu son contrat avec Lausanne- Sport être reconduit, l’été dernier, a rapidement été digérée par Arnaud Bühler. Sous la houlette de Martin Rueda, le défenseur est étincelant au FC Wil. L’enfant de Baulmes se livre avant la rencontre de ce dimanche face au Mont à… Sous-Ville.

 

Arnaud Bühler, dimanche vous jouerez «chez vous», à Baulmes. Un retour aux sources que vous appréciez ?

C’est sûr, c’est toujours spécial de revenir dans mon village et de me retrouver devant mes proches. A mon avis, je doit être le seul à me réjouir de venir jouer à Sous-Ville. Pour beaucoup, évoluer dans ce stade, cet environnement, c’est surprenant et déstabilisant. C’est pas exactement la même ambiance que quand vous vous rendez au Letzigrund, à Zurich. Moi, en revanche, je connais, c’est presque réconfortant.

 

Vous affronterez une formation du Mont en confiance, et contre laquelle beaucoup d’équipes se sont cassé les dents cette saison…

C’est une formation en pleine bourre, c’est vrai. Même si on avait gagné au match aller (réd : victoire 2-0, une rencontre qu’Arnaud Bühler n’avait pas disputée), on ne va pas prendre ce match à la légère. Après, il ne faut pas non plus trop enjoliver les résultats du Mont : certes, c’est une équipe qui ne prend pas beaucoup de buts, mais elle n’en inscrit aussi que très peu. On s’attend, donc, à un match fermé. Plus les minutes défileront, plus nos adversaires prendront confiance. A nous de prendre le jeu en main et de marquer le plus rapidement possible.

 

Troisième au classement, Wil connaît un bon début d’exercice. Mais, avec douze points d’avance, le leader Zurich parait intouchable. Vos espoirs de promotion sont-ils réduits à néant ?

Notre situation au classement est difficile à accepter. Si on compare à l’année dernière, avec le Lausanne- Sport, nous avions à peu de chose près le même nombre de points qu’aujourd’hui, et nous étions premiers. Cela montre combien le niveau est relevé. Il faut aussi dire que le cas de Zurich est un peu à part. Son noyau dur est impressionnant, sans parler de son banc, digne d’une équipe moyenne de Super League.

 

Votre équipe est également un cas à part en Challenge League. Le rachat de Wil par un milliardaire turc, il y a un peu plus d’une année, a défrayé la chronique…

C’est sûr que c’est particulier. On n’est pas encore habitué à ça dans le championnat suisse. Pour être tout à fait honnête, cet aspect du «foot business » m’a fait un peu réfléchir au moment de signer le contrat avec le club, l’été dernier.

 

C’est pour cette raison que vous ne vous êtes engagé que pour une saison ?

Oui, en partie. Je me suis dit : fais déjà une saison, et après tu verras. Lorsqu’une personne qui a beaucoup de moyens est seule à la tête d’un club, ce n’est jamais anodin. L’exemple de Neuchâtel Xamax est là pour nous le rappeler. Mais, pour le moment, tout se passe bien.

 

Avec douze matches au compteur, vous êtes un des joueurs les plus utilisés de votre équipe. Une forme de reconnaissance pour le travail accompli ?

Oui. Je n’ai pas connu de problème particulier pour m’adapter à mon nouvel environnement. Vous savez, l’année dernière, Lausanne était plus qu’un adversaire direct pour Wil. C’était son rival. Je pense donc qu’à mon arrivée, j’ai bénéficié d’une forme de respect de la part de mes coéquipiers actuels, mes anciens adversaires.

 

Vous avez également retrouvé l’entraîneur Martin Rueda, treize ans après avoir évolué sous ses ordres, à Aarau…

Oui. Et on peut dire que c’est assez original : depuis le début de la saison, je n’ai pas été aligné trois matches de rang au même poste. Défenseur central gauche, droit, et, enfin, latéral gauche. C’est assez extraordinaire à ce niveau.

 

La saison dernière, après un titre et une promotion fêtés avec le Lausanne-Sport, votre contrat n’a pas été reconduit. Comment avezvous vécu ce choix de vos anciens dirigeants ?

Ça n’a pas été facile. J’ai vécu une année formidable, avec un groupe génial. Mais ce sont les règles du jeu, il faut les accepter et aller de l’avant.

 

A 31 ans, vos plus belles années au plus haut niveau sont sans doute derrière vous. Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Je vous rassure, j’ai encore envie de jouer encore quelques saisons en Ligue nationale. Pour la suite, on verra bien. Je suis en train de passer mes diplômes d’entraîneurs. En parallèle, je suis des cours de maturité fédérale à distance. Je prépare ma reconversion professionnelle. Vous savez, en tant que footballeur, on a pas mal de temps libre (rire). J’essaie d’en profiter et de l’utiliser à bon escient.

Simon Gabioud