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«Je me suis rapidement aperçu que ce n’était pas pour moi»

28 mars 2019 | Edition N°2466

L’aventure de Vittorio Bevilacqua sur le banc du FC Thierrens (2e inter) s’est terminée après seulement deux matches officiels.

Beaucoup de monde croyait le FC Thierrens capable – une fois encore – de sauver sa peau en 2e inter à l’annonce de l’arrivée de Vittorio Bevilacqua sur le banc. Avec sa verve, sa passion, il trouverait les mots pour décupler les forces de ses hommes dans la difficulté. On ne saura jamais si cela aurait pu être le cas. Comme l’a révélé le 24heures en ligne, le club joratois et l’entraîneur ont décidé de se séparer à l’amiable seulement deux matches après la reprise du championnat.

«C’est ma responsabilité et je l’assume, lance le Tessinois. Une voix intérieure m’a toujours dit de ne pas accepter de reprendre une équipe amateur, malgré les propositions que j’avais pu recevoir. Pourtant, par amitié et parce que j’avais envie de retrouver le terrain, j’ai été convaincu de tenter le coup à Thierrens. Et, après quelques semaines, je me suis aperçu que ce n’était pas pour moi. Cette fois, les choses sont claires, je n’accepterai plus aucune proposition de ce type. Et, à bientôt 61 ans et avec tous les autres bons entraîneurs qui sont sur le marché, je ne me fais plus d’illusions concernant mon avenir dans les ligues professionnelles.»

Des réalités trop différentes

Vittorio Bevilacqua a quitté le Grand-Marais avec classe, après une bonne poignée de main avec le président Maurice Séchaud et être allé s’excuser auprès de ses joueurs, lui qui reconnaît avoir fait une erreur en acceptant le poste. «La seule chose que j’avais demandé à mes hommes à mon arrivée, c’était la présence aux entraînements. Ils n’ont pas osé me le dire lors de cette réunion, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas possible pour eux. Trop souvent, il n’y avait pas assez de monde pour qu’on puisse bien travailler. Je savais que j’allais devoir m’adapter, j’ai fait beaucoup d’efforts, mais ça n’a pas suffi, concède le technicien. A vrai dire, je suis soulagé d’avoir arrêté. La situation me pesait.»

L’entraîneur et le président se sont, eux aussi, quittés en bons termes. Le dernier gros coup de gueule de «Bevi» envers ses joueurs, samedi passé à la mi-temps, quand son équipe perdait déjà 5-0 contre Terre Sainte, n’a rien changé à la bonne relation qu’entretiennent les deux hommes. Cela a simplement aidé à faire comprendre à chaque partie qu’il valait mieux mettre fin à la collaboration. «Vittorio est un super entraîneur et un bon gars que j’apprécie, mais je pense, comme lui, que son départ est une bonne chose pour l’avenir, peu importe la ligue dans laquelle on évoluera», résume Maurice Séchaud.

Et Vittorio Bevilacqua de glisser un dernier mot pour son ex-équipe: «Le paradoxe, c’est que mon message passait bien à l’entraînement. Je suis convaincu que l’équipe peut se sauver, mais avec sa façon de fonctionner, avec ses habitudes.»

 

 

Pierre Cheminade (re)devient entraîneur-joueur

Le nom du successeur de Vittorio Bevilacqua a été trouvé à l’interne. Sur le terrain, même, puisque c’est l’expérimenté joueur Pierre Cheminade qui reprend le flambeau. Le défenseur central de 38 ans était arrivé l’été dernier dans le club joratois. «Cela s’est fait de façon naturelle: j’étais là et j’endossais déjà un rôle de cadre au sein de l’effectif. Surtout, ce n’est pas la première fois que j’officie en tant qu’entraîneur-joueur, un costume que j’ai déjà porté à Payerne, à Portalban et à Montreux, mon dernier club avant Thierrens, rappelle le Français. Cette fois, je pensais qu’il s’agirait pour moi d’une saison de transition entre la fin de ma carrière de footballeur et celle d’entraîneur. Mais il n’y a rien de perturbant. Je retrouve une situation que je connais et à laquelle je suis habitué.»

L’assistant Cédric Martin, dit «Papy», et l’entraîneur des gardiens Gilles Filisetti seront ses relais au bord du terrain, puisqu’il continuera à chausser les crampons durant les matches. «J’ai encore des choses à apporter à l’équipe en tant que joueur.»

S’il a accepté de relever le challenge, c’est que Pierre Cheminade est persuadé qu’il y a un coup à jouer. «Cette équipe, je la connais. Si c’était cuit, je n’aurais pas accepté le poste, affirme-t-il. Cela dit, je sais bien que la situation au classement est compliquée. Il reste 33 points en jeu, et on aura besoin d’en prendre 15 ou 18  pour obtenir le maintien.»

Manuel Gremion